mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300407 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mars 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Amphenol FCI Besançon, représentée par Me Herbelot, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de lui accorder la restitution d'un solde de crédit d'impôt recherche dont elle s'estime créancière, à hauteur de 230 979 euros au titre de l'année 2013, 271 974 euros au titre de l'année 2014 et 281 306 au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en raison de ses résultats déficitaires au titre de plusieurs exercices, les crédits d'impôts en litige n'ont jamais pu être imputés sur son impôt sur les sociétés ;
- elle a subi des anomalies de télétransmission de ses demandes de restitution ;
- ces anomalies constituent un évènement au sens du c) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ;
- sa déclaration au titre de l'année 2013 a été faite régulièrement.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SAS Amphenol FCI Besançon ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Amphenol FCI Besançon exerce une activité de fabrication de composants électroniques. Le 25 août 2022, elle a sollicité la restitution d'une créance de crédit d'impôt recherche au titre des années 2013, 2014 et 2015, à hauteur de 230 979 euros, 271 974 euros et 281 306 euros. Par une décision du 10 janvier 2023, l'administration fiscale a rejeté sa demande. Par la présente requête, la SAS Amphenol FCI Besançon doit être regardée comme demandant la restitution de son solde de crédit d'impôt recherche au titre des années 2013, 2014 et 2015, à hauteur de 230 979 euros, 271 974 euros et 281 306 euros.
2. Aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 septies, 44 octies, 44 octies A, 44 duodecies, 44 terdecies à 44 septdecies peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année. Le taux du crédit d'impôt est de 30 % pour la fraction des dépenses de recherche inférieure ou égale à 100 millions d'euros et de 5 % pour la fraction des dépenses de recherche supérieure à ce montant. Le premier de ces deux taux est porté à 50 % pour les dépenses de recherche exposées dans des exploitations situées dans un département d'outre-mer. Pour les dépenses mentionnées au k du II, le taux du crédit d'impôt est de 20 %. Ce taux est porté à 40 % pour les dépenses mentionnées au même k exposées dans des exploitations situées dans un département d'outre-mer. Ce même taux est porté respectivement à 35 % pour les moyennes entreprises et à 40 % pour les petites entreprises pour les dépenses mentionnées audit k exposées dans des exploitations situées sur le territoire de la collectivité de Corse. / () II. - Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : / a) Les dotations aux amortissements des immobilisations, créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de recherche scientifique et technique, y compris la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou d'installations pilotes. Toutefois, les dotations aux amortissements des immeubles acquis ou achevés avant le 1er janvier 1991 ainsi que celles des immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1991 ne sont pas prises en compte ; / a bis) En cas de sinistre touchant les immobilisations visées au a, la dotation aux amortissements correspondant à la différence entre l'indemnisation d'assurance et le coût de reconstruction et de remplacement ; / b) Les dépenses de personnel afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés à ces opérations. Lorsque ces dépenses se rapportent à des personnes titulaires d'un doctorat, au sens de l'article L. 612-7 du code de l'éducation, ou d'un diplôme équivalent, elles sont prises en compte pour le double de leur montant pendant les vingt-quatre premiers mois suivant leur premier recrutement à condition que le contrat de travail de ces personnes soit à durée indéterminée et que l'effectif du personnel de recherche salarié de l'entreprise ne soit pas inférieur à celui de l'année précédente ; / () k) Jusqu'au 31 décembre 2022, les dépenses exposées par les entreprises qui satisfont à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité et définies comme suit : / 1° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits autres que les prototypes et installations pilotes mentionnés au a ; / 2° Les dépenses de personnel directement et exclusivement affecté à la réalisation des opérations mentionnées au 1° ; / () 6° Les dépenses exposées pour la réalisation d'opérations mentionnées au 1° confiées à des entreprises ou des bureaux d'études et d'ingénierie agréés selon des modalités prévues par décret. / Les dépenses mentionnées aux 1° à 6° entrent dans la base de calcul du crédit d'impôt recherche dans la limite globale de 400 000 € par an. / Pour l'application du présent k, est considéré comme nouveau produit un bien corporel ou incorporel qui satisfait aux deux conditions cumulatives suivantes : / - il n'est pas encore mis à disposition sur le marché ; / - il se distingue des produits existants ou précédents par des performances supérieures sur le plan technique, de l'écoconception, de l'ergonomie ou de ses fonctionnalités. / Le prototype ou l'installation pilote d'un nouveau produit est un bien qui n'est pas destiné à être mis sur le marché mais à être utilisé comme modèle pour la réalisation d'un nouveau produit () ". Aux termes de l'article 199 ter B de ce code : " I. - Le crédit d'impôt pour dépenses de recherche défini à l'article 244 quater B est imputé sur l'impôt sur le revenu dû par le contribuable au titre de l'année au cours de laquelle les dépenses de recherche prises en compte pour le calcul du crédit d'impôt ont été exposées. L'excédent de crédit d'impôt constitue au profit de l'entreprise une créance sur l'Etat d'égal montant. Cette créance est utilisée pour le paiement de l'impôt sur le revenu dû au titre des trois années suivant celle au titre de laquelle elle est constatée puis, s'il y a lieu, la fraction non utilisée est remboursée à l'expiration de cette période. / () ".
3. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. / () ".
4. Les événements susceptibles de rouvrir le délai de réclamation en application du c de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales sont ceux qui sont de nature à exercer une influence sur le bien-fondé de l'imposition, soit dans son principe, soit dans son montant.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la SAS Amphenol FCI Besançon a sollicité la restitution des soldes de crédit d'impôt en litige le 25 août 2022. L'administration fiscale a toutefois rejeté ses demandes en estimant qu'elles étaient tardives, et qu'elles auraient dû être présentées par la société au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la réalisation de l'évènement qui motive la réclamation, soit en l'espèce l'année au cours de laquelle les dépenses de recherche prises en compte pour le calcul du crédit d'impôt ont été exposées, au sens des dispositions précitées de l'article 199 ter B du code général des impôts. La SAS Amphenol SCI Besançon soutient cependant qu'elle a dû faire face à des anomalies de télétransmission de ses déclarations et relevés de solde, révélées au cours de l'été 2022, et que ces anomalies constituent un évènement au sens du c de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales.
6. Toutefois, d'une part, par la seule production d'une capture d'écran de son logiciel comptable, la société requérante ne démontre pas la réalité des erreurs de télétransmission dont elle se prévaut.
7. D'autre part, et en tout état de cause, de telles anomalies ne sont pas de nature à exercer une influence sur le bien-fondé des crédits d'impôt en litige, dans leur principe ou leur montant. Par suite, elles ne constituent pas des évènements au sens du c de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, et c'est à bon droit que l'administration fiscale a pu considérer que ses demandes de restitution étaient tardives.
8. En second lieu, la SAS Amphenol SCI Besançon soutient qu'elle a déclaré un crédit d'impôt recherche au titre de l'année 2013 pour un montant de 230 979 euros, sur l'imprimé 2069-A-D signé le 7 mai 2014, et qu'elle l'a transmis au ministère de la recherche, qui l'a réceptionné le 15 mai 2014. Toutefois, par une décision du 11 juillet 2014, la direction des grandes entreprises de la direction générale des finances publiques a considéré qu'elle ne pouvait pas bénéficier de la restitution anticipée de son crédit d'impôt, sollicité en tant que PME au sens communautaire, dès lors qu'elle ne possédait pas ce statut eu égard au montant de son chiffre d'affaires et de son effectif de salariés. Elle a toutefois indiqué que le montant de son crédit d'impôt recherche non imputable sur l'impôt sur les sociétés de l'année 2013, de 230 979 euros, pourrait être utilisé pour le paiement de son impôt dû au titre des trois années suivant celle au titre de laquelle il a été constaté puis, le cas échéant, restitué à l'expiration de cette période. Néanmoins, cette décision ne permet pas de remettre en cause le caractère tardif de la demande de restitution formulée le 25 août 2022.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de restitution présentées par la SAS Amphenol SCI Besançon doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Amphenol SCI Besançon est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Amphenol SCI Besançon et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient
- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
F. Michel La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026