jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2202101 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUL ANNE-CATHERINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Bouchoudjian, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal (CHI) du Pays de Revermont à lui verser la somme de 173 193 euros au titre du préjudice qu'elle estime avoir subi ;
2°) d'enjoindre au CHI du Pays de Revermont de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHI du Pays de Revermont la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- le CHI du Pays de Revermont a commis des fautes en mettant fin à leur " relation de travail " à compter du 1er janvier 2014, en ne prenant aucune décision administrative la concernant depuis le 1er janvier 2014, en mettant fin à son congé longue maladie à compter du 1er janvier 2014, en raison de l'illégalité fautive constatée par le jugement n°1900798 du 4 janvier 2021 et en raison du caractère discriminatoire " de l'attitude " du centre hospitalier intercommunal du Pays de Revermont ;
- elle a subi un préjudice moral et des préjudices financiers qui peuvent être respectivement évalués et indemnisés à 50 000 euros et 123 193 euros ;
- il existe un lien de causalité entre les fautes commises par le CHI du Pays de Revermont et les préjudices qu'elle a subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le CHI du Pays de Revermont, représenté par Me Boul, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CHI du Pays de Revermont fait valoir que :
- sa responsabilité ne saurait être recherchée dès lors que :
(Mme A a refusé d'intégrer ses effectifs à compter du 1er janvier 2014 ;
( il n'existe aucune disposition législative ou réglementaire qui l'obligeait à intégrer Mme A dans la fonction publique hospitalière ;
( une fusion entre établissements publics n'entraîne pas le transfert automatique du personnel ;
( l'emploi qu'occupait Mme A a été supprimé à compter du 1er janvier 2014 ;
- les préjudices allégués par Mme A ne sont pas fondés et leurs quantums ne sont pas justifiés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. C,
- les observations de Me Lutz, substituant Me Bouchoudjian, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée le 31 octobre 2008 en tant qu'auxiliaire de vie par le centre intercommunal d'action sociale (CIAS) EPHAD " Les Charmettes ". Le 1er janvier 2014, le CIAS EPHAD " Les Charmettes " a fait l'objet d'une fusion absorption par le CHI du Pays de Revermont. A compter de cette date, Mme A a cessé de faire partie des effectifs du CIAS EPHAD " Les Charmettes ". Par un courrier du 14 septembre 2022, notifié le 16 septembre suivant, Mme A a formé une demande indemnitaire préalable qui a été implicitement rejetée par le CHI du Pays de Revermont. Mme A demande la condamnation du CHI du Pays de Revermont à lui verser la somme de 173 193 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la demande indemnitaire :
2. En premier lieu, par des courriers des 17 septembre et 25 octobre 2013, la directrice du CIAS EHPAD " Les Charmettes " a informé Mme A qu'à compter du 1er janvier 2014, l'établissement qui l'employait allait fusionner avec le centre hospitalier de Poligny, devenu CHI du Pays de Revermont à partir du 17 septembre 2013. Dans le cadre de cette opération, les agents du CIAS EHPAD " Les Charmettes " disposaient de la possibilité d'intégrer les effectifs du CHI du Pays de Revermont ou d'intégrer la fonction publique territoriale. Par un courrier du 12 novembre 2013, Mme A a décidé d'intégrer la fonction publique territoriale renonçant ainsi à intégrer les effectifs du CHI du Pays de Revermont. Par conséquent, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le CHI du Pays de Revermont a refusé de l'intégrer dans ses effectifs à compter du 1er janvier 2014. Pour cette même raison, le CHI du Pays de Revermont n'était pas tenu de gérer sa situation statutaire et administrative ou encore de verser à l'intéressée une rémunération à compter du 1er janvier 2014. Par suite, en ne prenant aucune mesure portant intégration de Mme A au sein de ses effectifs, en mettant fin à son placement en congé de longue maladie, en cessant de lui verser une rémunération depuis le 1er janvier 2014 et en ne prenant plus aucune décision administrative concernant sa situation à compter de cette date, le CHI du Pays de Revermont n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité.
3. En deuxième lieu, par un arrêt n°21NC00579 du 25 septembre 2023, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé le jugement n°1900798 du 4 janvier 2021 qui avait annulé la décision du 4 mars 2019 par laquelle le directeur du CHI du pays de Revermont avait refusé de se prononcer sur la situation statutaire de Mme A. Cet arrêt a également rejeté la demande de liquidation de l'astreinte qui avait été prononcée par le jugement du 4 janvier 2021. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de l'annulation de la décision du 4 mars 2019 par le tribunal administratif de Besançon pour établir l'existence d'une illégalité fautive commise par cet établissement.
4. En dernier lieu, Mme A soutient qu'elle est le seul agent du CIAS EHPAD " Les Charmettes " qui n'a pas intégré les effectifs du CHI du Pays de Revermont à compter du 1er janvier 2014 et que cette situation s'explique par l'affection invalidante dont elle était atteinte entre les mois de septembre 2009 et mars 2014. Toutefois, il ressort du courrier du 17 octobre 2013 de la directrice du CIAS EHPAD " Les Charmettes " que tous les agents de l'établissement disposaient de la possibilité d'intégrer les effectifs du CHI du Pays de Revermont. La circonstance que Mme A ait été le seul agent qui ait choisi de ne pas intégrer les effectifs du CHI du Pays de Revermont, à la supposer établie, est dès lors sans lien avec l'affection invalidante dont elle était atteinte lorsque le CIAS EHPAD " Les Charmettes " a été dissout. Par suite, la faute tirée du caractère discriminatoire " de l'attitude " du CHI du Pays de Revermont vis-à-vis de Mme A n'est pas établie.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation du CHI du Pays de Revermont à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les demandes d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les demandes d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CHI du Pays de Revermont qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
8. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A une somme demandée par le CHI du Pays de Revermont en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier intercommunal du Pays de Revermont au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier intercommunal du Pays de Revermont.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. Pernot
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026