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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300430

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300430

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300430
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2023, Mme A B soumet au tribunal un litige relatif à la décision du 17 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Territoire de Belfort lui a refusé une remise de dette concernant un paiement d'indu d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 286,05 euros.

Mme B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu demandé.

Par un mémoire en défense du 6 avril 2023, la CAF du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 18 décembre 2022, la CAF du Territoire de Belfort a notifié à Mme B un indu d'APL d'un montant de 286,05 euros, pour la période de février à décembre 2022. Par une demande du 2 janvier 2023, la requérante a sollicité une remise de sa dette que la CAF du Territoire de Belfort a rejeté par une décision du 17 février 2023. Mme B demande au juge une remise totale de sa dette.

Sur le cadre juridique applicable :

2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-1, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement, au nombre desquelles figure l'aide personnalisée au logement, sont liquidées et payées, pour le compte du fond national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu d'aide personnelle au logement et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le directeur de cet organisme, après avoir recueilli l'avis de la commission de recours amiable, peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Sur la demande de remise gracieuse :

4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu d'APL en litige a pour origine la déclaration erronée par Mme B en février 2022 du montant de ses frais réels pour l'année 2021, pris en compte pour le calcul de l'APL, et que cette erreur n'a été révélée qu'à la suite d'un échange d'informations entre les services de la CAF et les services fiscaux.

5. D'autre part, si Mme B fait valoir que sa situation financière ne lui permet pas rembourser la dette de 286,05 euros mise à sa charge, dès lors qu'elle ne perçoit que ses APL ainsi que la prime d'activité et qu'elle supporte les charges de la vie courante, un emprunt ainsi que les frais afférents aux études de sa fille, l'intéressée, dont le quotient familial est fixé à 846 euros, n'a pas produit de justificatifs suffisants pour démontrer une situation de précarité telle qu'elle ne serait pas en mesure de rembourser l'indu mis à sa charge. Dès lors, le directeur de la CAF du Territoire de Belfort n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, commis une erreur d'appréciation en refusant de procéder à la remise gracieuse de l'indu mis à la charge de Mme B.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Territoire de Belfort.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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