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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2301845

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2301845

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2301845
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantPERREY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Perrey, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 15 juillet 2023 du préfet du Doubs portant rejet implicite de la demande de titre de séjour qu'il a déposée le 15 mars 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet du Doubs, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans le délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, subsidiairement de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il ne peut justifier d'un titre de séjour en cours de validité alors qu'il a réalisé des démarches aux fins de régularisation de sa situation administrative restées sans réponse, qu'il ne perçoit plus de ressources depuis le mois de mars 2023, qu'il peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement à tout moment et est placé en situation de précarité ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse dès lors qu'il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs, que la décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2301844, enregistrée le 27 septembre 2023, tendant à l'annulation de la décision implicite visée au 1°).

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci, cette présomption pouvant néanmoins être levée au regard notamment des éléments particuliers apportés en défense. Conformément aux dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative, il incombe au demandeur de justifier dans sa requête de l'urgence de l'affaire lorsque la demande de suspension vise non pas un refus de renouvellement mais un premier refus de titre de séjour.

3. M. A B, ressortissant tunisien né en 1987 et arrivé en France en 2017 sous couvert d'un visa Schengen délivré le 4 octobre 2017, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du préfet du Doubs portant rejet implicite de la demande de titre de séjour qu'il a déposée le 15 mars 2023. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, M. B, qui ne peut se prévaloir de la présomption rappelée au point précédent, fait valoir qu'il ne dispose pas d'un titre de séjour en cours de validité alors qu'il a réalisé des démarches aux fins de régularisation de sa situation administrative restées sans réponse, qu'il ne perçoit plus de ressources depuis le mois de mars 2023, qu'il peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement à tout moment et est placé en situation de précarité. Toutefois, si l'intéressé se prévaut d'une durée de présence de cinq ans sur le territoire français, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas même allégué que sa présence aurait été pour partie au moins régulière après la durée de validité du visa Schengen. Il sera loisible au requérant, qui s'est ainsi maintenu en situation irrégulière et a attendu le mois de mars 2023 avant de solliciter du préfet du Doubs la régularisation de sa situation administrative, de contester une éventuelle mesure d'éloignement prise à son encontre et qui n'est, à ce jour, qu'une éventualité. Dans ces conditions, et nonobstant ses efforts d'intégration par le travail et la privation de ressources perçues sans autorisation de travail, M. B ne justifie pas, au sens de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative, d'une situation d'urgence.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 2301845 de M. B est rejetée en toutes ses conclusions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête n° 2301845 de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera transmise au préfet du Doubs.

Fait à Besançon le 28 septembre 2023.

Le juge des référés,

C. Schmerber

La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier

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