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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2001269

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2001269

mercredi 9 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2001269
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantPIOZIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 avril 2020, M. A, représenté par Me Piozin, demande au tribunal :

- de prononcer la décharge des impositions supplémentaires en matière d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2013 et 2014,

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il conteste la date de fait générateur des plus-values sur cession de droits sociaux retenue par le service à savoir le 2 décembre 2014, dès lors que le transfert de propriété n'a pas eu lieu à cette date mais le 16 janvier 2015, date à laquelle il a signé l'ordre de transfert des 600 actions de la SAS Clinique Saint Didier ;

- il sollicite le bénéfice de la loi de C recentré dès lors qu'il remplit les conditions prévues au BOI-RFPI-SPEC-20-20-20 au I-B § 250 et suivants ; en effet, l'option ainsi que l'engagement de location pour une durée de 9 années ont bien été exercés dès l'acquisition du bien mais sous une loi erronée ; il demande la prise en considération des déclarations de revenus rectificatives déposées auprès du service au titre des années 2013 et 2014.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé de la somme de 80 001 euros et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E D ;

- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet d'une procédure de contrôle sur pièces au titre des revenus des années 2013 et 2014 par le Pôle Contrôle Revenus Patrimoine (PCRP) de Vaucluse. Le service lui a adressé une proposition de rectification le 5 octobre 2016 portant sur la taxation de plus-values sur cession de droits sociaux imposables et sur la reprise de réductions d'impôt obtenues dans le cadre du dispositif F. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 31 juillet 2017. Par lettre du 24 février 2017, M. A a formulé une réclamation contentieuse assortie d'une demande de sursis de paiement, dans laquelle il sollicitait la décharge des impositions contestées au titre des années 2013 et 2014. En 1'absence de réponse de 1'administration à sa réclamation, il demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2013 et 2014.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision en date du 9 septembre 2020, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement à hauteur de 80 001 euros en droits et pénalités du rappel correspondant à la taxation des plus-values sur cession de droits sociaux imposables. Par suite, les conclusions en décharge sont, dans la mesure de ce dégrèvement, devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus du litige

3. Aux termes de l'article 31 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : () / h) Pour les logements situés en France, acquis neufs ou en l'état futur d'achèvement entre le 3 avril 2003 et le 31 décembre 2009, et à la demande du contribuable, une déduction au titre de l'amortissement égale à 6 % du prix d'acquisition du logement pour les sept premières années et à 4 % de ce prix pour les deux années suivantes. La période d'amortissement a pour point de départ le premier jour du mois de l'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. / () Le bénéfice de la déduction est subordonné à une option qui doit être exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cette option est irrévocable pour le logement considéré et comporte l'engagement du propriétaire de louer le logement nu pendant au moins neuf ans à usage d'habitation principale à une personne autre qu'un membre de son foyer fiscal. Cette location doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cet engagement prévoit, en outre, que le loyer ne doit pas excéder un plafond fixé par décret. () ". Aux termes de l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations ".

4. Les dispositions qui instituent un régime fiscal optionnel et prévoient que le bénéfice de ce régime doit être demandé dans un délai déterminé n'ont, en principe, pas pour effet d'interdire au contribuable qui a omis d'opter dans ce délai de régulariser sa situation dans le délai de réclamation, y compris celui prévu à l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales. Il en va autrement si la loi a prévu que 1'absence d'option dans le délai qu'elle prévoit entraîne la déchéance de la faculté d'exercer l'option ou lorsque la mise en œuvre de cette option implique nécessairement qu'elle soit exercée dans un délai déterminé. A cet égard, s'il ne résulte pas des termes de l'article 31 du code général des impôts que le législateur a expressément subordonné le bénéfice de ce dispositif à la condition que le contribuable ait opté en sa faveur lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure, il résulte toutefois de ces dispositions que la mise en œuvre de ladite option implique nécessairement que l'option souscrite initialement comporte l'engagement du propriétaire de mise en location de son bien pendant au moins neuf années.

5. Il résulte de l'instruction que M. A a sollicité, par courrier du 21 octobre 2016 en réponse à la proposition de rectification du 13 janvier 2017 puis par réclamation du 14 mars 2018, le bénéfice du dispositif dit " C recentré " au titre des années 2013 et 2014 en lieu et place du dispositif dit " F " dont le bénéfice a été remis en cause par l'administration fiscale. M. A soutient qu'en joignant à sa réponse à la proposition de rectification le formulaire n° 2044 EB témoignant de l'option pour le dispositif dit " C " pour les années 2013 et 2014, il a pu valablement régulariser le défaut de souscription de l'option conditionnant le bénéfice de cette réduction d'impôt dans les délais impartis par les dispositions précitées de l'article 31 du code général des impôts. Le tribunal de céans a demandé au requérant de produire les engagements de location souscrits consécutivement à l'acquisition du bien en litige. En réponse, M. A a produit un imprimé d'engagement de location non signé qui ne revêt par conséquent aucune force probante.

6. Dans ces conditions, et compte tenu de ce qu'il résulte de l'instruction que M. A n'avait pas pris, lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition en cause, un engagement au moins équivalent à celui qui est imposé par les dispositions précitées, ledit engagement n°2044 EB n'ayant été souscrit que le 23 mai 2014, à 1'occasion de la télé-déclaration des revenus de 1'année 2013, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il avait la possibilité de régulariser les carences constatées lors de sa souscription de l'option qui aurait dû être exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année 2009.

7. La doctrine référencée au BOI-RFPI-SPEC-20-20-20 au I-B § 250 et suivants ne fait pas d'interprétation différente de celle des dispositions précitées.

8. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale lui a refusé le bénéfice de la réduction d'impôt prévue par les dispositions du h) du 1° du I. de l'article 31 du code général des impôts dans le cadre du dispositif dit " C ", au titre des années 2013 et 2014.

Sur les frais de l'instance :

9. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu, dans les circonstances e l'espèce, qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de requête de M. A à hauteur du dégrèvement de la somme de 80 001 euros en droits et pénalités prononcé le 9 septembre 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.

Le rapporteur,

P. D

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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N°2001269

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