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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300343

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300343

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300343
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 février 2023, la SARL MP FINANCES société mère venant aux droits et obligations de sa filiale, la SARL Flajoulot, représentée par le cabinet JP Conseil, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la restitution du crédit d'impôt " métiers d'art " prévu à l'article 244 quater O du code général des impôts, dont elle estime que la SARL Flajoulot est titulaire au titre des années 2019 et 2020.

Elle soutient que :

- elle exerce une activité qui entre dans le cadre du dispositif du crédit d'impôt " métiers d'arts ", dès lors qu'elle est une entreprise artisanale employant des salariés métalliers faisant partie de la liste des métiers d'art ;

- les travaux qu'elle réalise doivent être considérés comme des ouvrages uniques à ce titre éligible au crédit d'impôt " métiers d'art ", au sens de l'instruction BOI-BIC-RICI-10-100 du 7 juin 2017.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison de ce qu'elle est dépourvue d'exposé des faits, moyens et conclusions ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Filiale de la société MP Finance, la société Flajoulot exerce une activité de charpente, couverture et zinguerie. Elle a présenté une réclamation le 29 août 2022, et sollicité la restitution du crédit d'impôt " métiers d'art " dont elle estime être titulaire au titre des années 2019 et 2020. A la suite du rejet de cette réclamation par l'administration le 23 décembre 2022, la société MP Finance a saisi le tribunal pour le compte de sa filiale et demande la restitution dudit crédit d'impôt.

Sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête et sur la fin de non-recevoir soulevée par le directeur départemental des finances publiques du Doubs :

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

2. Aux termes de l'article 244 quater O du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " I. - Les entreprises mentionnées au III et imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt égal à 10 % de la somme : / 1° Des salaires et charges sociales afférents aux salariés directement affectés à la création d'ouvrages réalisés en un seul exemplaire ou en petite série. La création d'ouvrages uniques, réalisés en un exemplaire ou en petite série, se définit selon deux critères cumulatifs : / a) Un ouvrage pouvant s'appuyer sur la réalisation de plans ou maquettes ou de prototypes ou de tests ou encore de mise au point manuelle particulière à l'ouvrage ; / b) Un ouvrage produit en un exemplaire ou en petite série ne figurant pas à l'identique dans les réalisations précédentes de l'entreprise () ".

3. Pour refuser d'accorder le bénéfice du crédit d'impôt " métiers d'art " à la société requérante, l'administration a considéré que celle-ci ne démontrait pas la création d'ouvrages réalisés en un seul exemplaire ou en petite série conformément aux dispositions de l'article 244 quater O. Dans ce cadre, si la société requérante soutient que son activité est éligible au dispositif de crédit d'impôt " métiers d'art ", elle ne produit aucun élément de nature à démontrer que les ouvrages qu'elle réalise, et dont elle se prévaut, répondent aux critères cumulatifs prévus par l'article 244 quater O du code général des impôts cité au point 2. A cet égard, à supposer même que les ouvrages concernés ne soient pas constitutifs d'immeubles, lesquels sont par nature exclus du dispositif du crédit d'impôt " métiers d'art ", les éléments produits, relatifs à l'activité de l'entreprise, qui comprennent des photographies de certaines réalisations ne sont pas assortis d'explications circonstanciées susceptibles de permettre la vérification des critères légaux. Dès lors, l'administration pouvait, à bon droit, refuser d'accorder à la société requérante le bénéfice du crédit d'impôt " métiers d'art ". Par suite, les moyens soulevés en ce sens doivent être écartés dans toutes leurs branches.

En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :

4. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification. () ".

5. La garantie prévue par l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ne peut être invoquée que pour contester le rehaussement d'une imposition. Le refus de l'administration de faire droit à la demande de la société requérante tendant au bénéfice d'un crédit d'impôt ne résulte pas du rehaussement d'une imposition. La société requérante n'est donc pas fondée à se prévaloir des conditions d'éligibilité au crédit d'impôt en faveur des métiers d'art prévues par les commentaires administratifs publiés au bulletin officiel des finances publiques sous la référence BOI-BIC-RICI-10-100 du 7 juin 2017.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la SARL MP Finances venant aux droits et obligations de la SARL Flajoulot tendant à la restitution du crédit d'impôt " métiers d'art " dont elle s'estime titulaire au titre des années 2019 et 2020 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL MP Finances venant aux droits et obligations de la SARL Flajoulot est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL MP Finances, à la SARL Flajoulot et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.

Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente ;

- Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- Mme Kiefer, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

La rapporteure,

C. Goyer-Tholon

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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