mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400539 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2024, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Bourgogne Franche-Comté demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de Mme C A du logement qu'elle occupe à la résidence universitaire Colette à Besançon.
Il soutient que :
- à l'issue de l'année universitaire 2022-2023, Mme A n'a pas fait de démarches pour le renouvellement de sa chambre et elle n'a pas donné suite aux courriers l'informant de sa qualité d'occupant sans droit ni titre ;
- il est urgent et utile que l'intéressée quitte les lieux afin d'assurer le bon fonctionnement du service public du logement étudiant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2024, Mme C A, représentée par Me Berger, demande au juge des référés :
1°) de lui octroyer l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, de rejeter la requête et, à titre subsidiaire, de l'autoriser à se maintenir dans les lieux jusqu'à la fin de l'année universitaire.
Elle fait valoir que :
- il n'est pas justifié que la décision portant constat d'occupation sans droit ni titre est signée par une personne habilitée ;
- la demande d'expulsion présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est insuffisamment motivée qu'il s'agisse de l'urgence ou de l'utilité de la mesure sollicitée ;
- ces conditions, d'urgence et d'utilité, ne sont pas satisfaites dès lors, d'une part, qu'elle a effectué les démarches de renouvellement et justifie de sa qualité d'étudiante et, d'autre part, que le CROUS n'a pas apprécié l'urgence au regard de sa situation particulière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la circulaire de gestion locative du 28 février 2023 ;
- le règlement intérieur des résidences universitaires ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 avril 2024 en présence de Mme Matusinski, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Schmerber, juge des référés ;
- les observations de M. B, pour le CROUS de Bourgogne Franche-Comté, qui reprend l'argumentation de la requête et ajoute que, à ce jour, Mme A occupe toujours indûment la chambre, alors que l'institut supérieur des beaux-arts n'a pas renouvelé la convention aux termes de laquelle la prise en charge des loyers était assurée et que s'agissant du renouvellement de son dossier, Mme A n'a pas été en mesure de déposer un dossier complet ;
- les observations de Me Berger, pour Mme A, qui revient sur le paiement du loyer pour les mois de juillet-août 2023 par une structure caritative, puis la tentative de paiement pour septembre 2023 par Mme A, tout en admettant l'absence de règlement depuis. Elle ajoute que si elle rencontre des difficultés au regard de son droit au séjour après un arrêt de la CAA de Nancy, elle a néanmoins contracté une assurance pour le logement CROUS et en atteste. Elle précise que pour les années précédentes, dans le cadre de la convention avec l'ISBA, le renouvellement du dossier CROUS était automatique. Elle insiste, enfin, sur l'absence d'urgence à lui faire quitter les lieux alors qu'elle réussit brillamment dans ses études et que l'année universitaire en cours doit s'achever dans deux mois, avec l'obtention de son diplôme ;
- et les observations de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête susvisée, il y a lieu d'admettre Mme C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
4. Il incombe au juge administratif, saisi d'un litige relatif à l'expulsion d'un occupant d'un logement situé dans une résidence gérée par un CROUS, de prendre en compte, d'une part, la nécessité d'assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public dont cet établissement public a la charge et, d'autre part, la situation de l'occupant ainsi que les exigences qui s'attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale. Il en va notamment ainsi lorsque, saisi d'une demande d'expulsion en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés apprécie, pour décider s'il y a lieu d'y faire droit, si les conditions d'utilité et d'urgence posées par cet article sont remplies.
5. Il résulte de ce qui précède, alors que Mme A ne conteste pas les éléments retenus par le CROUS concernant les conditions d'occupation du logement, qu'est sans incidence sur le litige la circonstance que la décision portant constat d'occupation sans droit ni titre ne serait pas signée par une personne habilitée.
6. Il résulte de l'instruction que Mme A occupait un logement dans la résidence susmentionnée dans le cadre d'une convention conclue avec l'institut des beaux-arts de Besançon, aux termes de laquelle cet établissement prenait en charge le paiement des loyers et Mme A n'avait pas à renouveler annuellement sa demande de logement auprès du CROUS. L'ISBA n'ayant pas souhaité reconduire ladite convention, il est constant que Mme A n'a pas déposé de demande de réadmission pour la rentrée universitaire 2023-2024 malgré les relances des services du CROUS. En outre, l'intéressée admet, alors que la cour administrative d'appel de Nancy s'est prononcé sur son droit au séjour, qu'elle n'est pas en mesure de déposer un dossier complet, en particulier en l'absence de titre de séjour. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et des débats à l'audience, que les loyers ne sont plus honorés depuis le mois d'octobre 2023. Ainsi, Mme A ne justifie plus d'aucun droit ou titre l'habilitant à occuper un logement au sein de la résidence universitaire Colette à Besançon. Elle se maintient toutefois dans les lieux, de sorte que la demande du CROUS de Bourgogne Franche-Comté ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
8. Le refus caractérisé des occupants des logements mis à disposition par le CROUS de libérer le logement qu'ils occupent, alors même qu'ils ne remplissent plus les conditions pour en bénéficier, porte atteinte au fonctionnement du service public du logement des étudiants, eu égard notamment à la difficulté pour l'organisme gestionnaire de pourvoir à toutes les demandes. Par suite, la mesure demandée présente les caractères d'urgence et d'utilité exigés par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre à Mme A et à tous occupants de son chef d'évacuer le logement mis à sa disposition au sein de la résidence universitaire Colette à Besançon.
9. Toutefois, après avoir obtenu le diplôme national d'art conférant le grade de licence, avec mention, puis le diplôme national supérieur d'expression plastique conférant le grade de master, Mme A est inscrite pour l'année universitaire en cours en licence METI (métiers de l'exposition et technologies de l'information) et verse à l'instance, une attestation de la responsable de formation indiquant les notes obtenues par l'intéressée et sa certitude que la formation sera validée et le diplôme obtenu. Par suite, dans les circonstances très particulières de l'espèce, il y a lieu d'accorder à Mme A pour quitter les lieux un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
ORDONNE :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à Mme A et à tous occupants de son chef de libérer le logement étudiant qu'elle occupe au sein de la résidence universitaire Colette à Besançon, dans un délai de trois mois suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Bourgogne Franche-Comté, à Mme C A et à Me Berger.
Fait à Besançon, le 17 avril 2024.
La juge des référés,
C. Schmerber
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026