mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300822 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2023, Mme A B conteste la décision du 3 avril 2023 par laquelle le président de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Saône a rejeté sa demande de remise de dette pour un indu de prime d'activité d'un montant de 1 035,29 euros.
Elle soutient qu'elle est de bonne foi et que sa situation familiale ne lui permet pas de rembourser le montant de l'indu mis à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, la CAF de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Pernot a lu son rapport et entendu les observations de Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 4 août 2022, la CAF de la Haute-Saône a notifié à Mme B un trop-perçu d'un montant de 1 035,29 euros au titre de la prime d'activité sur la période de décembre 2020 à juin 2022. Par un mail du 22 févier 2023, l'intéressée a saisi la commission de recours amiable de la CAF de la Haute-Saône d'une demande de remise gracieuse de ce trop-perçu. Par un courrier du 3 avril 2023, la commission de recours amiable de la CAF de la Haute-Saône a rejeté sa demande. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur le cadre juridique applicable :
2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
3. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
Sur l'indu en litige :
4. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre :/ 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ;/ 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
5. D'une part, l'indu en litige résulte de l'absence de déclaration par l'intéressée de son changement de situation professionnelle, de celle de son fils ainsi que d'une rente trimestrielle de 209 euros, d'une indemnité journalière de 63 euros en février 2021 et du salaire de son fils de 1 429 euros en janvier 2022. Il résulte en outre de l'instruction que l'indu en litige d'une durée supérieure à six mois n'a pas été régularisé spontanément puisqu'il l'a été à la suite d'un contrôle de la CAF de la Haute-Saône.
6. D'autre part, si la requérante entend faire valoir que sa situation est telle, qu'elle se trouve dans l'impossibilité de rembourser l'indu en litige mis à sa charge, elle n'apporte aucun élément tendant à démontrer cette allégation. En outre, le quotient familial de Mme B d'un montant de 883,33 euros ne traduit pas une précarité financière rendant totalement impossible le remboursement du trop-perçu de prime d'activité. Enfin, la commission du recours amiable a décidé d'appliquer un remboursement par mensualités de 177 euros à l'encontre de la requérante, mensualités inférieures au plan de recouvrement personnalisé qui s'élève à 307,85 euros. Dans ces conditions, le moyen tiré de la situation de précarité de la requérante ne peut-être qu'écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Saône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
A. PernotLa greffière,
N. Viennet
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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