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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400515

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400515

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400515
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL BLT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024 sous le n° 2400515, Mme B A, représentée par Me Erdem, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024 prononçant son exclusion définitive à effet immédiat de l'institut de formation de professions de santé (IFPS) de Besançon, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Besançon une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- elle justifie de l'existence d'une situation d'urgence à terminer sa scolarité entreprise il y a plus de trois ans et à conserver ses acquis dans l'hypothèse d'une poursuite de sa formation dans un établissement privé ; de plus, elle se trouve privée de toute ressource, sans droit à indemnisation ni à formation ;

- s'agissant de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : celle-ci est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'entre dans aucune des situations individuelles visées par l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 modifié fixant les prérogatives de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants ; elle est entachée d'une erreur de droit relativement à l'article 16 du même décret, la section ne s'étant pas réunie dans le délai d'un mois suivant la survenue des faits qui lui sont reprochés en cours de stage, ledit stage n'ayant pas été suspendu et elle-même n'ayant pas été alertée sur sa situation ni informée de l'existence d'un premier rapport rédigé en février 2023 et de la mise en place d'un suivi pédagogique renforcé ; la décision méconnaît l'article 18 du même arrêté, en ce qu'elle n'est pas suffisamment motivée ; la décision est entachée d'une erreur de fait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, l'institut de formation de professions de santé de Besançon et le centre hospitalier universitaire de Besançon, représentés par Me Bonnet, concluent au rejet de la requête en soutenant qu'aucune des conditions cumulatives fixées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est satisfaite, compte tenu en particulier s'agissant de l'urgence de l'intérêt général faisant obstacle à la demande de suspension sollicitée. Il est en outre demandé qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu la requête n° 2400516 enregistrée le 21 mars 2024 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 3 avril 2024, en présence de Mme Chiappinelli, greffière, ont été entendus :

- le rapport de Mme Schmerber, juge des référés ;

- les observations de Me Erdem, pour Mme A, présente ;

- et les observations de Me Denizot, substituant Me Bonnet, pour le centre hospitalier de Besançon et l'institut de formation de professions de santé.

A l'audience, les parties ont repris et développé leurs écritures.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction ;

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, étudiante en troisième année à l'institut de formation de professions de santé (IFPS) de Besançon a fait l'objet, par décision du 11 mars 2024 de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, d'une exclusion définitive à compter de la même date. Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il est disposé par l'article 2 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux que dans chaque institut préparant au diplôme d'Etat d'infirmier, sont constituées, notamment, " une section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants " et " une section compétente pour le traitement des situations disciplinaires ". Aux termes de l'article 15 du même arrêté, la première " rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ; 2. Demandes de redoublement formulées par les étudiants ; 3. Demandes d'une période de césure formulées par les étudiants () / Le dossier de l'étudiant, accompagné d'un rapport motivé du directeur, est transmis au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section. / L'étudiant reçoit communication de son dossier dans les mêmes conditions que les membres de la section. La section entend l'étudiant, qui peut être assisté d'une personne de son choix. / L'étudiant peut présenter devant la section des observations écrites ou orales. () ". L'article 16 du même arrêté dispose que " Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : - soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; - soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ". L'article 17 prévoit que " Les décisions de la section font l'objet d'un vote à bulletin secret. Les décisions sont prises à la majorité. () ". Enfin, aux termes de l'article 18 de l'arrêté : " Un avertissement peut également être prononcé par le directeur sans consultation de cette section. Dans ce cas, l'étudiant reçoit préalablement communication de son dossier. Il est entendu par le directeur de l'institut et peut se faire assister d'une personne de son choix. Le directeur de l'institut organise l'entretien en présence d'un professionnel de l'institut. La sanction motivée est notifiée par écrit à l'étudiant dans un délai de cinq jours ouvrés et figure dans son dossier pédagogique. ".

4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'une situation d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier universitaire de Besançon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la défense en application de ces dispositions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Besançon et l'institut de formation de professions de santé sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Besançon.

Copie en sera adressée à l'institut de formation de professions de santé de Besançon.

Fait à Besançon le 4 avril 2024.

Le juge des référés,

C. Schmerber

La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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