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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201896

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201896

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201896
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de l'EURL Bois 2000, qui demandait le versement d'intérêts moratoires sur des dégrèvements d'impôt sur les sociétés obtenus à la suite d'une procédure amiable bilatérale franco-suisse. Le tribunal a jugé que les courriers adressés à l'administration fiscale pour solliciter cette procédure amiable ne constituaient pas des réclamations contentieuses au sens de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, car ils ne visaient pas à contester l'assiette ou le calcul de l'impôt. Par conséquent, la société ne pouvait prétendre au bénéfice des intérêts moratoires prévus par cet article, ni sur le fondement du code civil ou de la convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2022, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Bois 2000, représentée par Me Brocard, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser les intérêts moratoires correspondant aux sommes de 142 331 euros et 52 930 euros qui lui ont été remboursées par l'administration fiscale suite au dégrèvement de son impôt sur les sociétés au titre des années 2005 à 2013 et 2014 à 2018, pour un montant total de 74 195 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les courriers adressés le 23 juillet 2018 à la mission d'expertise juridique et économique de la direction générale des finances publiques dans le cadre de l'application de l'article 27 de la convention fiscale franco-suisse remplissent toutes les conditions de forme et de fond prévues par les dispositions des articles R. 197-1 à R. 197-3 et R. 197-5 du livre des procédures fiscales, permettant de les assimiler à des réclamations tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions au sens de l'article L. 208 du même livre ;

- le refus de paiement d'intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales représente une rupture d'égalité devant la loi et devant les charges publiques et méconnaît le principe général du droit prohibant l'enrichissement sans cause, les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en particulier celles de l'article 1er du premier protocole additionnel à cette convention, dès lors que le Trésor public d'un Etat peut percevoir des intérêts de retard sans que le contribuable ne puisse percevoir d'intérêts moratoires de l'autre Etat ;

- la doctrine fiscale référencée BOI-INT-DG-20-30-10 n°640 et n°650 est contraire aux recommandations de l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) car elle entraîne une charge économique complémentaire pour les sociétés et n'élimine pas totalement la double imposition ;

- si elle ne peut pas se prévaloir des dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, la société a droit à un intérêt sur les créances qu'elle a eues sur l'Etat français sur le fondement des dispositions de l'article 1231-6 du code civil ;

- l'ouverture d'une procédure amiable sur le fondement de l'article 27 de la convention fiscale franco-suisse ne permet pas de bénéficier d'un sursis de paiement automatique, ce qui est en contradiction avec l'objectif des conventions fiscales.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par l'EURL Bois 2000 ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel ;

- la convention entre République française et la Confédération suisse en vue d'éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune, signée à Paris le 9 septembre 1966 ;

- le code civil ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,

- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par des courriers du 23 juillet 2018, l'EURL Bois 2000 a saisi la mission d'expertise juridique et économique internationale (MEJEI) de la direction générale des finances publiques et le département fédéral des finances de la confédération suisse, afin de solliciter une procédure amiable bilatérale au sens des stipulations de l'article 27 de la convention fiscale franco-suisse concernant une double imposition au titre des années 2005 à 2013. Par un courrier du 6 avril 2020, l'EURL Bois 2000 a été informée qu'un accord amiable avait été trouvé entre les autorités fiscales des deux pays. Cet accord a été accepté sans réserve par l'entreprise requérante le 4 mai 2020. Les sommes concernant l'impôt sur les sociétés versé par l'EURL Bois 2000 sur la période du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2013 ont fait l'objet d'un dégrèvement par l'administration fiscale française le 8 décembre 2020. Par un courriel du 11 janvier 2021, l'entreprise a à nouveau saisi la MEJEI afin de solliciter l'application de la même procédure amiable au titre des années 2014 à 2018. Par un courrier du 21 juillet 2021, elle a été informée de l'accord amiable trouvé entre les autorités fiscales des deux pays, et l'a également accepté par un courriel du 24 août 2021. Les sommes en cause ont été remboursées à l'entreprise le 21 janvier 2022. Par un courrier du 22 juin 2022, l'EURL Bois 2000 a demandé à l'administration fiscale de lui verser les intérêts moratoires correspondant aux sommes de 142 331 euros et 52 930 euros qui lui ont été remboursées par l'administration fiscale suite au dégrèvement de son impôt sur les sociétés au titre des années 2005 à 2013 et 2014 à 2018. Par un courrier du 20 septembre 2022, cette demande a été rejetée par l'administration fiscale. Par la présente requête, l'EURL Bois 2000 demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser ces intérêts moratoires.

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, dans sa version alors en vigueur : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés. / Lorsque les sommes consignées à titre de garanties en application des articles L. 277 et L. 279 doivent être restituées, en totalité ou en partie, la somme à rembourser est augmentée des intérêts prévus au premier alinéa. Si le contribuable a constitué des garanties autres qu'un versement en espèces, les frais qu'il a exposés lui sont remboursés dans les limites et conditions fixées par décret ". Aux termes de l'article R*208-1 du même livre : " Les intérêts moratoires prévus par l'article L. 208 sont dus lorsqu'un dégrèvement est prononcé à la suite d'une demande présentée verbalement lors d'une visite au service des impôts, ou au service des douanes et droits indirects, selon le cas à la condition que le contribuable ait daté et signé le document établi par ce service pour prendre note de sa réclamation. / Ces intérêts sont calculés sur la totalité des sommes remboursées au contribuable au titre de l'impôt objet du règlement. / Ils sont payés d'office en même temps que les sommes remboursées par le comptable chargé du recouvrement des impôts ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 27 de la convention fiscale franco-suisse : " 1. Lorsqu'une personne estime que les mesures prises par un Etat contractant ou par les deux Etats contractants entraînent ou entraîneront pour elle une imposition non conforme aux dispositions de la présente convention, elle peut, indépendamment des recours prévus par le droit interne de ces Etats, soumettre son cas à l'autorité compétente de l'Etat contractant dont elle est un résident ou, si son cas relève du paragraphe 1 de l'article 26, à celle de l'Etat contractant dont elle possède la nationalité. Le cas doit être soumis dans les trois ans qui suivent la première notification de la mesure qui entraîne une imposition non conforme aux dispositions de la convention. / 2. Ces autorités compétentes s'efforceront si la réclamation leur paraît fondée et si elles ne sont pas elles-mêmes en mesure d'apporter une solution satisfaisante, de régler la question par voie d'accord amiable avec les autorités compétentes de l'autre Etat contractant, en vue d'éviter une imposition non conforme à la Convention. / 3. Les autorités compétentes des Etats contractants s'efforcent par voie d'accord amiable, de résoudre les difficultés auxquelles l'application de la Convention peut donner lieu. Elles peuvent aussi se concerter en vue d'éviter la double imposition dans les cas non prévus par la Convention. / () ". Aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire. / Relèvent de la même juridiction les réclamations qui tendent à obtenir la réparation d'erreurs commises par l'administration dans la détermination d'un résultat déficitaire ou d'un excédent de taxe sur la valeur ajoutée déductible sur la taxe sur la valeur ajoutée collectée au titre d'une période donnée, même lorsque ces erreurs n'entraînent pas la mise en recouvrement d'une imposition supplémentaire. Les réclamations peuvent être présentées à compter de la réception de la réponse aux observations du contribuable mentionnée à l'article L. 57, ou à compter d'un délai de 30 jours après la notification prévue à l'article L. 76 ou, en cas de saisine de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires compétente, à compter de la notification de l'avis rendu par cette commission. / Sont instruites et jugées selon les règles du présent chapitre toutes actions tendant à la décharge ou à la réduction d'une imposition ou à l'exercice de droits à déduction ou à la restitution d'impositions indues, fondées sur la non-conformité de la règle de droit dont il a été fait application à une règle de droit supérieure, révélée par une décision juridictionnelle ou par un avis rendu au contentieux. / Ces actions sont introduites selon les règles de délais applicables aux réclamations mentionnées au premier alinéa et se prescrivent par deux ans, selon le cas, à compter de la mise en recouvrement du rôle ou de la notification de l'avis de mise en recouvrement ou, en l'absence de mise en recouvrement, du versement de l'impôt contesté ou de la naissance du droit à déduction. / Pour l'application du troisième alinéa, sont considérés comme des décisions juridictionnelles ou des avis rendus au contentieux les décisions du Conseil d'Etat ainsi que les avis rendus en application de l'article L. 113-1 du code de justice administrative, les arrêts de la Cour de cassation ainsi que les avis rendus en application de l'article L. 441-1 du code de l'organisation judiciaire (2), les arrêts du Tribunal des conflits et les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne se prononçant sur un recours en annulation, sur une action en manquement ou sur une question préjudicielle ".

4. Il résulte de l'instruction que par des courriers du 23 juillet 2018, dont l'objet était " Demande de procédure amiable bilatérale ", l'EURL Bois 2000 a saisi la mission d'expertise juridique et économique internationale (MEJEI) de la direction générale des finances publiques et le département fédéral des finances de la confédération suisse. A supposer même que ces courriers remplissent les conditions de forme prévues par les articles R. 197-1 à R. 197-3 et R. 197-5 du livre des procédures fiscales et puissent ainsi être assimilés à des réclamations au sens de ces dispositions, il résulte de leurs termes mêmes que leur objectif était d'initier une procédure amiable bilatérale sur le fondement des stipulations de l'article 27 de la convention fiscale franco-suisse, sans tendre à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions par l'administration fiscale française. Par suite, ces courriers de saisine ne peuvent être regardés comme des réclamations au sens des dispositions de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales, et ne permettent pas l'application des dispositions de l'article L. 208 du même livre.

5. En deuxième lieu, l'EURL Bois 2000 soutient que la décision de refus de versement des intérêts moratoires en litige représente une rupture d'égalité devant la loi et devant les charges publiques, dès lors qu'à l'issue de la procédure amiable bilatérale en litige, le Trésor public a pu percevoir des intérêts de retard, alors qu'elle ne peut pas bénéficier d'intérêts moratoires.

6. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que des intérêts de retard aient été versés par l'EURL Bois 2000 en Suisse ou en France.

7. En outre, d'une part, le Trésor public ne se trouve pas dans la même situation qu'un contribuable et, d'autre part, les intérêts de retard prévus par les dispositions de l'article 1727 du code général des impôts ont vocation à réparer le préjudice du Trésor public du fait de la perception différée de sommes qui lui étaient dues, et n'ont donc ni la même nature ni le même objet que les intérêts moratoires prévus par les dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, qui permettent la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions par l'administration fiscale.

8. Enfin, l'introduction d'une procédure amiable bilatérale au sens de l'article 27 de la convention fiscale franco-suisse n'empêchait pas l'EURL Bois 2000 de contester les impositions en litige dans le cadre d'une procédure de droit interne et de chercher à obtenir le versement d'intérêts moratoires à l'issue de cette procédure.

9. En troisième lieu, les moyens tirés de ce que la décision de refus en litige ou les dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales méconnaissent le principal général du droit prohibant l'enrichissement sans cause ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 1er de son premier protocole additionnel ne sont pas assortis des précisions de nature à permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel : " Devant les juridictions relevant du Conseil d'Etat ou de la Cour de cassation, le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution est, à peine d'irrecevabilité, présenté dans un écrit distinct et motivé ". Aux termes de l'article R. 771-3 du code de justice administrative : " Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution est soulevé, conformément aux dispositions de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, à peine d'irrecevabilité, dans un mémoire distinct et motivé. Ce mémoire, ainsi que, le cas échéant, l'enveloppe qui le contient, portent la mention : "question prioritaire de constitutionnalité". ". L'article R. 771-4 du même code prévoit que : " L'irrecevabilité tirée du défaut de présentation, dans un mémoire distinct et motivé, du moyen visé à l'article précédent peut être opposée sans qu'il soit fait application des articles R. 611-7 et R. 612-1 ".

11. Il résulte de ce qui précède qu'à supposer que la requérante soit regardée comme excipant de la non-conformité des dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales aux principes constitutionnels d'égalité devant la loi et devant les charges publiques, ce moyen revient à remettre en cause la constitutionnalité de la loi fiscale en dehors de la procédure spécifique prévue par l'article 61 de la Constitution. Par suite, il est irrecevable et doit être écarté.

12. En cinquième lieu, l'EURL Bois 2000 soutient que la doctrine fiscale référencée BOI-INT-DG-20-30-10, en particulier ses paragraphes n°640 et n°650, méconnaît les recommandations de l'OCDE en ce qu'elle n'élimine pas les possibilités de double imposition. Toutefois, les paragraphes de la doctrine fiscale contestée se bornent à reprendre les dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales et à rappeler le principe et le but de la procédure amiable prévue par les conventions fiscales bilatérales. Ainsi, alors que cette procédure est indépendante des possibilités de recours prévues en droit interne, et qu'il était loisible à l'entreprise requérante de former en parallèle une réclamation à l'encontre des impositions concernées et ainsi de pouvoir éventuellement prétendre au versement d'intérêts moratoires, le moyen doit être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. / Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte. / Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire ".

14. Si l'EURL Bois 2000 soutient qu'elle peut prétendre au versement de l'intérêt au taux légal prévu par les dispositions précitées du code civil, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait mis en demeure l'administration fiscale de lui rembourser les impositions qui lui ont été restituées en décembre 2020 et janvier 2022 suite au succès de la procédure amiable bilatérale qu'elle avait initiée. Par suite, le moyen doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l'EURL Bois 2000 doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'EURL Bois 2000 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à L'EURL Bois 2000 et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,

- Mme Goyer-Tholon, conseillère,

- Mme Kiefer, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

L. Kiefer

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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