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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300015

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300015

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300015
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Besançon a rejeté la requête de M. A, ex-militaire, qui contestait un titre de perception émis par le ministre des armées pour le recouvrement d’un indu de solde (indemnité ENGAPI). La requête a été jugée irrecevable car tardive : M. A avait formé une réclamation préalable reçue le 25 mars 2022, et la décision implicite de rejet est née le 25 septembre 2022, mais il n’a saisi le tribunal que le 8 décembre 2022, soit au-delà du délai de deux mois prévu par l’article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge de l’obligation de payer.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2205055 du 2 janvier 2023, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Rouen a transmis au tribunal administratif de Besançon, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 8 décembre 2022, présentée par M. B A.

Par cette requête, enregistrée au tribunal administratif de Besançon le 2 janvier 2023, M.A demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer l'indu de solde qui lui a été réclamé par un titre de perception émis le 28 février 2022 pris en charge par le directeur départemental des finances publiques de la Moselle.

M. A soutient qu'il est de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Le directeur départemental des finances publiques de la Moselle soutient que la requête est irrecevable parce que tardive.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Le ministre soutient, à titre principal, que la requête est tardive et, à titre subsidiaire, que la créance de l'Etat est fondée bien que devant être minorée.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pernot,

- les conclusions de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ex-militaire du rang, s'est engagé le 5 septembre 2017 au sein de l'armée de terre et a été affecté au sein du 35e régiment d'infanterie de Belfort. Il a été radié pour réforme définitive le 10 avril 2020. Le 28 février 2022, le ministre des armées lui a adressé un titre exécutoire aux fins de recouvrer un indu de 912,08 euros au titre de l'indemnité ENGAPI. Le 25 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Moselle lui a adressé une mise en demeure de payer l'indu précité assorti d'une majoration de 91 euros, soit une somme totale de 1 003,08 euros. Par le présent recours, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer l'indu en litige.

2. Aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité / 2° Soit d'une contestation portant sur la régularité du titre de perception. / Les contestations du titre de perception ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ". Aux termes de son article 118 : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A a formé une réclamation préalable contre le titre exécutoire contesté, que la direction départementale des finances publiques de la Moselle a reçue le 25 mars 2022. M. A ne conteste pas avoir reçu le courrier en date du 29 mars 2022 par lequel cette administration a accusé réception de sa contestation et lui a indiqué les voies et délais de recours. Il en résulte qu'une décision implicite de rejet de sa réclamation préalable est née le 25 septembre 2022. Par suite, la requête de M. A n'ayant été enregistrée que le 8 décembre 2022, soit plus de deux mois après le 25 septembre 2022, celle-ci est tardive et donc irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être accueillie et que le recours de M. A doit être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées et des anciens combattants.

Copie en sera adressée, pour information, à la direction départementale des finances publiques de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

J. Seytel Le premier conseiller faisant fonction de président-rapporteur,

A. PernotLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2300015

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