LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-1903972

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-1903972

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-1903972
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantANAV-ARLAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par jugement avant dire droit du 15 octobre 2021, le tribunal administratif de Nîmes, après avoir condamné le centre hospitalier de Montfavet à verser à Mme A D la somme de 3 000 euros au titre des souffrances physiques et morales résultant de l'inadaptation de ses conditions de travail durant une période de quinze mois, a ordonné une expertise relative aux préjudices liés à l'accident de service du 31 mai 2018 subi par Mme D et visant notamment à établir si cet accident est responsable d'une aggravation de ses troubles visuels, de la hernie discale opérée le 11 septembre 2020 et d'autres troubles, notamment d'ordre psychologique.

Le 3 décembre 2022, le Dr B, neurochirurgien, a établi son rapport d'expertise et le tribunal administratif de Nîmes en a accusé réception le 7 décembre 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2022, le centre hospitalier de Montfavet, représenté par la SELARL Jean-Pierre et Walgenwitz avocats associés, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête présentée par Mme D ;

2°) de mettre à la charge de Mme D les entiers dépens de l'instance ;

3°) de mettre à la charge de Mme D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le centre hospitalier de Montfavet fait valoir que :

- l'accident de service n'est pas à l'origine de l'aggravation des troubles visuels de la requérante et de sa hernie discale opérée le 11 septembre 2020 ;

- aucun autre trouble en lien avec l'accident de service ne peut être retenu ainsi que l'a constaté l'expert ;

- les opérations d'expertise n'ont pas permis d'établir l'existence de préjudices extrapatrimoniaux d'une quelconque nature en lien avec l'accident de service du 31 mai 2018.

Par un mémoire, enregistré le 20 janvier 2023, Mme A D, représentée par Me Anav-Arlaud, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'ordonner avant dire droit une expertise confiée à un expert ophtalmologiste afin d'évaluer ses préjudices ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Montfavet à lui verser une somme de 300 000 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis liés à l'accident de service et à la faute de l'établissement hospitalier au titre de la violation de son obligation de prévention ;

3°) de mettre les entiers dépens de l'instance à la charge du centre hospitalier de Montfavet ;

4°) de mettre la somme de 2 500 euros à la charge du centre hospitalier de Montfavet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le bien-fondé et la régularité du rapport judicaire sont contestables dès lors qu'il n'a pas été établi par un ophtalmologiste et qu'il ne se prononce pas, comme il lui était demandé, sur l'étendue de ses préjudices ;

- le centre hospitalier a méconnu son obligation de prévention en ne mettant pas en œuvre les recommandations de la médecine du travail, en méconnaissance des articles L. 4111-1, L.4121-1, L.4121-2 et L. 4624-6 du code du travail, et a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;

- en raison de cette faute, elle a subi des souffrances physiques et morales ;

- le centre hospitalier engage sa responsabilité sans faute en raison des conséquences de son accident de service ;

- en raison de son accident de service, elle aurait dû bénéficier d'une allocation d'invalidité ou d'une rente viagère d'invalidité ;

- elle est fondée à rechercher la réparation de ses préjudices autres que ceux couverts par une allocation d'invalidité ou une rente viagère d'invalidité en raison de la responsabilité sans faute du centre hospitalier ;

- le centre hospitalier a commis une faute à l'origine de son accident de service dès lors qu'il n'a pas mis en œuvre les moyens permettant qu'elle se rende, en toute sécurité et sans danger, à l'expertise médicale du 31 mai 2018 ; elle n'a pas pu bénéficier d'un jour de RTT afin de pouvoir se rendre à cette expertise accompagnée de son époux et n'a pas bénéficié d'un véhicule d'accompagnement ;

- une expertise complémentaire confiée à un praticien ophtalmologiste est nécessaire compte-tenu de sa pathologie ;

- elle a subi des préjudices qui doivent être évalués forfaitairement à la somme de 300 000 euros.

Par ordonnance du 12 décembre 2022, le président du tribunal a liquidé et taxé à la somme de 1 000 euros TTC les honoraires de l'expert, incluant le montant des allocations provisionnelles accordées par ordonnances des 25 novembre 2021 et 12 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique,

- et les observations de Me Botreau, représentant Mme D, et de Me Garreau, représentant le centre hospitalier de Montfavet.

Une note en délibéré, enregistrée le 22 mars 2023, a été produite pour le centre hospitalier de Montfavet.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement avant dire droit du 15 octobre 2021, le tribunal administratif de Nîmes, après avoir condamné le centre hospitalier de Montfavet à verser à Mme A D la somme de 3 000 euros au titre des souffrances physiques et morales résultant de l'inadaptation de ses conditions de travail durant une période de quinze mois, a ordonné une expertise relative aux préjudices liés à l'accident de service du 31 mai 2018 subi par Mme D et visant notamment à établir si cet accident est responsable d'une aggravation de ses troubles visuels, de la hernie discale opérée le 11 septembre 2020 et d'autres troubles, notamment d'ordre psychologique. Le médecin expert désigné par le tribunal a déposé son rapport au greffe du tribunal administratif de Nîmes le 7 décembre 2022.

Sur le cadre du litige après jugement avant dire droit :

2. Dès lors que l'accident de trajet dont a été victime Mme D a été reconnu imputable au service par un arrêté du 22 juin 2018, le litige ne porte plus que sur les conséquences dommageables extrapatrimoniales de ce dernier.

Sur les conclusions principales à fin de nouvelle expertise :

3. Mme D conteste le bien-fondé et la régularité du rapport d'expertise rendu le 7 décembre 2022 en soulignant qu'il n'a pas été établi par un ophtalmologiste et qu'il ne se prononce pas, comme il lui était demandé dans sa mission, sur l'étendue du préjudice. Toutefois, dès lors que l'expert neurochirurgien a conclu à l'absence de lien de causalité entre l'accident du 31 mai 2018 et les doléances de la requérante, il pouvait se dispenser d'analyser les chefs de préjudices. Le rapport contesté n'est dès lors pas entaché d'une incomplétude le rendant irrégulier et nécessitant de l'écarter comme le demande la requérante. Par ailleurs, le même rapport est rédigé de manière circonstanciée après avoir analysé l'ensemble des documents et examens médicaux des prises en charge ophtalmologiques, psychiatriques et orthopédiques de Mme D. La requérante ne produit aucun nouvel élément contredisant les conclusions de ladite expertise. Il n'y a dès lors pas lieu d'ordonner une nouvelle expertise confiée à un ophtalmologiste.

Sur les conséquences subsidiaires à fin d'indemnisation :

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise du 3 décembre 2022, que l'accident de trajet du 31 mai 2018 n'est pas responsable de l'aggravation des troubles visuels dont la requérante se plaint. Aucun examen ophtalmologique n'a d'ailleurs été réalisé le jour même en l'absence de traumatisme orbital bilatéral aux services des urgences alors qu'un examen scanographique cérébral s'est révélé normal. Par ailleurs, lors de l'examen de la requérante, réalisé le 28 juin 2018, le Dr C, ophtalmologue, n'a pas fait mention de lésion traumatique oculaire lors dudit accident pouvant expliquer l'aggravation de la pathologie de Mme D, pathologie qui dont il avait été prévu dès 2017 que l'aggravation serait inéluctable. Pour contester les conclusions de l'expertise, la requérante produit un certificat du même ophtalmologiste, du 15 décembre 2022, mentionnant qu'elle présente une très forte myopie de l'ordre de -20-0 dioptries ainsi qu'une hypertonie des globes, que son acuité visuelle a changé depuis son accident de travail du 31 mai 2018, que l'examen du fond de l'œil retrouve une dégénérescence maculaire de type myopique bilatérale empêchant toute vision centrale et, qu'au total, l'intéressée présente une cécité légale avec une acuité visuelle inférieure à 1/20ème de chaque côté non améliorable tant d'un point de vue chirurgical que médical. Toutefois, ce seul certificat, qui ne mentionne pas que l'aggravation de la pathologie de la requérante est la conséquence de son accident de service, n'est pas de nature à démontrer le lien entre son accident et l'aggravation de sa pathologie. Mme D n'est par suite pas fondée à soutenir que l'aggravation de ses troubles visuels est une conséquence de son accident de service.

5. En deuxième lieu, il résulte également de l'instruction, et notamment de l'expertise du 3 décembre 2022 que l'accident de trajet du 31 mai 2018 n'est pas responsable de la hernie discale lombaire opérée le 11 septembre 2020, en l'absence de mention de douleurs lombaires ou sciatique dans les documents médicaux, dès lors que le mécanisme de la chute ne peut expliquer l'apparition d'un telle pathologie, qu'aucune imagerie à résonnance magnétique (IRM) ne lui a été prescrite et que l'aspect radiologique décrit sur l'IRM du 28 février 2020 correspond à un aspect dégénératif lombaire, avec un rétrécissement canalaire L4-L5 et une hernie discale médiane et paramédiane droite L5-S1. Mme D, qui ne produit pas d'élément plus récent ou plus ancien de nature à démontrer le lien entre son accident et sa pathologie, n'est par conséquent pas fondée à soutenir que sa hernie discale lombaire opérée le 11 septembre 2020 est une conséquence de son accident de service.

6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise du 3 décembre 2022, que la requérante n'a pas souhaité, pour des raisons financières, se soumettre à une expertise visant à déterminer si ses troubles dépressifs étaient consécutifs à son accident de trajet. En l'absence d'élément complémentaire apporté par la requérante sur ce point, Mme D, qui ne produit pas d'élément plus récent ou plus ancien de nature à démontrer le lien entre son accident et sa pathologie, n'est pas fondée à soutenir que ses troubles psychologiques sont une conséquence de son accident de service.

7. En dernier lieu, il est constant que Mme D a subi des souffrances et une hospitalisation d'une journée du fait de sa chute avec choc occipital à l'occasion de l'accident de service du 31 mai 2018. La responsabilité sans faute du centre hospitalier étant engagée, il sera fait une juste appréciation des troubles de toutes natures dans les conditions d'existence subis par Mme D en raison de cet accident de service en évaluant à 1 000 euros la somme destinée à les réparer.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise, que le centre hospitalier de Montfavet doit être condamné à verser à Mme D la somme de 1 000 euros.

Sur la charge définitive des dépens de l'instance :

9. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise, liquidée et taxée à la somme de 1 000 toutes taxes comprises, à la charge définitive du centre hospitalier de Montfavet.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que le centre hospitalier de Montfavet demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Montfavet la somme la somme de 1 500 euros à verser à Mme D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Montfavet est condamné à verser à Mme D la somme de 1 000 euros.

Article 2 : Les entiers dépens taxés et liquidés à la somme de 1 000 euros toutes taxes comprises sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Montfavet.

Article 3 : Le centre hospitalier de Montfavet versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au centre hospitalier de Montfavet.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre,

Mme Galtier, première conseillère,

M. Chevillard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le rapporteur,

F. E

La présidente de la 2ème chambre,

F. CORNELOUP

La greffière,

F. GARNIER

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions