vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2401809 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Garniron, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024, par laquelle la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants a prononcé l'exclusion définitive de M. B à compter du 11 mars 2024 de l'institut de formations de professions de santé.
2°) de mettre à la charge de l'institut de formation de professions de santé de Besançon une somme de 2500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il a sollicité par requête distincte l'annulation de la décision dont il demande la suspension, son référé est donc recevable.
- il y a urgence car la décision préjudicie à sa situation personnelle, son avenir professionnel et sa situation financière : il ne peut plus continuer sa formation alors qu'il était en reprise d'étude.
- s'agissant de l'existence d'un doute sérieux, il se prévaut d'un défaut de motivation de la décision qui ne lui a pas permis de la comprendre, d'un vice de procédure (absence de transmission d'un rapport motivé), il soutient également que la décision attaquée est fondée sur des faits matériellement inexacts et sur une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, l'Institut de Formation de Professions de Santé de Besançon, Centre Hospitalier Universitaire de Besançon représenté par Me Bonnet conclut au rejet de la requête et à la condamnation du requérant au paiement d'une somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers et, notamment, la requête n° 2401569, enregistrée le 24 septembre 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Michel, présidente de chambre, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le jeudi 10 octobre 2024, à 10h30, en présence de Mme Matusinski, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Michel, juge des référés ;
- les observations de Me Garniron, pour M. B, qui a conclu aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête ;
- et les observations de Me Galifi substituant Me Bonnet, pour l'Institut de Formation de Professions de Santé de Besançon, Centre Hospitalier Universitaire de Besançon, qui a maintenu ses écritures en défense ;
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur B, âgé de 40 ans, auparavant aide-soignant, a décidé d'intégrer l'Institut de Formation de Professions de Santé (IFPS) de Besançon à la rentrée 2021. Au cours de sa troisième et dernière année de formation, à l'occasion du stage n°5 en soins intensifs cardiologiques, des difficultés d'acquisition des connaissances et de comportement, déjà perceptibles, se sont accentuées. Après un courriel de signalement en date du 29 octobre 2023, il a été reçu le 7 février 2024 par la coordinatrice pédagogique de la filière infirmière, et la directrice adjointe de la formation infirmière, afin d'échanger sur les faits signalés par ses tuteurs de stage au sein de l'unité de soins intensifs cardiologiques. Par courrier du
23 février 2024, il a été convoqué à une séance de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles. Cette séance s'est tenue le 11 mars 2024 en sa présence. A son terme, les membres présents ont voté à l'unanimité pour son exclusion définitive de l'IFPS à compter du 11 mars 2024. M. B a formé un recours gracieux contre cette décision par courrier du 2 mai 2024 qui a été rejeté par décision du 24 juin suivant. Par la présente requête, il sollicite la suspension de l'exécution de la décision d'exclusion définitive prononcée à son encontre le 11 mars 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L.521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Au cas d'espèce, pour justifier l'urgence à suspendre la décision attaquée,
M. B fait valoir que l'exclusion définitive qui a été prononcée lors de sa dernière année de formation préjudicie à sa situation personnelle, professionnelle et financière.
5. D'une part, il résulte cependant de l'instruction que M. B a attendu le
24 septembre 2024 pour solliciter la suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024 contre laquelle il n'a formé un recours gracieux que le 2 mai 2024, lequel a été rejeté le 24 juin 2024.
6. D'autre part, il est constant que M. B était étudiant en 3e et dernière année à l'IFPS et qu'il a commis plusieurs manquements graves lors de son stage n°5 dans un service de soins intensifs cardiologiques de nature à mettre en danger la vie de patients, à compromettre la continuité des soins ainsi que l'ambiance de travail au sein du service qui l'accueillait (absences et départs du service injustifiés pour aller bavarder ou " parce qu'il est l'heure ", non prise en charge des soins qu'il devait assurer dans leur entièreté, jet de plateau lors de l'échec de pose d'une voie périphérique, mensonges pour nier les faits reprochés arrivés en présence de témoins, menaces à des cadres du service, ironie déplacée, propos grossiers, arrachage d'une tubulure avec les dents recrachée ensuite par terre, problème de calcul de dose, distribution volontaire des médicaments destinés à un patient à un autre). L'ensemble de ces faits est retracé précisément dans un rapport circonstancié du 16 novembre 2023 dont il a pris connaissance. Ils ont entrainé son exclusion définitive de l'IFPS à compter du 11 mars 2024. En l'état de l'instruction, les explications fournies dans les écritures et lors de l'audience par le requérant par la voix de son conseil ne contredisent pas sérieusement les carences et manquements relevés par l'IFPS.
7. Dès lors, à supposer même que la décision contestée porte une atteinte immédiate à la situation personnelle et financière de M. B et à son avenir professionnel, cette décision répond à des exigences d'intérêt général de protection et de sécurité des patients pris en charge.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que dans les circonstances de l'espèce au vu des motifs mentionnés aux points 5 à 7, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie. Il s'ensuit que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024 doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. B dirigées contre l'Institut de Formation de Professions de Santé du centre hospitalier de Besançon qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
10. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 3 000 euros que l'institut de formation de professions de santé demande en application desdites dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées en défense sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à l'Institut de Formation de Professions de Santé et au Centre Hospitalier Universitaire de Besançon.
Copie en sera transmise, pour information, à l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche Comté.
Fait à Besançon, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
F. Michel
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2401809
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026