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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2002023

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2002023

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2002023
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABELLO ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2020, Mme C D, représentée par la SELARL Cabello et associés, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nîmes à lui verser la somme de 21 885 euros avec intérêts au taux légal à compter du 13 mai 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 13 mai 2021, en réparation des préjudices subis à l'occasion de sa prise en charge dans cet établissement ;

2°) d'enjoindre au CHU de Nîmes d'exécuter les condamnations prononcées dans le mois de la signification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de le CHU de Nîmes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le CHU de Nîmes est responsable des dommages causés par un bronchospasme sévère ; en effet, la visite pré-anesthésique réalisée le 29 octobre 2008 n'était pas complète ; elle n'a en conséquence pas bénéficié de la prémédication qui aurait été nécessaire après sa bronchite asthmatiforme ; l'anesthésie n'a pas été réalisée par une induction à séquence rapide afin de réduire le risque d'inhalation et par voie de conséquence de bronchospasme ; en outre, cette situation a engendré un retard de diagnostic et l'anesthésiste a majoré le risque d'inhalation en extubant la patiente puis en la ré-intubant ;

- ses préjudices doivent être intégralement réparés comme suit :

o 4 800 euros au titre des dépenses de séances de psychiatrie et de psychologie ;

o 3 002 euros au titre des honoraires de son médecin-conseil ;

o 3000 euros au titre l'allocation provisionnelle qu'elle a versée à l'expert sur ses honoraires ;

o 233 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;

o 6 000 euros au titre des souffrances endurées, évaluées à 2 sur 7 ;

o 4 860 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2021, le CHU de Nîmes, représenté par Me Berger, conclut à titre principal au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire à ce que les préjudices de Mme D soient indemnisés avec application d'un taux de perte de chance de 70% et selon de plus justes proportions.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire enregistré le 27 août 2020, la caisse primaire d'assurance maladie du Var fait connaître que Mme D ne dépendait pas d'elle au moment des faits.

Le pôle inter-caisses de Gap, auquel la procédure a également été communiquée, n'a pas produit à l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gaborit, représentant le CHU de Nîmes.

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 octobre 2008, Mme D, alors âgée de 34 ans, subissait une chirurgie bariatrique lorsqu'elle a présenté un état de détresse respiratoire avec bronchospasme sévère. L'intervention a été interrompue et elle a été hospitalisée en réanimation du 30 octobre au 5 novembre 2008 pour un syndrome coronarien aigu, puis en chirurgie vasculaire pour une ischémie aiguë du membre inférieur droit jusqu'au 1er décembre 2008. Estimant avoir été victime d'une faute médicale, elle a obtenu du juge des référés que soit ordonnée le 10 octobre 2018 une expertise médicale, dont le rapport a été déposé le 6 juin 2019. Suite au rejet de sa demande d'indemnisation préalable, reçue le 18 mai 2020 par le CHU de Nîmes, Mme D demande au tribunal l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de sa prise en charge par cet établissement en octobre 2008.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

S'agissant de la faute :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

3. Il résulte de l'instruction, principalement de l'expertise médicale du Dr B, anesthésiste réanimateur chirurgical, dont le rapport a été déposé le 6 juin 2019, que le 15 octobre 2008, lors de la consultation de pré-anesthésie réalisée en vue d'une chirurgie bariatique, il a été mentionné que la patiente souffrait d'asthme traité par Ventoline à la demande mais aussi d'une angine compliquée d'une bronchite asthmatiforme, soignée notamment par aérosols jusqu'à 48h avant la chirurgie. Il a alors été décidé de reporter cette intervention de 15 jours. Lors de la visite pré-anesthésique du 29 octobre 2008, le bilan de la consultation pré-anesthésique n'a pas été repris et cette visite, à la veille de l'opération, a été incomplètement menée, puisqu'elle ne mentionne ni l'asthme au long cours, ni la bronchite asthmatiforme très récente de la patiente. Selon l'expert, il eut fallu, en conséquence de ces pathologies, maintenir des corticoïdes et beta 2 mimétiques par aérosols en prémédication la veille au soir et le matin de l'intervention pour prévenir un bronchospasme. Par ailleurs, l'anesthésiste n'a pas tenu compte de ce que Mme D était à risque de reflux gastro-oesophagien à raison de son obésité associée à une malformation cardiotubérositaire, ce qui aurait dû lui faire choisir un curare de court délai d'action pour minimiser le risque d'inhalation de liquide gastrique et donc de bronchospasme sévère. En outre, le diagnostic de bronchospasme a été retardé faute pour l'anesthésiste d'avoir été informé des antécédents médicaux de la patiente. Ce praticien a en effet d'abord pensé à une obstruction de la sonde d'intubation avant de retenir le diagnostic différentiel de bronchospasme. Dans ces conditions, en égarant le bilan de la consultation pré-anesthésique puis en ne prodiguant pas à la patiente une prise en charge médicamenteuse adaptée aux risques anesthésiques qu'elle présentait et plus généralement à son état de santé, le CHU de Nîmes a commis plusieurs fautes susceptibles d'engager sa responsabilité.

4. En revanche, il résulte de l'instruction que la prise en charge en réanimation a été effectuée conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science, et notamment que l'administration d'héparine était adaptée à l'état de santé de Mme D, après sa prise en charge chirurgicale et dans la mesure où elle souffrait d'obésité. L'héparine n'a donc pas été administrée à la patiente en raison de son bronchospasme sévère. La thrombopénie induite par ce produit médicamenteux a ensuite correctement été prise en charge en chirurgie vasculaire, là encore sans qu'aucune faute ne puisse être reprochée à au CHU de Nîmes.

S'agissant du préjudice indemnisable :

5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'absence de prise en charge anesthésique adaptée à l'état de santé de Mme D, qui présentait plusieurs facteurs de risques de bronchospasme peropératoire, à savoir un terrain asthmatique, un tabagisme et une obésité, est à l'origine pour la patiente d'une perte de chance de 70% d'éviter une telle complication anesthésique.

En ce qui concerne la réparation des préjudices :

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

Quant aux dépenses de santé :

7. Si Mme D sollicite l'indemnisation du montant total de 14 consultations de psychiatrie entre 2016 et 2018 ainsi que de 68 séances chez un psychologue en 2019, elle n'établit pas le lien de causalité entre le bronchospasme peropératoire, survenu près d'une décennie auparavant à raison des fautes du CHU de Nîmes, et la nécessité de suivre de tels soins. En effet, la patiente présentait déjà, selon le compte rendu de consultation d'anesthésie du 19 septembre 2008, des antécédents de spasmophilie et une anxiété liée à l'intervention chirurgicale. Surtout, il résulte de l'instruction, notamment des attestations de Mme G, psychologue et du Dr A, psychiatre, en date respectivement des 4 juin et 29 juillet 2018, que l'impact psychologique chez Mme D a résulté non pas des suites du bronchospasme sévère dont elle a été victime, qui a été soigné en quelques jours, mais de celles de l'ischémie aiguë, à l'origine de scenarii angoissants d'une éventuelle amputation et des rehospitalisations qu'elle a subies après le 6 novembre 2008 et dont elle a fait état auprès de ces praticiens. Par ailleurs, elle a bénéficié d'arrêts de travail du 7 février 2016 au 12 février 2017 pour un syndrome dépressif. Les consultations psychiatriques sont au surplus prises en charge, hors dépassements d'honoraires, par l'assurance maladie. Dans ces conditions, la demande d'indemnisation à ce titre ne peut qu'être rejetée.

Quant aux honoraires du médecin-conseil :

8. Mme D, qui a sollicité le concours d'un médecin-conseil dans le cadre du présent contentieux, justifie s'être acquittée auprès de lui d'abord de 400 euros d'honoraires " d'étude et d'élaboration d'un dossier médico-judiciaire ", ensuite de 1 802 euros de " préparation à l'accompagnement à l'expertise " et enfin de 800 euros d'honoraires " d'assistance à expertise ". Si la faute du CHU de Nîmes n'a entraîné qu'une perte de chance de 70% de ne pas subir les dommages corporels endurés, elle est en revanche intégralement à l'origine des frais de 800 euros utilement engagés par la requérante pour être assistée par un médecin-conseil au cours de l'expertise judiciaire. Mme D est donc fondée à être indemnisée, en vertu du principe de réparation intégrale du préjudice subi, de cette somme de 800 euros. En revanche, la requérante n'établit en quoi, dans les circonstances de l'espèce, les autres honoraires de 400 euros et de 1 802 euros engagés en amont des opérations d'expertise auraient eu une utilité pour le présent litige. Ses demandes de réparation à ce titre doivent donc être rejetées.

S'agissant des préjudices personnels :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

9. Mme D a subi, du fait du bronchospasme peropératoire dont elle a été victime, un déficit fonctionnel temporaire total de 7 jours. Ce préjudice sera indemnisé, après application d'un taux de perte de chance de 70%, par le versement d'une somme de 65 euros. La période de déficit fonctionnel temporaire partiel qu'elle a ensuite présentée ne relève en revanche pas de ce dommage mais de ceux provoqués par la thrombopénie induite par l'héparine dont elle a été également la victime et pour laquelle la responsabilité du CHU de Nîmes n'est pas engagée.

Quant aux souffrances endurées :

10. Mme D a subi des souffrances évaluées par l'expert à 2 sur une échelle de 7 pour ce qui concerne la complication anesthésique qu'elle a subie du fait des fautes du CHU de Nîmes, qui a toutefois été soignée en quelques jours. Ce préjudice sera justement évalué, après application du taux de perte de chance de 70%, à la somme de 700 euros.

Quant déficit fonctionnel permanent :

11. Le déficit fonctionnel permanent de 3% que présente Mme D à raison d'une atteinte du nerf saphène n'est pas en lien avec son bronchospasme mais avec la thrombose et l'ischémie aiguë du membre inférieur droit induites par l'héparine, étant précisé que ce médicament n'a pas été administré à cause de cet accident anesthésique mais à raison de la chirurgie effectuée chez une patiente souffrant d'obésité. Le CHU de Nîmes n'est donc pas responsable de ce déficit fonctionnel permanent. Si l'expert psychiatre a en outre conclu à un déficit fonctionnel permanent de 3% résultant d'une névrose post-traumatique avec anxiété et phobie hospitalière en rapport avec l'accident anesthésique du 30 octobre 2008, la patiente présentait déjà des antécédents de spasmophilie et une anxiété liée à l'intervention chirurgicale et ses souffrances psychologiques ont résulté, ainsi qu'il a été dit au point 7, non pas de l'accident d'anesthésie mais de l'ischémie aiguë, provoquée par sa réaction à l'héparine. Dès lors, le CHU de Nîmes n'est pas davantage responsable du déficit fonctionnel permanent psychologique de la requérante. La demande d'indemnisation présentée par Mme D au titre du déficit fonctionnement permanent doit donc être rejetée.

12. Il résulte de ce qui précède que le CHU de Nîmes doit être condamné à verser à Mme D la somme de 1 565 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

13. Mme D a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 1 565 euros à compter du 18 mai 2020, date de réception par le CHU de Nîmes de sa demande d'indemnisation préalable et capitalisation à compter du 18 mai 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

14. Aux termes de l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables. / " Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. () . - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné une collectivité locale ou un établissement public au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être mandatée ou ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. A défaut de mandatement ou d'ordonnancement dans ce délai, le représentant de l'Etat dans le département ou l'autorité de tutelle procède au mandatement d'office. () ".

15. Dès lors que ces dispositions permettent à la requérante, en cas d'inexécution du présent jugement dans le délai de deux mois à compter de sa notification, d'obtenir le mandatement d'office de la somme que le CHU de Nîmes est condamné à lui verser il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte. Ces conclusions doivent, dès lors, être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

16. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les frais et honoraires de l'expertise du Dr F B, prescrite par ordonnance n° 1801678 du 10 octobre 2018, liquidés et taxés à la somme de 3 640 euros TTC par l'ordonnance du 24 juin 2019, incluant le montant de l'allocation provisionnelle accordée par l'ordonnance du 6 décembre 2018, sont mis à la charge définitive du CHU de Nîmes, ce qui implique nécessairement que le CHU de Nîmes rembourse à Mme D ladite allocation provisionnelle de 3 000 euros dont elle s'est acquittée en janvier 2019.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CHU de Nîmes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CHU de Nîmes une somme de 1 500 euros à verser à Mme D au même titre.

D E C I D E :

Article 1 er : Le CHU de Nîmes versera à Mme D la somme de 1 565 euros avec intérêts au taux légal à compter du 18 mai 2020 et capitalisation à compter du 18 mai 2021.

Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise du Dr F B, prescrite par ordonnance n° 1801678 du 10 octobre 2018, liquidés et taxés à la somme de 3 640 euros TTC par l'ordonnance du 24 juin 2019, incluant le montant de l'allocation provisionnelle accordée par l'ordonnance du 6 décembre 2018, sont mis à la charge définitive du CHU de Nîmes.

Article 3 : Le CHU de Nîmes versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions du CHU de Nîmes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, au centre hospitalier universitaire de Nîmes, à la rectrice de l'académie de Nice, à la mutuelle générale de l'éducation nationale, au pôle inter-caisse de Gap et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.

Copie pour information en sera transmise au Dr F B, expert.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.

La rapporteure,

B. E

Le président,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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