LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400102

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400102

mardi 18 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400102
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantDRAVIGNY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a été saisi par M. B..., ressortissant bosnien, d’une demande d’indemnisation fondée sur l’illégalité fautive d’un arrêté du préfet du Doubs du 20 juin 2019 refusant de lui délivrer un titre de séjour, annulé par un arrêt définitif de la cour administrative d’appel de Nancy du 20 octobre 2020 pour méconnaissance des dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le tribunal a reconnu la responsabilité de l’État pour cette faute, mais a rejeté l’intégralité des demandes indemnitaires de M. B..., faute pour lui d’établir un lien direct et certain entre l’illégalité et les préjudices matériel, moral et de perte de chance allégués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024, M. A... B..., représenté par Me Dravigny, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 18 023,13 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 août 2023 et de la capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice qu’il a subi résultant de l’illégalité de l’arrêté édicté par le préfet du Doubs le 20 juin 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros hors taxes à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient que :
- la responsabilité de l’Etat est engagée en raison de l’illégalité fautive entachant l’arrêté du 20 juin 2019 par lequel le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
- il a subi un préjudice matériel résultant de l’impossibilité de payer ses cotisations d’assurance et les frais de recouvrement, qu’il évalue à la somme de 523,13 euros ;
- la perte chance sérieuse de trouver un emploi devra être indemnisée à hauteur à 2 500 euros ;
- son préjudice moral et les troubles dans ses conditions d’existence devront être indemnisés à hauteur de 15 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Le préfet du Doubs soutient que les moyens invoqués par M. B... ne sont pas fondés.

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 10 novembre 2023.

Vu :
les autres pièces du dossier ;
l’arrêt n° 20NC00863 du 20 octobre 2020 de la cour administrative d’appel de Nancy.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Debat, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :


M. B..., ressortissant bosnien né le 31 décembre 1984, est entré en France le 19 décembre 2010. Le 30 juillet 2012, il a obtenu la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour de six mois, puis quatre cartes de séjour temporaires en qualité d’étranger malade. Par un arrêté du 27 décembre 2016, le préfet du Doubs a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B... et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 20 juin 2019, la demande de renouvellement du titre de séjour de M. B... du 8 janvier 2019 a été refusée par le préfet du Doubs qui lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n° 1901420 du 14 novembre 2019, le tribunal administratif de Besançon a rejeté la demande de M. B... tendant à l’annulation de ces décisions. Puis, par un arrêt n° 20NC00863 du 20 octobre 2020, la cour administrative d’appel de Nancy a annulé les décisions litigieuses et a enjoint au préfet du Doubs, eu égard au motif de l’annulation du refus de titre de séjour fondé sur l’état de santé de M. B..., de lui délivrer une carte de séjour temporaire. Par un courrier du 10 août juillet 2023 notifiée le 16 août 2023, M. B... a demandé au préfet du Doubs de l’indemniser des préjudices résultant de cette illégalité. A la suite du rejet de cette demande le 2 octobre 2023, M. B... demande au tribunal de condamner l’Etat à lui verser la somme de 18 023,13 euros en réparation desdits préjudices.

Sur les conclusions à fin d’indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité de l’Etat :

Par un arrêt n° 20NC00863 du 20 octobre 2020, la cour administrative d’appel de Nancy a annulé l’arrêté du 20 juin 2019 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français au motif que le préfet du Doubs avait méconnu les dispositions de l’article L. 311-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, devenu l’article L. 425-9 du même code. Cet arrêt étant devenu définitif, l’illégalité de l’arrêté du 20 juin 2019 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’Etat.

En ce qui concerne les préjudices :

En premier lieu, M. B... soutient qu’en exécution de la décision illégale de refus de titre de séjour, il n’a pas perçu l’allocation d’aide aux adultes handicapés ainsi que l’allocation d’aide personnalisée au logement dont il bénéficiait, et que cette perte de ressources l’a placé dans l’impossibilité de payer ses cotisations d’assurance et ses factures de téléphone, ce qui l’a rendu débiteur de frais de recouvrement qu’il évalue à un montant de 523,13 euros.

Toutefois, M. B... n’établit pas qu’il percevait l’aide personnalisée au logement ni que le versement des allocations précitées a été effectivement arrêté entre le 7 mars 2019 et le 22 octobre 2020, période au cours de laquelle il a été illégalement privé de titre de séjour. Dans ces conditions, le lien direct et certain entre les frais de recouvrement invoqués et l’illégalité fautive commise par le préfet du Doubs n’apparaît pas établi. Par suite, il n’y a pas lieu d’indemniser M. B... au titre du préjudice matériel dont il se prévaut, résultant des frais imposés en raison de sa perte de ressources.

En deuxième lieu, s’il résulte de l’instruction que M. B... était inscrit, à la date du 28 juin 2019, sur une liste d’attente en vue de bénéficier d’un accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle par l’AFTC Bourgogne Franche-Comté, il n’établit pas avoir été empêché de bénéficier de cet accompagnement. Il ne verse en outre au dossier aucune promesse d’embauche ni aucun autre document de nature à établir qu’il aurait été privé d’une chance sérieuse de bénéficier d’un emploi entre le 7 mars 2019 et le 22 octobre 2020, date de délivrance du récépissé de demande de titre de séjour. La circonstance, au demeurant non établie, qu’il a dû arrêter sa formation au permis de conduire n’est pas suffisante au soutien de cette affirmation. Dans ces conditions, le requérant n’est pas fondé à soutenir que l’illégalité de l’arrêté du 20 juin 2019 lui a causé un préjudice au titre d’une perte de chance d’occuper un emploi et de cotiser pour sa retraite.

En troisième lieu, il est constant que M. B... souffre de troubles neuropsychologiques et moteurs très graves. A cet égard, le requérant produit un certificat médical daté du 10 mai 2021 faisant état d’une aggravation importante de son état psychique et neurologique en lien avec l’attente de la régularisation de sa situation administrative. Le requérant fait également valoir que l’illégalité fautive du préfet du Doubs a entraîné un sentiment d’angoisse profond pendant seize mois en raison de la crainte d’être renvoyé à tout moment dans son pays d’origine. Eu égard à ces éléments, dans le contexte des troubles neuropsychologiques et moteurs antérieurs dont il souffre, M. B... est fondé à soutenir que la faute résultant de l’illégalité du refus de renouvellement de son titre de séjour a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d’existence. Dans les circonstances de l’espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l’évaluant à la somme de 5 000 euros.






Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

D’une part, le requérant a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 5 000euros à compter du 16 août 2023, date de réception par le préfet du Doubs de sa demande indemnitaire préalable.
D’autre part, le requérant a droit à la capitalisation des intérêts, demandés dans sa requête enregistrée le 19 janvier 2024, au 16 août 2024, date à laquelle est due une année d’intérêts, puis à chaque échéance annuelle ultérieure.

Sur les conclusions tendant à l’application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Dravigny en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir le montant de l’aide juridictionnelle.



DECIDE :


Article 1er : L’Etat est condamné à verser à M. A... B... la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 août 2023. Les intérêts échus le 16 août 2024 seront capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts à compter de cette date, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 2 : Il est mis à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Dravigny sur le fondement de l’article L. 761-1 du code justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir le montant de l’aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au préfet du Doubs et à Me Dravigny.



Délibéré après l’audience du 21 octobre 2025 à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Fessard-Marguerie, conseillère.








Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2025.


Le rapporteur,




P. DebatLa présidente,




F. MichelLa greffière,




E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,
La greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions