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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2401006

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2401006

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2401006
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantDRAVIGNY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024 sous le numéro 2401004, Mme A F, représentée par Me Dravigny, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le préfet du Doubs a décidé de la remettre aux autorités grecques ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros HT, à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors qu'elle peut être réadmise à tout moment en Grèce où elle encourt des risques de traitements inhumains et dégradants ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée dès lors qu'elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, qu'elle méconnaît les articles 5 et 6 de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République hellénique du 15 décembre 1999 et qu'elle est entachée d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

II/ Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024 sous le numéro 2401006, M. B E, représenté par Me Dravigny, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le préfet du Doubs a décidé de le remettre aux autorités grecques ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros HT, à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors qu'il peut être réadmis à tout moment en Grèce où il encourt des risques de traitements inhumains et dégradants ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée dès lors qu'elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, qu'elle méconnaît les articles 5 et 6 de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République hellénique du 15 décembre 1999 et qu'elle est entachée d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

Par des décisions du 25 juin 2024, Mme F et M. E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- les requêtes nos 2401003 et 2401005, enregistrées le 31 mai 2024, tendant à l'annulation des décisions litigieuses.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République hellénique relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière, signé à Athènes le 15 décembre 1999 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 26 juin 2024 à 11 heures en présence de Mme Chiappinelli, greffière, ont été entendus :

- le rapport de Mme Schmerber, juge des référés,

- les observations de Mme C, élève avocate, en présence de Me Dravigny, représentant Mme F et M. E,

- et les observations de M. D, représentant le préfet du Doubs.

Au cours de l'audience, les parties ont repris et développé leurs écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A F et son conjoint, M. B E, ressortissants congolais nés respectivement les 14 mars 1987 et 24 septembre 1983, sont entrés en France le 7 mai 2023, selon leurs déclarations. Ils ont déposé des demandes d'asile que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejetées le 6 septembre 2023 pour irrecevabilité dans la mesure où les intéressés ont obtenu le statut de réfugié en Grèce. Par des arrêtés du 26 avril 2024, le préfet du Doubs a décidé de remettre les requérants aux autorités grecques.

2. Par les requêtes nos 2401004 et 2401006, Mme F et M. E demandent au juge des référés la suspension de l'exécution des arrêtés du 26 avril 2024. Ces deux requêtes présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'une situation d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions attaquées doivent être rejetées.

5. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme F et de M. E doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes de Mme F et de M. E sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A F, à M. B E et au préfet du Doubs.

Fait à Besançon, le 27 juin 2024.

Le juge des référés,

C. Schmerber

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

Nos 2401004-2401006

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