mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201883 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 29 novembre 2022, M. A B soumet au tribunal un litige relatif à un refus de versement de la prime d'activité qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) du Jura.
M. B soutient que :
- compte tenu des informations disponibles sur le site internet de la CAF au moment de sa demande, il était éligible à la prime d'activité ;
- l'erreur d'information de la CAF justifie une mesure de réparation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2023, la CAF du Jura conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, et à titre subsidiaire, que M. B ne satisfait pas aux critères d'éligibilité à la prime d'activité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 août 2022, M. B a sollicité le bénéfice de la prime d'activité auprès de la CAF du Jura pour le trimestre d'août à octobre 2022. Par un courrier électronique en date du 30 septembre 2022, la CAF du Jura a rejeté cette demande aux motifs que sa situation d'apprenti et le montant de ses revenus sur la période de référence ne lui permettaient pas de bénéficier de la prime d'activité. Par un courrier du 12 octobre 2022, M. B a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision qui a été rejeté par la commission de recours amiable le 16 mars 2023. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de la prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale : " Le droit à la prime d'activité est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : [] 3° Ne pas être () apprenti, au sens de l'article L. 6211-1 du code du travail. Cette condition n'est pas applicable aux personnes dont les revenus professionnels excèdent mensuellement, pendant la période de référence mentionnée à l'article L. 843-4 du présent code, le plafond de rémunération mentionné au 2° de l'article L. 512-3 ". Selon l'article L. 512-3 du même code : " Sous réserve des règles particulières à chaque prestation, ouvre droit aux prestations familiales : () / 2°) après la fin de l'obligation scolaire, et jusqu'à un âge limite, tout enfant dont la rémunération éventuelle n'excède pas un plafond () ". L'article R. 512-2 de ce code dispose que : " () Le plafond de rémunération mentionné au 2° de l'article L. 512-3 est égal, pour un mois, à 55 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance défini aux articles L. 141-1 à L. 141-9 du code du travail, multiplié par 169 () ". Enfin, aux termes de l'article R. 843-1 du même code : " I. - Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / () / III. - Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré () ". Il résulte des dispositions précitées qu'un apprenti est susceptible de percevoir la prime d'activité si l'activité salariée qu'il exerce lui procure un salaire mensuel supérieur à un plafond équivalant à 55% du SMIC horaire brut multiplié par 169, soit 1 008,51 euros pour la période de mai à juillet 2022.
4. En premier lieu, M. B a déclaré sur le trimestre de référence des mois de mai à juillet 2022, 797 euros de salaire pour les mois de mai et juin 2022 et 1 519 euros pour le mois de juillet 2022. L'intéressé n'ayant pas justifié, pour deux des mois du trimestre de référence, d'un salaire situé au-dessus de 55 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance brut, mentionné au point 3, il ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime d'activité pour le trimestre suivant. Par suite, c'est à bon droit que la CAF du Jura a refusé le versement à M. B de la prime d'activité pour le trimestre d'août à octobre 2022.
5. En second lieu, la circonstance que le site internet de la CAF ait indiqué par erreur que le seuil de rémunération pour percevoir la prime d'activité était de 752,74 euros est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il ne soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : la requête de M. B est rejetée.
Article 2 : le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Jura.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le magistrat désigné,
A. PernotLa greffière,
N. Viennet
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
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