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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2302124

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2302124

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2302124
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2023, Mme C B épouse A, représentée par Me Bekpoli, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer une attestation de prorogation de ses droits au séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 3 jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'arrivée régulièrement en France le 3 avril 2023, elle s'est installée à Montbéliard avec son conjoint et a déposé le 1er août 2023 une pré-demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français, dont elle a eu confirmation de l'enregistrement ; elle n'a eu de cesse de suivre l'évolution de son dossier, mais plusieurs demandes de pièces complémentaires lui ont été adressées auxquelles elle a répondu avec diligence ; son visa est arrivé à expiration le 27 septembre 2023, de sorte qu'elle se trouve en situation irrégulière et exposée à une mesure d'éloignement ; elle ne peut pas exercer d'activité professionnelle ni percevoir d'aide au logement ; il est porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée ; la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B épouse A, ressortissante ivoirienne née le 18 octobre 1975, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer une attestation de prorogation de ses droits au séjour l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative. Enfin, le juge des référés ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Mme B épouse A fait valoir que, depuis l'expiration de son visa le 27 septembre 2023, elle se trouve en situation irrégulière, exposée au risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et privée de la possibilité de percevoir l'aide au logement et de travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de son conjoint, retraité. D'une part, l'édiction à l'encontre de la requérante n'est qu'une possibilité qui, si elle devait se réaliser, ouvrirait à l'intéressée des voies de recours permettant de contester une telle décision. D'autre part, et alors que la situation administrative de la requérante ne faisait pas obstacle à des démarches de recherche d'emploi, en se bornant à se prévaloir de l'impossibilité dans laquelle elle se trouve désormais d'exercer une activité professionnelle, alors au demeurant que le couple n'est pas privé de toutes ressources, Mme B épouse A ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La seule circonstance que l'aide au logement ne peut lui être servie en l'absence de situation régulière sur le territoire ne permet pas davantage de caractériser une situation d'urgence.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête aux fins d'injonction ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A.

Copie en sera adressée au préfet du Doubs.

Fait à Besançon, le 16 novembre 2023.

Le juge des référés,

C. Schmerber

La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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