mardi 7 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300053 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FIDAL / BESANCON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 janvier et 21 février 2023 et 11 septembre 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Guillin emballages, représentée par Me Herbelot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties mise à sa charge au titre des années 2019 et 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les bases imposables de la taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge doivent être réduites à hauteur de l'exonération des immobilisations relevant du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, comprenant notamment les installations de sprinklage, d'électricité et de climatisation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 mars 2023 et 26 novembre 2024, la directrice départementale des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la SAS Guillin emballages n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debat, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Guillin emballages a pour activité la fabrication d'emballages en matières plastiques. Elle est propriétaire d'une usine située dans la commune d'Ornans. A la suite d'une vérification de comptabilité intervenue le 9 juillet 2015, l'administration fiscale a procédé à la mise à jour de ses bases d'assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Des impositions ultérieures ont été établies en prenant en référence les immobilisations ainsi retenues. Par la suite, la réclamation de la société datée du 30 décembre 2020, portant spécifiquement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020, a fait l'objet d'une décision de rejet partiel le 16 novembre 2022. En conséquence, la SAS Guillin emballages demande tout d'abord au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre des années 2019 et 2020.
Sur le régime de charge de la preuve :
2. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. En matière de cotisation foncière des entreprises et de taxe foncière sur les propriétés bâties, aucune charge de la preuve ne peut être dévolue à l'une ou l'autre des parties.
Sur les conclusions à fin de réduction des impositions :
3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; / () ". Aux termes de son article 1382 : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 () ".
4. Il résulte de ces dispositions que sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties les outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement, et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du même code.
5. Au cas d'espèce, en premier lieu, il résulte de l'instruction que l'administration, pour établir les bases imposables de la taxe foncière de la SAS Guillin emballages, a procédé à l'exonération des immobilisations se rapportant aux systèmes de lutte contre l'incendie installés dans les bâtiments de fabrication et de stockage, en conservant dans les bases imposables les autres installations de lutte contre l'incendie lorsqu'il n'était pas établi qu'elles correspondaient à des installations spécifiquement adaptées à l'activité industrielle de la société requérante. Dès lors, quand bien même la société requérante soutient que l'arrêté du préfet du Doubs du 14 novembre 2013 lui impose des obligations en matière d'installations de sprinklage, elle ne démontre pas que la part de ces immobilisations que l'administration a conservées dans ses bases imposables correspondrait à des installations spécifiquement adaptées à ses activités. En effet, selon le tableau établi par la société requérante elle produit des factures pour un montant global de 390 738,43 euros, et admet qu'un montant de 52 583,62 euros doit être maintenu dans sa base imposable, alors que les installations de sprinklers concernent un montant total de 731 289 euros. Il s'ensuit qu'un montant substantiel ne fait l'objet d'aucune justification en l'état du dossier et des productions de la société requérante, alors qu'elle seule serait en mesure d'apporter cette preuve en application des principes rappelés au point 2. Par ailleurs, s'agissant des installations pour lesquelles des factures sont produites, la société requérante ne démontre pas, en se bornant à faire état de la présence à proximité directe des bâtiments concernés, des bâtiments de fabrication et de stockage, compte tenu de la présence de plastique, matière très inflammable, que ces pièces concernent des immobilisations spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel. Ainsi, soit les factures se rapportent à des zones de bureaux, soit les indications qu'elles comportent ne permettent pas une identification de l'usage des locaux d'installation dudit matériel ou de la consistance exacte de l'installation considérée pour permettre à chaque fois de la regarder comme étant spécifiquement adaptée aux activités industrielles exercées dans l'établissement. En conséquence, il n'y a pas lieu en l'état du dossier d'exclure les immobilisations en litige, concernant les sprinklers, des bases retenues pour établir les impositions en litige.
6. En deuxième lieu, si la requérante soutient que les immobilisations relatives aux installations électriques, qui s'élèvent à un montant total de 626 047,65 euros, doivent être exclues de la base imposable s'agissant d'une usine de thermoforage électrique, il résulte de l'instruction que les factures qu'elle produit afin de démontrer la nécessité de cette exclusion, concernent comme au point précédent, pour un nombre important, des locaux administratifs, et qu'elles ne permettent pas, faute de précision, de distinguer celles qui correspondent à des installations spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu d'exclure ces immobilisations de la base d'imposition.
7. En troisième lieu, s'agissant de la climatisation (368 873,63 euros) et de la ventilation (7 948,45 euros), il résulte de l'instruction que l'administration a exclu des bases imposables les immobilisations relatives aux installations de la catégorie portant sur l'air comprimé. En revanche, concernant les sommes restant en litige, à l'identique des points précédents, les factures produites par la requérante concernent des locaux administratifs ou ne comportent pas de précisions suffisantes permettant d'exclure les autres installations considérées de la base imposable, dès lors que leur caractère spécifiquement adapté aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel n'est pas démontré.
8. En quatrième lieu, s'agissant des immobilisations relatives au câblage (225 308,82 euros), au chauffage (1 110 473,44 euros), aux travaux de mise en conformité (105 802, 57 euros), aux factures répertoriées sous la dénomination " divers " pour un montant global de 42 054,43 euros, ainsi que s'agissant des immobilisations relatives aux installations d'eau (19 961,34 euros), d'éclairage (66 579,82 euros), d'informatique (12 917,49 euros), du portique (23 150,50 euros), de sécurité (87 842,65 euros), ainsi que de stockage en silos (224 717,68 euros), soit aucune justification n'est produite au soutien des allégations de la société requérante, soit aucune indication sur les pièces communiquées ne permet de les exclure de la base imposable en raison d'une adaptation spécifique de l'immobilisation considérée par rapport aux activités industrielles exercées par la société requérante, notamment eu égard à leur localisation et à leur affectation. Enfin, les honoraires compris dans le prix de revient des immobilisations dont la fiscalisation suit le régime des immobilisations auxquelles ils se rapportent, qui représentent un montant total de 986 713,53 euros, sont en tout état de cause en lien avec des travaux de construction et non avec des biens d'équipement.
9. Par conséquent, il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'apporte pas les éléments de preuve dont elle est la seule détentrice, concernant l'affectation et la consistance des installations en litige afin d'établir que celles-ci seraient spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que les immobilisations en litige, pour un montant total de 4 639 691 euros, doivent être exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la SAS Guillin emballages tendant à la réduction de la taxe foncière mise à sa charge pour les années 2019 et 2020 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. L'Etat n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Guillin emballages prise dans l'ensemble de ses moyens et conclusions est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Guillin Emballages et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 janvier 2025.
Le rapporteur,
P. Debat
La présidente,
F. MichelLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026