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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2402041

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2402041

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2402041
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Besançon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 14 août 2024 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a suspendu le permis de conduire de M. A pour six mois. Le juge a constaté que la requête en annulation de cette décision, enregistrée le 28 octobre 2024, était tardive car introduite après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du même code. En conséquence, la demande de suspension, accessoire à cette requête principale, a été jugée manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 14 août 2024 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, à titre principal, de lui restituer son permis de conduire dans le délai de soixante-douze heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors qu'il exerce la profession de chauffeur routier, qu'il est domicilié dans une commune rurale à faible densité de transports en commun, située à trente-huit kilomètres de son lieu de travail, et que la suspension de son permis de conduire va entraîner la perte de son emploi et son isolement social ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée, pour les raisons suivantes :

. la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

. elle est insuffisamment motivée ;

. elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de respect du principe du contradictoire ;

. elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard de l'article R. 235-6 du code de la route, faute d'avoir été informé de la possibilité, offerte par l'article R. 235-11 du même code, de solliciter un examen technique ou une expertise ;

. il n'est pas établi que le test salivaire a été réalisé dans le respect des modalités fixées aux articles 6 et 7 de l'arrêté ministériel du 13 décembre 2016 ;

. la décision contestée n'a pas été prise dans les soixante-douze heures suivant la rétention du permis de conduire, en violation des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route ;

. il n'est pas établi que les résultats du test salivaire réalisé ont dépassé le seuil minimal de détection de cannabis fixé à l'article 3 de l'arrêté du 13 décembre 2016 ;

. la décision contestée est entachée d'une erreur de fait dès lors que le dépistage positif aux substances ou plantes classées comme stupéfiants est dû à sa consommation de CBD à usage thérapeutique ;

. elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 224-2 du code de la route, dès lors que le CBD n'est pas une substance ou une plante classée comme stupéfiant ;

. compte tenu de sa profession de chauffeur routier et de la distance séparant son domicile, situé en zone rurale mal desservie par les transports en commun, de son lieu de travail, la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 28 octobre 2024 sous le n° 2402060, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée par la requête n° 2402041.

Vu le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2024, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Guitard, première conseillère, pour exercer les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En application de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

3. M. A affirme avoir reçu notification de la décision du 14 août 2024 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a suspendu la validité de son permis de conduire, le 21 août 2024, et produit un avis de réception d'un envoi postal adressé en recommandé mentionnant une distribution du pli à cette date. La requête par laquelle M. A demande l'annulation de cette décision a été enregistrée au tribunal sous le n° 2402060, le 28 octobre 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois fixé à l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui était mentionné sur la décision contestée. La tardiveté de la requête en annulation de la décision du 14 août 2024 rend irrecevable la demande de suspension de l'exécution de cette même décision.

4. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A comme manifestement irrecevable.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Haut-Rhin.

Fait à Besançon, le 31 octobre 2024.

La juge des référés,

F. Guitard

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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