vendredi 25 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400785 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | WOLDANSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 avril 2024 et 18 avril 2025, M. A B, représenté par Me Woldanski, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 mars 2024 par laquelle le préfet du Doubs a classé sans suite sa demande d'acquisition de la nationalité française ;
2°) d'enjoindre au préfet du Doubs de reprendre l'instruction de sa demande de naturalisation dans le délai d'un mois suivant le jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il a transmis au préfet du Doubs les pièces prévues à l'article 37-1 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet ne pouvait procéder à la consultation des données dans le cadre de l'enquête administrative ;
- les faits qui lui sont reprochés sont anciens et il répond à la condition d'insertion dans la société française exigée pour l'obtention de la nationalité française.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2025, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debat, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 9 août 1989 en Algérie, titulaire d'un certificat de résidence valable jusqu'au 27 juin 2027, a présenté le 4 mai 2022 une demande de naturalisation. A la suite de la transmission de pièces complémentaires par M. B en réponse à la mise en demeure que lui avait adressée le 10 novembre 2023 le préfet du Doubs, ce dernier, par un courrier du 4 mars 2024, a décidé de classer sans suite sa demande. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier qu'en réponse à la demande du préfet du Doubs en date du 10 novembre 2023 de lui transmettre les photocopies des suites judiciaires pour les faits de vol à main armée avec arme à feu contre des établissements industriels et commerciaux commis le 13 mai 2009 à Belfort, et de vol avec violence n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail commis le 19 février 2009 à Belfort, M. B a transmis au préfet le 17 novembre 2023 copie de deux courriers du procureur de la République de Belfort.
3. Or, il ressort, d'une part, du courrier du procureur de la République du 21 janvier 2019 qu'aucune mention n'était portée, à cette date, au bulletin n°2 du casier judiciaire de M. B. Dès lors, les faits reprochés au requérant et datant de 2009, mentionnés dans la demande du préfet, n'y figuraient pas.
4. Il ressort, d'autre part, du courrier du procureur de la République du 2 mars 2022 que les faits de vol à main armée avec arme à feu contre des établissements industriels et commerciaux commis le 13 mai 2009 à Châtenois-les-Forges et le 19 février 2009 à Delle étaient effacés du fichier de traitement des antécédents judiciaires et ne pouvaient plus faire l'objet d'une consultation dans le cadre des enquêtes administratives. En l'état des écritures des parties, les copies de courriers transmises au préfet par le requérant doivent être considérées comme suffisantes et M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 4 mars 2024 par laquelle le préfet du Doubs a classé sans suite sa demande d'acquisition de la nationalité française doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. En raison du motif qui fonde l'annulation de la décision attaquée, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Doubs d'instruire la demande de naturalisation de M. B, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 mars 2024 par laquelle le préfet du Doubs a classé sans suite sa demande d'acquisition de la nationalité française est annulée
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Doubs d'instruire la demande de naturalisation de M. B, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Doubs.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2025.
Le rapporteur,
P. Debat
La présidente,
F. MichelLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026