mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301512 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2023, M. C B et Mme A B demandent au tribunal de leur accorder la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 5 775,01 euros.
Ils soutiennent qu'ils sont de bonne foi et qu'ils se trouvent dans une situation de précarité ne leur permettant pas de rembourser l'indu mis à leur charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, le département du Jura conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 février 2023 et le 15 février 2023, la caisse d'allocations familiales (CAF) du Jura a informé M. B qu'il devait rembourser des indus de RSA de 3 575,01 euros et 2 200 euros pour les périodes du 1er mars 2021 au 31 mai 2022 et du 1er juin 2022 au 31 janvier 2023. La demande de remise gracieuse de ces indus a été rejetée par le président du conseil départemental du Jura le 24 mai 2023. M. et Mme B sollicitent une remise totale de ces indus.
Sur le cadre juridique applicable :
2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
3. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
Sur la demande de remise de dettes :
4. Il résulte de l'instruction que les indus en litige ont pour origine la non déclaration de pensions alimentaires versées au couple par les parents de Mme B au cours de la période de mars 2021 à janvier 2023, ces pensions ayant été découvertes à la suite d'un contrôle de la CAF du Jura. A l'appui de leur demande de remise gracieuse, M. et Mme B soutiennent qu'ils ont suivi les conseils de la CAF du Jura et font valoir leur situation financière précaire en tant qu'allocataires du RSA. Cependant, il résulte du rapport d'évaluation sociale établi par le département du Jura, que si les ressources mensuelles du couple s'élèvent à 989,76 euros par mois alors que l'ensemble des charges mensuelles, y compris le remboursement des indus en litige, est de 1 115,48 euros, M. B a perçu un héritage de 40 620 euros en janvier 2023. Dans ces conditions, et à supposer qu'ils aient été de bonne foi, il ne résulte pas des éléments précités que les requérants se trouvent, à la date du présent jugement, dans une situation rendant impossible le remboursement des indus en litige.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, Mme A B et au département du Jura.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Jura.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
A. PernotLa greffière,
N. Viennet
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
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