LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2502466

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2502466

vendredi 5 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2502466
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantWOLDANSKI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a examiné la requête de M. A..., ressortissant italien, contestant un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le requérant invoquait notamment une méconnaissance des articles L. 233-1 et L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ainsi qu'une violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais l'affaire a été jugée sur le fondement des dispositions du CESEDA relatives aux citoyens de l'Union européenne.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 novembre et 4 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Woldanski, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 17 novembre 2025 par lequel le préfet du Territoire de Belfort lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l’octroi d’un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans, l’a assigné à résidence dans le département du Territoire de Belfort pour une durée de quarante-cinq jours et l’a astreint à se présenter chaque jour de la semaine, du lundi au vendredi, sauf les jours fériés, à 10h00 au commissariat de police de Belfort ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S’agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation, dès lors que sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l’encontre d’un intérêt fondamental de la société ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation, dès lors que sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l’encontre d’un intérêt fondamental de la société au sens des dispositions de l’article L 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S’agissant de la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l’absence de démonstration d’une situation d’urgence.

S’agissant de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle est entachée d’erreur d’appréciation dans son principe et sa durée.

S’agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 décembre 2025, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Kiefer, conseillère, pour statuer en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, qui s’est tenue à partir de 14h00 :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère, qui a informé les parties, en application des dispositions de l’article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d’office une mesure d’injonction.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant italien né le 9 août 2000, est entré régulièrement en France le 10 février 2020 selon ses déclarations, muni de son passeport italien valable du 21 novembre 2019 au 20 novembre 2029. Par un arrêté du 17 novembre 2025, le préfet du Territoire de Belfort lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l’octroi d’un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans, l’a assigné à résidence dans le département du Territoire de Belfort pour une durée de quarante-cinq jours et l’a astreint à se présenter chaque jour de la semaine, du lundi au vendredi, sauf les jours fériés, à 10h00 au commissariat de police de Belfort . Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / (…) ». Aux termes de l’article L. 200-6 de ce code : « Les restrictions au droit de circuler et de séjourner librement en France prononcées à l'encontre de l'étranger dont la situation est régie par le présent livre ne peuvent être motivées que par un comportement qui constitue, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. / Il en va de même lorsque l'étranger dont la situation est régie par le présent livre a fait l'objet d'une peine d'interdiction du territoire, d'une décision d'expulsion, d'une interdiction de circulation sur le territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire ».

Il ressort des termes de l’arrêté attaqué que le préfet du Territoire de Belfort a estimé que M. A... remplissait les conditions prévues par les dispositions du 1° de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tout en considérant qu’il ne pouvait pas lui délivrer de titre de séjour en application de ces dispositions en raison de la menace pour l’ordre public et la sécurité publique qu’il constitue.

Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du bulletin n°2 de son casier judiciaire, que M. A... a été condamné par le président du tribunal judiciaire de Bobigny à 400 euros d’amende le 1er décembre 2021 pour des faits de refus d’obtempérer et circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance commis en avril 2021, à 80 jours-amendes à 10 euros le 25 janvier 2022 pour des faits de conduite d’un véhicule sans permis commis en mai 2021, à 500 euros d’amende le 18 août 2022 pour des faits d’altération frauduleuse de la vérité dans un écrit commis en mars 2022, et par le tribunal correctionnel de Bobigny à 300 euros d’amende et l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière le 27 septembre 2022 pour des faits de conduite d’un véhicule sans permis, usage d’un permis de conduire faux ou falsifié et circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance commis en janvier 2022. Ces infractions sont toutefois relatives à des faits commis entre avril 2021 et mars 2022, soit plus de trois ans avant l’édiction de l’arrêté attaqué. Dans ces conditions, et alors que M. A... a obtenu son permis de conduire le 29 novembre 2022 et changé d’environnement en déménageant dans la région de Belfort, son comportement ne peut être regardé comme constituant, du point de vue de l’ordre public et de la sécurité publique, une menace actuelle. Par ailleurs, et en tout état de cause, la nature des infractions en cause ne permet pas de caractériser une menace suffisamment grave à l’encontre d’un intérêt fondamental de la société. Par suite, M. A... est fondé à soutenir que le préfet du Territoire de Belfort a commis une erreur d’appréciation en estimant que son comportement constituait une telle menace et en lui refusant la délivrance d’un titre de séjour sur ce fondement.

Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de la décision du 17 novembre 2025 par laquelle le préfet du Territoire de Belfort lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, les décisions par lesquelles il l’a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l’octroi d’un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans, l’a assigné à résidence et a fixé les modalités de cette assignation à résidence.

Sur l’injonction :

Eu égard au motif qui la fonde, l’annulation de la décision attaquée implique nécessairement, sous réserve de l’absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu’un titre de séjour en qualité de citoyen de l’Union européenne soit délivré à M. A.... Il y a donc lieu d’enjoindre d’office au préfet du Territoire de Belfort d’y procéder dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : L’arrêté du 17 novembre 2025 du préfet du Territoire de Belfort est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Territoire de Belfort de délivrer à M. A... un titre de séjour en qualité de citoyen de l’Union européenne dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera à M. A... une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Territoire de Belfort.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2025.


La magistrate désignée,




L. KieferLa greffière,




S. Matusinski



La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,
La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions