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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2500629

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2500629

vendredi 23 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2500629
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de Mme A contestant un trop-perçu d'aide personnelle au logement de 2 528 euros réclamé par la CAF du Doubs. Statuant en tant que juge de plein contentieux, le tribunal a rappelé qu'il lui appartient d'examiner si une remise gracieuse est justifiée au regard de la situation de précarité et de la bonne foi du débiteur, conformément aux articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale. Les moyens soulevés par Mme A, portant sur la régularité de ses déclarations et les conséquences financières, ont été jugés inopérants ou insuffisamment étayés, faute pour elle de démontrer son incapacité à rembourser la dette. La requête a donc été rejetée par ordonnance sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mars 2025, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 mars 2025 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs a laissé à sa charge la somme de 2 528 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement.

Mme A soutient :

- qu'elle a toujours déclaré ses revenus dans les temps ;

- que le simulateur officiel de la CAF a confirmé son éligibilité ;

- la CAF aurait dû dès l'instruction de son dossier lui refusé l'aide ;

- la suppression de cette aide a des conséquences financières sur sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement ou ne l'accordant que partiellement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.

4. Dans sa requête, Mme A se borne à faire valoir qu'elle a déclaré ses revenus " dans les temps " et que la caisse d'allocations familiales du Doubs a commis une erreur dès l'instruction de son dossier et que la suppression a des conséquences sur sa situation financière. D'une part, de tels moyens sont inopérants à l'encontre d'une décision de remise de dette. D'autre part, la requérante n'allègue pas être dans l'incapacité de rembourser sa dette. Ainsi, l'intéressée ne met pas le Tribunal en mesure d'apprécier le respect de la condition tenant à la situation de précarité du débiteur, à supposer la condition de la bonne foi remplie. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête présentée par Mme A en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Besançon le 23 mai 2025.

La présidente,

C. Schmerber

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2500629

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