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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300970

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300970

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300970
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de Mme A, militaire de réserve, qui contestait un titre de perception de 322,76 euros émis pour remboursement d’un trop-perçu d’allocation d’études spécifique. La requérante n’avait effectué que 26 jours d’activité sur les 37 requis, justifiant le remboursement au prorata conformément à l’arrêté du 14 mars 2017. Le tribunal a écarté le moyen de Mme A, estimant que la somme n’avait pas été récupérée sur sa solde et que la créance était fondée. La décision s’appuie sur le décret n° 2017-328 et l’arrêté du 14 mars 2017 relatifs aux réservistes de la garde nationale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 26 août 2022 d'un montant de 322,76 euros.

Mme A soutient que la créance réclamée n'est pas fondée dès lors que, d'une part, le montant de l'allocation d'études spécifique est de 100 euros par mois et, d'autre part, la somme de 322,76 euros a déjà été récupérée sur sa solde de décembre 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2023, la direction départementale des finances publiques de la Moselle conclut au rejet de la requête.

La direction fait valoir que le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Le ministre fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, elle ne contient pas l'exposé de moyens ;

- subsidiairement, la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2017-328 du 14 mars 2017 ;

- l'arrêté du 14 mars 2017 pris pour l'application du décret n° 2017-328 du 14 mars 2017 portant création d'une prime de fidélité et d'autres mesures d'encouragement au profit des réservistes de la garde nationale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marquesuzaa,

- les conclusions de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, militaire du rang de réserve au grade de caporal, est entrée en service le 15 avril 2019 et affectée, depuis lors, au 19ème régiment de génie, stationné à Besançon. Le 26 août 2022, la direction départementale des finances publiques de la Moselle a émis à son encontre un titre de perception d'un montant de 322,76 euros. Le 10 octobre 2022, l'intéressée a formé un recours administratif implicitement rejeté par le directeur de l'établissement national de la solde le 11 avril 2023. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation du titre de perception émis à son encontre d'un montant de 322,76 euros.

2. Aux termes de l'article 4 du décret du 14 mars 2017 portant création d'une prime de fidélité et d'autres mesures d'encouragement au profit des réservistes de la garde nationale : " Les conditions d'attribution de l'allocation d'études spécifique sont les suivantes : / () / Pour chaque renouvellement d'attribution, cumulativement : / a) Justifier d'une inscription pédagogique dans un établissement d'enseignement professionnel ou supérieur à la date de la demande de renouvellement ; / b) Être âgé de moins de vingt-cinq ans au 1er octobre de l'année d'inscription dans un établissement d'enseignement professionnel ou supérieur ; / c) Justifier de l'effectivité de la formation suivie, au titre de l'allocation précédente, par la production de tout document ; / d) Avoir accompli le nombre de jours d'activité minimum prévu au d) du 1° ou au e) du 2° dans la réserve opérationnelle ou dans la réserve civile de la police nationale, ou s'être acquitté, le cas échéant, du remboursement prévu à l'article 5 du présent décret ; / e) S'engager à effectuer trente-sept jours d'activité minimum dans la réserve opérationnelle ou dans la réserve civile de la police nationale sur une période de douze mois consécutifs appréciée entre chaque date anniversaire de l'inscription pédagogique ".

3. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 14 mars 2017 pris pour l'application du décret du 14 mars 2017 portant création d'une prime de fidélité et d'autres mesures d'encouragement au profit des réservistes de la garde nationale : " Le montant de l'allocation d'études spécifique prévue à l'article 3 du décret du 14 mars 2017 susvisé est fixé à 100 euros mensuels ". Aux termes de l'article 5 de cet arrêté : " / () / Dans le cas où cette condition ne serait pas remplie et s'il ne relève pas des cas d'exonération du remboursement prévus par l'article 6 du décret du 14 mars 2017 susvisé, le bénéficiaire de l'allocation d'études spécifique est tenu au remboursement des sommes indûment perçues, au prorata du nombre de jours d'activité manquants. Tout renouvellement d'attribution de l'allocation d'études spécifique au titre d'une nouvelle année d'études est suspendu à ce remboursement () ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme A, remplissant les conditions requises pour se voir attribuer l'allocation d'études spécifique, a, à ce titre, perçu entre octobre 2020 et septembre 2021, une somme totale de 1 200 euros. Au cours de cette période de douze mois, il est toutefois constant qu'elle n'a effectué que vingt-six jours d'activité sur les trente-sept jours minimum requis. Ainsi et conformément à l'article 5 de l'arrêté précité, l'intéressée n'avait droit à percevoir qu'une solde de 843,24 euros brut, ce qui correspond donc à un trop-versé de 322,76 euros net. En outre, contrairement à ce que soutient la requérante, cette somme n'a pas été récupérée sur sa solde de décembre 2021. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la somme de 322,76 euros lui a été réclamée. Par suite, le moyen tiré de ce que sa créance n'était pas fondée doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du titre de perception émis le 26 août 2022.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre des armées et des anciens combattants.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Grossrieder, présidente,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

A. MarquesuzaaLa présidente,

S. GrossriederLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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