LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400866

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400866

mercredi 19 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400866
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a examiné la requête de Mme A... contestant le refus de la CAF de la Haute-Saône de lui accorder une remise gracieuse pour deux indus de prime d'activité totalisant 2 187,80 euros. Le juge, statuant en plein contentieux, a rappelé que la remise de dette peut être accordée si le débiteur est de bonne foi et que sa situation de précarité le justifie, mais qu'elle est exclue en cas de fausses déclarations intentionnelles. Après avoir entendu Mme A... qui invoquait sa bonne foi et sa précarité, le tribunal a estimé que les conditions n'étaient pas remplies pour accorder une remise totale ou partielle, rejetant ainsi sa demande. La décision s'appuie sur les articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 mai et 10 juin 2024, Mme B... A... conteste les décisions du 5 avril 2024 par lesquelles la caisse d’allocations familiales (CAF) de la Haute-Saône a rejeté ses demandes de remise de dette pour deux indus de prime d’activité dont le montant total s’élève à 2 187,80 euros.

Mme A... soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle se trouve dans une situation de précarité telle qu’elle est dans l’impossibilité de rembourser le montant des deux indus mis à sa charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, la CAF de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par Mme A... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Pernot,
- les observations de Mme A... qui indique vivre seule avec un enfant à charge et ne pas disposer de ressources suffisantes pour rembourser les deux indus mis à sa charge.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. A la suite d’un contrôle réalisé par un agent assermenté de la CAF de la Haute-Saône, le dossier de Mme A... a été régularisé le 8 janvier 2024 générant une dette de prime d’activité d’un montant de 1 718,15 euros, pour la période de mars à décembre 2023 ainsi qu’une seconde dette de prime d’activité, d’un montant de 469,32 euros, pour la période de juin à août 2022. Par un courrier du 1er février 2024, Mme A... a saisi la commission de recours amiable de la CAF de la Haute-Saône afin d’obtenir une remise gracieuse de ses dettes. Par deux décisions du 5 avril 2024, la CAF de la Haute-Saône a rejeté les demandes de Mme A.... L’intéressée demande que lui soit accordée une remise totale de ses dettes.

Sur le cadre juridique applicable :

2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d’activité, qui a pour objet d’inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu’ils soient salariés ou non-salariés, à l’exercice ou à la reprise d’une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d’achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l’Etat, par les caisses d’allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

3. Lorsque l’un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de prime d’activité et que la personne concernée, sans contester le principe ou la quotité de l’indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l’organisme peut décider d’accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu’il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l’allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s’entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d’une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s’est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

Sur les indus en litige :

4. Aux termes de l’article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : « La prime d’activité est égale à la différence entre :/ 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d’enfants à charge, augmenté d’une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l’objet d’une ou de plusieurs bonifications ;/ 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels (…) ». Aux termes de l’article R. 846-5 du même code : « Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ». En outre, aux termes de l’article 272-2-2 du code civil : « I.- En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l'enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d'une pension alimentaire versée, selon le cas, par l'un des parents à l'autre, ou à la personne à laquelle l'enfant a été confié. (…) ».

5. D’une part, il résulte de l’instruction que Mme A... a été l’objet d’un contrôle de sa situation par la CAF de la Haute-Saône en juin 2023. Il ressort du rapport dressé par le contrôleur que pour l’année 2022, l’intéressée n’a pas déclaré l’intégralité de ses ressources, notamment des pensions alimentaires versées par le père de son enfant et des dépôts d’espèces et de chèques sur son compte bancaire dont la nature et la provenance n’ont pas été justifiées. En outre, des indemnités journalières ont été oubliées. L’ensemble de ces omissions a conduit aux deux indus de prime pour l’emploi réclamés à l’intéressée. Toutefois, la suspicion de fraude n’ayant pas été retenue, la bonne foi de la requérante n’est pas remise en cause.

6. D’autre part, Mme A... soutient se trouver dans une situation financière telle qu’elle serait dans l’impossibilité de procéder au remboursement des indus mis à sa charge dès lors qu’elle est célibataire avec un enfant à charge et un faible salaire. A l’appui de ses allégations, l’intéressée fournit des justificatifs concernant son salaire, qui s’élève à un montant net moyen de 1 200 euros, et de ses charges mensuelles, comprenant son loyer et charges locatives, ses cotisations d’assurance automobile et d’habitation et ses factures d’eau, d’ordures ménagères, d’électricité, de gaz, de téléphonie et d’assurance et son échéance de prêt, dont le montant total est de 816 euros. Toutefois, la requérante percevant également des prestations sociales à hauteur de la somme de 454 euros par mois, le reste à vivre pour son foyer composé de deux personnes, dont un enfant, s’élève à 838 euros par mois. En outre, la requérante est susceptible de percevoir, au vu de ce qui a été dit au point précédent, une pension alimentaire du père de son enfant. Ainsi, ces éléments ne permettent pas d’établir, à la date du présent jugement, que Mme A... se trouverait dans un état de précarité financière faisant obstacle au règlement de ses dettes, qui font l’objet d’un prélèvement mensuel de 173 euros sur ses prestations sociales, et justifiant qu’une remise même partielle lui soit accordée. Dans ces conditions, il ne peut être fait droit à la demande de remise gracieuse de l’intéressée.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée.


DECIDE :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au ministre du travail et des solidarités.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d’allocations familiales de la Haute-Saône.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2025.


Le magistrat désigné,




A. PernotLa greffière,




N. Viennet
La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,
La greffière


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions