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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2500932

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2500932

lundi 23 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2500932
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Opposition à contrainte – Indu de prime d’activité – Tribunal administratif de Besançon – Rejet pour irrecevabilité manifeste. M. B conteste une contrainte émise par la CAF du Doubs pour un indu de prime d’activité de 1 940,17 euros, en invoquant sa bonne foi et sa situation financière précaire. Le tribunal rappelle que l’opposition à contrainte ne permet de contester le bien-fondé de l’indu qu’après un recours administratif préalable, non exercé en l’espèce. Les moyens soulevés, relatifs à la bonne foi et à l’impossibilité de payer, sont inopérants pour contester la régularité ou le bien-fondé de la contrainte. La requête est rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1, 7° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 avril 2025, M. A B forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 25 avril 2025 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs lui réclame un solde d'indu de prime d'activité d'un montant total de 1 940,17 euros au titre de la période du 1er juillet 2020 au 31 août 2021.

Il soutient que :

- il est de bonne foi dès lors qu'il a fait sa demande de prime d'activité sur les conseils de la CAF et qu'à plusieurs reprises, il a demandé la vérification de la régularité de son dossier ;

- sa situation ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge compte tenu de ses ressources et de ses charges.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

Sur le cadre juridique applicable :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition ".

4. Il résulte des dispositions citées aux point 2 et 3 qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif.

Sur le litige :

5. M. B ne soulève aucun moyen relatif à la régularité de la contrainte en litige, mais se borne à en solliciter l'annulation en soutenant qu'il est de bonne foi et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu en litige. Toutefois, si l'impossibilité de payer la somme due pour cause de précarité peut être avancée à l'appui d'une demande de remise gracieuse, la situation de précarité dont se prévaut le requérant est sans incidence sur la régularité et le bien-fondé de la décision par laquelle l'autorité administrative poursuit le recouvrement de cette somme. Par suite, les conclusions dirigées contre la contrainte du 25 avril 2025 ne peuvent qu'être rejetées comme étant manifestement irrecevables.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Doubs.

Fait à Besançon le 23 juin 2025.

La présidente de la 2ème chambre,

S. Gossrieder

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

- p 2 -

N°250093

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