jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300023 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de le décharger de l'obligation de payer la somme totale de 2 130,82 euros résultant d'un avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 16 septembre 2022, correspondant à des indus de solde.
M. B soutient qu'il ne serait pas redevable de cette somme conformément aux mentions d'un jugement prononcé par le tribunal correctionnel de Metz le 18 juin 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Le directeur départemental des finances publiques de la Moselle soutient que :
- il n'est pas compétent pour répondre aux moyens relatifs au bien-fondé de la créance ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Le ministre soutient que :
- les conclusions dirigées contre les deux premiers titres exécutoires, dont le requérant a eu connaissance, et les conclusions dirigées contre la saisie à tiers détenteur sont irrecevables faute pour le requérant d'avoir formé un recours préalable contre chacun de ces actes ;
- si l'intéressé a pu être relaxé du chef de désertion, son contrat d'engagement a été résilié par l'armée à la suite d'absences irrégulières à l'origine des indus de solde recouvrés par la saisie à tiers détenteur contestée. Or les procédures pénales et disciplinaires sont indépendantes l'une de l'autre et le requérant ne conteste pas ses absences irrégulières.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pernot,
- les conclusions de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, engagé volontaire de l'armée de terre depuis le 1er août 2013, a été affecté au sein du 19e régiment du génie à Besançon. Le 3 juin 2019, puis du 14 au 16 juin 2019 et enfin du 12 au 15 juillet 2019, il faisait l'objet de trois constats d'absences injustifiées. En absence irrégulière à compter du 29 janvier 2020, son dernier contrat d'engagement souscrit le 22 novembre 2019 était résilié d'office par son employeur à compter du 2 mai 2020. Par trois courriers des 9 mars 2020, 25 octobre 2020 et 18 mai 2021, le centre expert des ressources humaines et de la solde l'informait que trois trop-versés de rémunération de 1 325,57 euros pour l'année 2019, de 420,78 euros pour la période allant du 1er janvier au 1er mai 2020 et de 377,58 euros pour les mois de juin et juillet 2019 allaient faire l'objet de titres exécutoires. Les titres étaient émis les 13 mai 2020, 17 juin et 17 septembre 2021. Le 16 septembre 2022, la direction départementale des finances publiques de la Moselle lui notifiait la saisie à tiers détenteur adressée le même jour à son employeur aux fins de recouvrement des trois créances précitées. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant la décharge de l'obligation de payer la somme restante de 2 130,82 euros procédant de la saisie à tiers détenteur notifiée le 16 septembre 2022.
2. En premier lieu, il ne ressort pas des conclusions présentées par le requérant que celui-ci entendrait solliciter du tribunal l'annulation des titres exécutoires émis les 13 mai 2020, 17 juin et 17 septembre 2021, quand bien même le second de ces titres est joint à son mémoire. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de conclusions dirigées contre ces titres exécutoires doit être écartée.
3. En second lieu, aux termes de l'article 119 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L. 281 et R. 281-1 et suivants du même livre () ". Aux termes de l'article R. 281-1 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : / a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite ou le responsable du service à compétence nationale si le recouvrement incombe à un comptable de la direction générale des finances publiques ".
4. Il résulte de l'instruction que M. B a demandé au tribunal la décharge de l'obligation de payer la somme résultant de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 16 septembre 2022 sans avoir, au préalable, saisi l'administration d'une réclamation. La notification de cette saisie, qui lui a été adressée en copie, comporte la mention de l'existence et du caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de cette réclamation préalable, ainsi que les délais dans lesquels l'intéressé doit la présenter à l'administration. Par application des dispositions précitées, les conclusions présentées à fin de décharge de l'obligation de payer ne sont, dès lors, pas recevables et ne peuvent être que rejetées.
5. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur du 16 septembre 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées et des anciens combattants.
Copie, pour information, sera délivrée à la direction départementale des finances publiques de la Moselle.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
J. Seytel Le premier conseiller faisant fonction de président-rapporteur,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2300023
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03/08/2026
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