mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2401252 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Tcholakian, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet du Territoire de Belfort a prononcé son expulsion du territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- Il s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire le 23 septembre 2020, l'administration avait alors estimé que sa présence en France ne constituait pas une menace à l'ordre public ;
- Les faits visés par le préfet se sont déroulés courant 2017 jusqu'en février 2018 soit 6 ans avant l'adoption de la mesure ;
- Depuis sa remise en liberté le 13 novembre 2020, il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale ni signalement ;
Sur le doute sérieux :
- L'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le bulletin n°2 de son casier judiciaire ne retient que deux condamnations pénales et n'établit pas la matérialité des faits commis en 2011 et 2013 ; le préfet n'établit ni la réalité ni l'actualité de la menace à l'ordre public ;
- L'arrêté attaqué porte à son droit à mener une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée dès lors qu'il est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, vit en concubinage avec une compatriote en situation régulière et leurs trois enfants ; sa famille vit en Allemagne ;
- L'arrêté attaqué méconnaît l'intérêt supérieur des enfants qui sont scolarisés en France ; sa fille cadette est élue au conseil municipal des enfants et son fils aîné fait l'objet d'un suivi pour son handicap.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 juin 2024 sous le numéro 2401229 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 15 juillet 2024 en présence de Mme Chiappinelli, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Tcholokian, représentant M. A et celles de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité géorgienne, est entré en France le 27 septembre 2007. Il y séjourne depuis lors ayant bénéficié de 2010 à 2013 de trois titres de séjour sous une fausse identité puis d'une admission exceptionnelle au séjour du 23 septembre 2020 au 22 septembre 2021 et de plusieurs récépissés de demande de titre au séjour. M. A a fait l'objet d'une mesure d'expulsion prise par arrêté du 23 mai 2024 par le préfet du Territoire de Belfort sur le fondement de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public. M. A demande la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. L'une des deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'étant pas satisfaite, il y a lieu de rejeter la requête de M. A y compris les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet du Territoire de Belfort.
Fait à Besançon, le 17 juillet 2024.
La juge des référés
S. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
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