jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301301 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS, CADOZ - LACROIX - REY - VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2023, la SAS Transports Ramousse, représentée par Me Barberousse, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation par la région Bourgogne Franche-Comté du lot n°5 du marché de services de transports scolaires sur le territoire du Jura ;
2°) de mettre à la charge de la région Bourgogne Franche-Comté la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartenait à la région, qui avait identifié une possible imprécision de son offre, de solliciter toutes explications utiles ;
- en s'abstenant de la faire, elle a manqué à l'obligation de transparence des procédures ;
- les services de la région auraient dû supprimer le service AM522-02 ne répondant à aucun besoin au lieu de juger son offre non conforme à la fiche horaire ;
- s'agissant du critère " moyen de contrôle mis en place ", elle aurait dû obtenir la même note que celle obtenue pour le lot n°2.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la région Bourgogne Franche-Comté, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'était pas tenue d'inviter la requérante à régulariser son offre ;
- elle était tenue d'écarter les offres irrégulières, ce qui était le cas de celle de la société requérante ;
- elle pouvait définir ses besoins sur la durée du marché et les adapter en cours d'exécution du contrat ;
- la société requérante demande au juge des référés de porter une appréciation sur la valeur ou le mérite de son offre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, la SAS Bully-Les Cars jurassiens, représentée par Me Cadoz, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante a parfaitement identifié les motifs de l'irrégularité de son offre ;
- le raisonnement de la requérante, exigeant qu'elle régularise une offre irrégulière, est contraire à l'égalité de traitement des candidats ;
- de plus cela conduit la requérante à modifier substantiellement son offre ;
- il n'appartient pas aux candidats de définir la nature et l'étendue des besoins à satisfaire ;
- les documents de la consultation des entreprises étaient précis et impératifs et la requérante ne pouvait y déroger.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 juillet 2023 en présence de Mme Chiappinelli, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Barberousse, représentant la SAS Transports Ramousse, qui reprend l'argumentation de la requête et ajoute que sa requête est recevable ;
- les observations de Me Corneloup, représentant la région Bourgogne Franche-Comté, qui reprend l'argumentation développée en défense ;
- et les observations de Me Marthelet, substituant Me Cadoz, représentant la SAS Bully-Les Cars jurassiens qui reprend l'argumentation développée en défense et ajoute que si la requérante avait été choisie après régularisation, c'est sa cliente qui aurait été défavorisée car elle n'a pas été invitée à régulariser le critère des moyens de contrôle.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La région Bourgogne Franche-Comté a lancé, le 28 mars 2023, une procédure d'appel d'offres ouvert pour un marché, divisé en 18 lots, d'exécution de services de transport scolaire sur le territoire du Jura. Par un courrier du 23 mai 2023, la présidente de la région a informé la SAS Transports Ramousse, qui avait notamment candidaté pour l'attribution du lot n° 5 Salins-les-Bains, que, d'une part, son offre avait été déclarée irrégulière au motif que le bordereau des prix unitaires et le détail quantitatif estimatif de son offre étaient incomplets et, d'autre part, la procédure était déclarée infructueuse et qu'elle était relancée avec négociation. La SAS Transports Ramousse a de nouveau candidaté mais, par un courrier du 26 juin 2023, la présidente de la région l'a informée que son offre avait été déclarée irrégulière au motif qu'elle ne respectait pas le cahier des charges et que le lot n° 5 était attribué à la société Bully-Les Cars jurassiens. Estimant que le pouvoir adjudicateur avait commis des manquements à l'obligation de transparence des procédures, la SAS Transports Ramousse demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la procédure de passation du lot n° 5 du marché de transport scolaire sur le territoire du Jura.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". L'article L. 551-2 du même code dispose que : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2152-1 du code de la commande publique : " Dans les procédures adaptées sans négociation et les procédures d'appel d'offres, les offres irrégulières, inappropriées ou inacceptables sont éliminées. / Dans les autres procédures, les offres inappropriées sont éliminées. Les offres irrégulières ou inacceptables peuvent devenir régulières ou acceptables au cours de la négociation ou du dialogue, à condition qu'elles ne soient pas anormalement basses. Lorsque la négociation ou le dialogue a pris fin, les offres qui demeurent irrégulières ou inacceptables sont éliminées. ". L'article R. 2152-2 du même code prévoit que : " Dans toutes les procédures, l'acheteur peut autoriser tous les soumissionnaires concernés à régulariser les offres irrégulières dans un délai approprié, à condition qu'elles ne soient pas anormalement basses. / La régularisation des offres irrégulières ne peut avoir pour effet d'en modifier des caractéristiques substantielles. ". Un pouvoir adjudicateur ne peut attribuer un marché à un candidat qui ne respecterait pas une des prescriptions imposées par le règlement de la consultation.
5. Il ressort de la section IV du du règlement de la consultation du marché en litige que les fiches horaires de chaque lot font partie des pièces composant le dossier de consultation. Il est constant que les candidats devaient présenter leurs offres en tenant compte notamment de ces fiches horaires. Par ailleurs, l'article 6-5 du CCTP prévoyait que " les circuits exécutés par le titulaire peuvent faire l'objet d'enchaînement avec un/des circuit(s) du présent marché, d'un autre marché déjà passé avec la région BFC ou avec d'autres circuits privés en dehors des activités de la région BFC. Les enchaînements proposés devront être cohérents avec les fiches horaires, et respecter les heures d'arrivée et de départ des établissements scolaires. ".
6. Il est constant que la SAS Transports Ramousse a proposé un enchaînement pour les circuits Arbois - Salins-les-Bains (S501-02) et Salins-les-Bains ville (M522-02) en contradiction avec les fiches horaires fournies par le pouvoir adjudicateur aux candidats. Par suite, la région Bourgogne Franche-Comté était en droit de regarder l'offre comme irrégulière sans inviter la requérante à la régulariser alors même que par le passé la région avait usé de la faculté de demander des précisions pour des offres qui ne respectaient pas initialement les prescriptions du marché. La SAS Transports Ramousse n'est dès lors pas fondée à soutenir que la région aurait manqué à " l'obligation de transparence des procédures ".
7. En second lieu, il n'appartient pas au juge du référé précontractuel d'apprécier les mérites respectifs des offres des candidats. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que son offre était la mieux à même de répondre aux besoins qu'il appartient au seul pouvoir adjudicateur de définir.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SAS Transports Ramousse présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de la région Bourgogne Franche-Comté qui ne présente pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros chacune à verser à la région Bourgogne Franche-Comté et à la société Bully-Les Cars jurassiens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SAS Transports Ramousse est rejetée.
Article 2 : La SAS Transports Ramousse versera à la région Bourgogne Franche-Comté et à la société Bully-Les Cars jurassiens la somme de 1 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Transports Ramousse, à la région Bourgogne Franche-Comté et à la société Bully-Les Cars jurassiens.
Fait à Besançon, le 20 juillet 2023.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026