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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201829

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201829

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201829
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 10 novembre 2022, Mme B A conteste la décision du 5 octobre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs a refusé sa demande de remise de dette d'un indu de prime d'activité d'un montant de 1 043,49 euros, pour la période d'octobre 2020 à mars 2021.

Mme A soutient qu'elle est sans activité depuis avril 2022 avec une aide au retour à l'emploi de 900 euros par mois la mettant dans l'incapacité de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, la CAF du Doubs conclut au rejet de la requête.

La CAF soutient que le moyen invoqué par Mme A n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

2. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions relatives, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

4. Il résulte d'une part de l'instruction que Mme A a mentionné dans ses déclarations de ressources trimestrielles de juillet à décembre 2020 un montant de salaires de 19 131 euros alors qu'elle avait en réalité perçu 20 245 euros. Ces erreurs de déclaration sont apparues à la suite d'un contrôle de la CAF du Doubs effectué le 21 décembre 2021 et non suite aux déclarations de Mme A. Dès lors, la bonne foi de la requérante n'est pas établie. D'autre part et en tout état de cause, si Mme A fait valoir qu'elle est sans activité à la date d'introduction de son recours et que de ce fait, elle serait dans l'incapacité de rembourser sa dette, échelonnée en six versements mensuels par la CAF du Doubs, elle n'a produit aucun justificatif des ressources et des charges de son foyer permettant au tribunal d'apprécier, à la date du présent jugement, son éventuelle situation de précarité. Dans ces conditions, le directeur de la CAF du Doubs, en refusant d'accorder à la requérante une remise de dette pour l'indu de prime d'activité en litige, n'a pas commis, dans les circonstances de l'espèce, une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : la requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Doubs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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