LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400548

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400548

vendredi 25 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400548
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantTCHOLAKIAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de M. B, ressortissant turc, qui demandait l'annulation du refus du préfet du Territoire de Belfort de lui délivrer une carte de résident. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision, celui-ci bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Il a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la condition d'intégration républicaine prévue à l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était pas remplie, en raison de la gravité des condamnations pénales de l'intéressé pour viol sur mineur, malgré l'ancienneté des faits.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 mars 2024, M. C B, représenté par Me Tcholakian, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 janvier 2024 par laquelle le préfet du Territoire de Belfort lui a refusé la délivrance d'une carte de résident ;

2°) d'enjoindre au préfet du Territoire de Belfort de lui délivrer une carte de résident dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Territoire de Belfort de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Goyer-Tholon, conseillère, a donné lecture de son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 10 avril 1971, est arrivé en France en 1983 à l'âge de douze ans, par le biais d'une procédure de regroupement familial. Il a obtenu, à l'âge de seize ans, une carte de résident valable dix ans à compter de 1987. En 1995, il a toutefois fait l'objet d'une condamnation pénale privative de liberté. Un arrêté d'expulsion a été pris à son encontre le 31 janvier 2001. M. B a obtenu l'abrogation de son arrêté d'expulsion par le préfet du Doubs, le 7 décembre 2006. En 2007, M. B s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire qui lui a été régulièrement renouvelée jusqu'en 2017. Il a sollicité la délivrance d'une carte de résident qui lui a été refusée par une décision du 20 mars 2017, au motif qu'il ne justifie pas d'une intégration républicaine. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par le tribunal administratif de Besançon, par un jugement du 26 juin 2018. Par la suite, M. B a obtenu une carte de séjour pluriannuelle valable du 27 mars 2017 au 26 mars 2019. Le 11 février 2019, il a sollicité la délivrance d'une carte de résident que la préfète du Territoire de Belfort lui a refusée par une décision du 1er avril 2019, au motif que sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. Ce refus a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Besançon du 16 juin 2020, qui a ordonné le réexamen de sa situation. Dans le cadre de ce réexamen, le bénéfice d'une carte de résident a de nouveau été refusé à l'intéressé et il a obtenu une carte de séjour pluriannuelle en qualité de parent d'enfant français, valable jusqu'au 2 novembre 2023. Dans le cadre du renouvellement de cette carte de séjour, M. B a de nouveau sollicité une carte de résident de dix ans, qui lui a été refusée par le préfet du Territoire de Belfort par une décision du 24 janvier 2024. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ce dernier refus.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. D A, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture du Territoire de Belfort, qui, par un arrêté du 31 mai 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Territoire de Belfort le 1er juin 2023, a reçu du préfet du Territoire de Belfort délégation pour signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision contestée doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6, L. 423-10 ou L. 423-16, de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue aux articles L. 421-12, L. 421-25, L. 424-5, L. 424-14 ou L. 426-19, ainsi que de la carte de résident permanent prévue à l'article L. 426-4 est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. / Pour l'appréciation de la condition d'intégration, l'autorité administrative saisit pour avis le maire de la commune dans laquelle l'étranger réside. Cet avis est réputé favorable à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l'autorité administrative. () ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné par la cour d'assises du Doubs, en 1995, à une peine d'emprisonnement de douze ans ainsi qu'à la privation de ses droits civiques, civils et de la famille pour une durée de dix ans, pour un viol commis sur mineur de quinze ans le 9 octobre 1993 et des faits d'incitation à la débauche d'un mineur de seize ans. Dans le cadre de ses écritures à l'encontre de la décision contestée, M. B se prévaut de l'ancienneté de ces condamnations et de son intégration dans la société française, notamment par son activité professionnelle et la présence de ses quatre enfants français, dont trois sont majeurs.

5. Toutefois, il a également été condamné en 2002 à deux mois d'emprisonnement pour entrée ou séjour irrégulier d'un étranger en France et soustraction à l'exécution d'un arrêté d'expulsion. Enfin, en 2021, il a été également condamné à 1 000 euros d'amende pour non déclaration de changement d'adresse par une personne enregistrée dans le fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Ainsi, quand bien même le maire de Cravanche a émis un avis favorable à la délivrance d'une première carte de résident, il ressort des pièces du dossier que M. B a à plusieurs reprises gravement méconnu les principes qui régissent la République française et il ne peut dans ces conditions se prévaloir d'une intégration républicaine dans la société française. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Territoire de Belfort.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente ;

- M. Debat, premier conseiller ;

- Mme Goyer-Tholon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2025.

La rapporteure,

C. Goyer-Tholon

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions