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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400567

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400567

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400567
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantCABINET SELURL CHIFFERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, un mémoire en réplique non communiqué, enregistré le 25 juin 2024, et un second mémoire en réplique, enregistré le 30 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Brandone, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal (CHI) de Haute-Comté, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser 35 423,19 euros à titre de provision sur les sommes qui lui sont dues pour l'indemnisation de l'infection nosocomiale en lien avec l'intervention chirurgicale pratiquée le 20 juin 2022 ;

2°) de mettre à la charge du CHI de Haute-Comté la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- elle a été victime d'une infection nosocomiale en lien avec son hospitalisation au CHI de Haute-Comté le 20 juin 2022 ;

- l'indemnisation de ses préjudices incombe au CHI de Haute-Comté dès lors que le déficit fonctionnel permanent imputable à cette infection a été évalué à 2 % ;

- le CHI de Haute-Comté doit être condamné à lui verser les sommes suivantes à titre de provision :

* 644,50 euros pour frais divers ;

* 3 587,50 euros pour le déficit fonctionnel temporaire ;

* 1 493,45 euros pour assistance par tierce personne temporaire ;

* 10 697,74 euros pour pertes de gains professionnels ;

* 15 000 euros pour les souffrances endurées ;

* 4 000 euros pour préjudice esthétique temporaire.

Par un mémoire, enregistré le 11 avril 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Saône, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie du Doubs, indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 avril et 26 septembre 2024, le CHI de Haute-Comté, représenté par Me Chiffert, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, de limiter la provision à allouer à Mme B à la somme de 7 074,10 euros et à la réduction des frais de justice au titre de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- seuls les préjudices en lien avec l'infection nosocomiale ont vocation à faire l'objet d'une indemnisation ;

- l'indemnisation de Mme B doit être limitée aux sommes suivantes :

* 1 664,10 euros pour le déficit fonctionnel temporaire ;

* 510 euros pour assistance par tierce personne temporaire ;

* 4 000 euros pour les souffrances endurées ;

* 900 euros pour préjudice esthétique temporaire.

La requête a été communiquée à la mutuelle la frontalière et au groupe mutuel qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les rapports d'expertise des 12 janvier 2023 et 10 juin 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Michel en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 5 avril 1964, a subi le 20 juin 2022 une intervention chirurgicale au CHI de Haute-Comté consistant en une reprise pour instabilité d'une prothèse totale de la hanche gauche. Dès le 5 juillet suivant, elle a ressenti des douleurs à la hanche gauche, qui s'intensifiaient. Au vu d'un constat d'une inflammation de la cicatrice, une intervention chirurgicale a été réalisée au CHI de Haute-Comté le 10 juillet 2022 pour un lavage de la hanche gauche, une synovectomie et un changement de pièces mobiles de la prothèse. Le 11 juillet 2022, une infection de la hanche gauche par un germe staphylocoque aureus méthicillino-sensible a été identifiée. Une antibiothérapie a été instaurée. Au retour à son domicile à la suite de son hospitalisation, les douleurs de Mme B ont persisté. Elle a consulté le 30 juillet 2022 le service des urgences du centre hospitalier universitaire de Besançon. Dans ce cadre, un drainage d'une collection purulente avec retour à domicile et prescription de soins infirmiers quotidiens a tout d'abord été réalisé. Par la suite, le 20 septembre 2022, il a été procédé à une opération de dépose-repose de la prothèse de la hanche gauche de l'intéressée. Au cours de cette intervention, une nouvelle infection par le germe staphylocoque aureus méthicillino-sensible a été diagnostiquée. Mme B a ensuite été admise à la clinique Saint Pierre de Pontarlier pour une période de convalescence du 11 octobre au 9 décembre 2022. La commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) de Franche-Comté, a été saisie le 21 octobre 2022 par Mme B. Elle a rendu, à la suite du rapport d'expertise établi le 12 janvier 2023 par deux médecins spécialistes inscrits sur la liste nationale des experts en accidents médicaux, un avis le 1er mars 2023 qui conclut que la réparation des préjudices de la requérante incombe à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) dès lors que l'intéressée a été victime d'une infection nosocomiale. La CCI de Franche-Comté ne s'est pas prononcée sur le taux de déficit fonctionnel permanent de la requérante en l'absence de consolidation de son état de santé. Par une décision du 21 novembre 2023, l'ONIAM a refusé de présenter une offre d'indemnisation à la requérante. La demande de provision du 19 décembre 2023 de la requérante, adressée au CHI de Haute-Comté a été rejetée. Un second rapport d'expertise a été rendu le 10 juin 2024. Il a procédé à l'évaluation des dommages et fixé la date de la consolidation au 7 septembre 2023, date de la dernière consultation orthopédique.

2. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le CHI de Haute-Comté au versement d'une provision à hauteur de 35 423,19 euros pour les préjudices subis.

Sur les conclusions aux fins de provision :

3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.

En ce qui concerne le principe de la responsabilité :

4. Aux termes du deuxième paragraphe de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - () Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; () ". L'article D. 1142-1 du même code fixe à 24 % le seuil de gravité prévu par ces dispositions.

5. Il résulte des dispositions citées au point précédent, d'une part, que les établissements, services ou organismes, dont fait partie le CHI de Haute-Comté, sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales contractées à l'occasion des lesquels sont effectués des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins qu'ils réalisent, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère et, d'autre part, que ces dommages correspondant à un taux d'atteinte à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % sont réparés au titre de la solidarité nationale.

6. Au cas d'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment des rapports des 12 janvier 2023 et 10 juin 2024 de l'expertise diligentée à la demande de la CCI de Franche-Comté le 24 novembre 2022, que Mme B a présenté une infection nosocomiale à la hanche gauche en lien avec l'intervention chirurgicale du 20 juin 2022 pratiquée au CHI de Haute-Comté. L'état de santé de la requérante, au regard de cette infection, a été consolidé au 7 septembre 2023 et le déficit fonctionnel permanent imputable à cette infection a été évalué à 2 %.

7. Dans ces conditions, la réparation des préjudices subis par Mme B du fait de cette infection nosocomiale incombe au CHI de Haute-Comté. En outre, cette obligation du CHI de Haute-Comté à l'égard de la requérante présente, dans son principe, un caractère non sérieusement contestable au sens des dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant des frais divers :

7. Mme B justifie, au regard de la facture de la clinique Saint Pierre de Pontarlier en date du 9 décembre 2022, de dépenses restées à sa charge à hauteur de 644,50 euros du fait de sa période de convalescence dans cet établissement consécutive à la nouvelle opération de dépose-repose de la prothèse de sa hanche gauche réalisée au centre hospitalier universitaire de Besançon le 20 septembre 2022, en lien avec l'infection nosocomiale contracté au CHI de Haute-Comté. L'existence de l'obligation dont se prévaut la requérante n'est donc pas sérieusement contestable jusqu'à concurrence du montant précité.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

8. Mme B sollicite une indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire total ou partielle du 9 juillet 2022 au 11 janvier 2023.

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise du 12 janvier 2023, que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire total les 20 et 21 juin 2022, du 9 au 18 juillet 2022, les 30 et 31 juillet 2022, du 19 au 30 septembre 2022 et du 11 octobre au 9 décembre 2022, périodes durant lesquelles elle a été hospitalisée à temps complet, et un déficit fonctionnel temporaire de 50 % du 22 juin au 8 juillet 2022, du 19 au 29 juillet 2022, du 1er août au 18 septembre 2022, du 1er au 10 octobre 2022 et du 10 décembre 2022 au 11 janvier 2023, date de la première réunion d'expertise.

10. Cependant, il résulte du rapport d'expertise précité qu'en l'absence de complication, la requérante aurait tout de même subi un déficit fonctionnel temporaire total les 20 et 21 juin 2022, puis un déficit fonctionnel temporaire de 50 % du 22 juin au 20 juillet 2022, de 25 % du 21 juillet au 20 août 2022 et de 10 % du 21 août au 20 septembre 2022.

11. Dans ces conditions, l'indemnisation de la requérante au titre du déficit fonctionnel temporaire en lien avec l'infection nosocomiale doit être calculée en tenant compte de celui résultant des suites normales de l'intervention chirurgicale du 20 juin 2022 soit un déficit fonctionnel temporaire total de 70 jours, pour les périodes du 21 au 30 septembre 2022 et du 11 octobre au 9 décembre 2022, de 90 % de 2 jours, pour les 19 et 20 septembre 2022, de 75 % de 2 jours, pour les 30 et 31 juillet 2022, de 50 % de 53 jours, pour les périodes du 9 au 18 juillet 2022, du 1er au 10 octobre 2022 et du 10 décembre 2022 au 11 janvier 2023, de 40 % de 29 jours, pour la période du 21 août au 18 septembre 2022 et de 25 % de 29 jours, pour les périodes du 21 au 29 juillet 2022 et du 1er au 20 août 2022. En retenant un taux journalier d'indemnisation de 14 euros calculé par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi non sérieusement contestable en l'évaluant pour chacun des taux de déficit fonctionnel temporaire précités à respectivement 980 euros, 25,20 euros, 21 euros, 371 euros, 162,40 euros et 101,50 euros soit un total de 1 661,10 euros.

S'agissant des frais d'assistance par tierce personne :

12. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Ce taux horaire doit prendre en compte le salaire minimum interprofessionnel de croissance augmenté des cotisations sociales dues par l'employeur, la majoration de rémunérations dues les dimanches et jours fériés, ainsi que des congés payés. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours et le taux horaire moyen peut être fixé à 14 euros pour l'aide non spécialisée, l'aide spécialisée étant indemnisée en fonction des frais engagés et justifiés.

13. Mme B sollicite une indemnisation au titre des frais d'assistance par tierce personne pendant les périodes de déficit fonctionnel temporaire de 50 % du 22 juin 2022 à la date de la première expertise. Dans leur rapport du 12 janvier 2023, les experts évaluent la prise en charge de Mme B à une aide humaine non spécialisée de 5 heures hebdomadaires, pendant les périodes de déficit fonctionnel temporaire de 50 %, sans préciser toutefois la part imputable à la pathologie initiale et celle imputable à l'infection nosocomiale. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 9 à 11, l'indemnisation due au titre des frais d'assistance par tierce personne doit être calculée au regard des périodes de déficit fonctionnel temporaire de 50 % en lien avec l'infection nosocomiale, en tenant compte de celles résultant des suites normales de l'intervention chirurgicale, soit un déficit fonctionnel temporaire de 50 % de 29 jours, pour les périodes du 21 au 29 juillet 2022 et du 1er au 20 août 2022, de 80 % de 29 jours, pour la période du 21 août au 18 septembre 2022 et de 100 %, de 43 jours, pour les périodes du 1er au 10 octobre 2022 et du 10 décembre 2022 au 11 janvier 2023. Le préjudice au titre des frais d'assistance par tierce personne peut dès lors être évalué pour chacun des taux de déficit fonctionnel temporaire précités à respectivement 145 euros, 232 euros et 430 euros soit un total de 807 euros.

S'agissant des pertes de gains professionnels :

14. Mme B sollicite une indemnisation au titre des pertes de gains professionnels pour la période du 5 juillet 2022, date de découverte de l'infection nosocomiale, au 4 janvier 2024, date de reprise d'une nouvelle activité professionnelle. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de la première expertise du 12 janvier 2023, que les arrêts de travail du 22 juin au 20 septembre 2022 sont imputables à la pathologie initiale de la requérante et que les arrêts de travail postérieurs, jusqu'à la date de l'expertise sont en lien avec l'infection nosocomiale. Le second rapport d'expertise du 10 juin 2024 indique des arrêts de travail jusqu'au 4 janvier 2024 sans en préciser l'imputabilité et une reprise d'activité professionnelle à temps partiel à compter du 5 janvier 2024 due, à part égale, à la pathologie initiale et à l'infection nosocomiale. Il résulte également de l'instruction que Mme B était en arrêt de travail depuis le 15 janvier 2021 en lien avec sa pathologie initiale et que la rupture de son contrat de travail a pour motif l'épuisement de ses droits aux indemnités journalières perçues depuis la date précitée jusqu'au 14 janvier 2023. Enfin, les bulletins de paie et le relevé des prestations mutuelle produits par la requérante ne sont pas suffisants étayés pour établir la perte de gains professionnels en lien avec l'infection nosocomiale. Dans ces conditions, l'existence de l'obligation dont se prévaut Mme B au titre des pertes de gains professionnels se heurte à une contestation sérieuse.

S'agissant des souffrances endurées :

15. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les souffrances endurées par Mme B sont évaluées à 5,5 sur une échelle de 7, dont 3 sur 7 imputable à l'infection nosocomiale. L'existence de l'obligation dont se prévaut la requérante à ce titre n'est pas sérieusement contestable jusqu'à concurrence d'un montant de 4 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

16. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le préjudice esthétique temporaire subi par Mme B est évalué à 2 sur une échelle de 7, dont 1 sur 7 imputable à l'infection nosocomiale. L'existence de l'obligation dont se prévaut la requérante à ce titre n'est pas sérieusement contestable jusqu'à concurrence d'un montant de 950 euros.

17. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de provision présentée par Mme B n'est pas sérieusement contestable à hauteur d'une somme globale de 8 062,60 euros, qu'il y a lieu de lui allouer sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

18. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHI de Haute-Comté une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Le centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté est condamné à verser à Mme B une somme provisionnelle de 8 062,60 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté versera à Mme B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au centre hospitalier de Haute-Comté, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Saône, à la mutuelle la frontalière et au groupe mutuel.

Fait à Besançon, le 4 octobre 2024.

La juge des référés,

F. Michel

La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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