mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2402273 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. C A, représenté par Me Guyon, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 16 septembre 2024 par laquelle le préfet de la Haute-Saône a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de cinq mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône, dans un délai de 72 heures et sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui restituer son permis de conduire ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la perte de son permis de conduire le privera de toute possibilité de déplacement tant pour les activités de la vie courante que pour ses besoins professionnels or il n'habite pas sur le lieu de son travail et ne dispose d'aucun moyen de transport lui permettant de pallier l'absence d'un permis de conduire ;
- eu égard à son activité de menuisier et les encours financiers qui sont les siens, la décision contestée entrainera pour lui un préjudice de l'ordre de 50 000 euros par mois ;
- la décision attaquée présente un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que :
- son signataire n'était pas habilité à la prendre ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- il ne ressort pas des pièces du dossier et, notamment des énonciations de la décision contestée, que la valeur correspondant à la concentration d'alcool dans son sang tenait compte de la marge d'erreur prévue par l'arrêté du 8 juillet 2003 relatif au contrôle des éthylomètres ;
- les dispositions de l'article L. 234-1 du code de la route ont été méconnues ;
- les dispositions de l'arrêté du 8 juillet 2003 relatif au contrôle des éthylomètres ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article L. 234-5 du code de la route ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route ont été méconnues ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 décembre 2024 sous le numéro 2402272 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. B en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
3. A l'appui de sa demande de suspension de l'exécution de la décision attaquée, M. A fait valoir que son domicile se trouve à treize kilomètres du lieu de son travail et qu'il supporte à raison de sa profession de menuisier des encours financiers conséquents que la décision contestée va mettre en péril. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Saône a, par l'arrêté du 16 septembre 2024 contesté, prononcé à l'encontre de M. A une mesure de suspension de son permis de conduire pendant une durée de cinq mois au motif que l'intéressé conduisait son véhicule sous l'emprise d'un état alcoolique le 14 septembre 2024 avec un taux mesuré à 0,75 mg par litre d'air expiré soit l'équivalent de 1,5 gramme d'alcool dans le sang. Compte tenu de la dangerosité d'un tel comportement pour les usagers de la route, la suspension de la mesure de police en litige contreviendrait aux exigences de la sécurité routière. Dès lors, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, et, en la matière, au regard des impératifs de sécurité routière, n'est pas remplie.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter en toutes ses conclusions la requête de M. A.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Haute-Saône.
Fait à Besançon, le 4 décembre 2024.
Le juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2402273
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026