jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2002215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL URBAN CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 juillet 2020, le 3 septembre 2021 et le 21 décembre 2021, M. A C, représenté par Eleom avocats AIARPI, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
à titre principal :
1°) de condamner le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt à lui verser la somme de 50 000 euros, assortie des intérêts légaux, en réparation du dommage de travaux publics résultant de la coupe de bois réalisée par la société La forestière de Provence sur ses parcelles cadastrées BH 45, BH 46, BH 53, BH 88, BH 89 et BH 92 situées sur le territoire de la commune de Sorgues ;
2°) de condamner le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
à titre subsidiaire :
4°) de condamner la société La forestière de Provence à lui verser la somme de 50 000 euros, assortie des intérêts légaux, en réparation du dommage de travaux publics résultant de la coupe de bois sur ses parcelles cadastrées BH 45, BH 46, BH 53, BH 88, BH 89 et BH 92 situées sur le territoire de la commune de Sorgues ;
5°) de condamner la société La forestière de Provence aux entiers dépens ;
6°) de mettre à la charge de la société La forestière de Provence la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la liaison du contentieux a été régularisée en cours d'instance ;
- le juge administratif est compétent pour connaître du présent litige en l'absence de voie de fait dès lors que l'intervention de la société La forestière de Provence n'a pas entrainé l'extinction de son droit de propriété sur ses parcelles cadastrées BH 45, BH 46, BH 53, BH 88, BH 89 et BH 92 ; les coupes d'arbres dommageables ont procédé d'un acte manifestement susceptible de se rattacher à un pouvoir du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt dès lors qu'elles ont été effectuées en exécution d'un marché public, confié à la société La forestière de Provence, qui a permis à cette dernière d'accéder à sa propriété ;
- la responsabilité fautive du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt est engagée sur le fondement des articles 1240, 544 et 545 du code civil ;
- l'exécution du contrat passé entre le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et la société La forestière de Provence lui a causé un dommage anormal qui doit être réparé ;
- en raison de ce dommage, il a subi des préjudices qui doivent être évalués à la somme de 50 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 novembre 2020 et le 3 mai 2021, la société La forestière de Provence, représentée par la SCP Disdet et associés, conclut à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'elle ne soit condamnée qu'à concurrence de 50 % de la somme demandée par M. C, à la condamnation du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt à la garantir à hauteur de 50% de toute condamnation prononcée à son encontre, à ce que la condamnation aux entiers dépens soit partagée entre elle et le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de ce dernier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute de demande préalable permettant de lier le contentieux ;
- la mission qui lui a été confiée par le syndicat mixte, par la fourniture d'un unique plan qui comportait des limites de parcelles hachurées au-delà de la limite des cinquante mètres, ne se bornait pas à lui confier un simple débroussaillage des pistes de défense de la forêt contre l'incendie, ainsi que le constate l'expert ; le syndicat mixte n'est pas fondé à se référer aux dispositions de l'article L. 134-4 du code forestier ; aucune visite avant travaux n'a été effectuée pour délimiter plus précisément sa mission et aucune critique n'a été formulée sur le travail qu'elle a effectué de la même manière sur d'autres parcelles ;
- le syndicat mixte a engagé sa responsabilité vis-à-vis de M. C en se contentant, pour seules instructions, de lui fournir un plan ne faisant pas apparaitre ses intentions et en s'abstenant de suivre la réalisation des travaux alors que les instructions données laissaient place à interprétation ; la responsabilité du syndicat mixte doit être retenue pour une part qui ne saurait être inférieure à 50% ;
- M. C n'est pas fondé à critiquer la méthode d'évaluation retenue par l'expert qui prend en compte le préjudice environnemental.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 février et le 27 octobre 2021, le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt, représenté par la SELARL Urban conseil, conclut, à titre liminaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions d'appel en garantie présentées par la société La forestière de Provence à son encontre, à titre principal, à l'incompétence du juge administratif pour statuer sur les conclusions de la requête et à ce que le conflit soit élevé en application de l'article R. 771-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la requête, à titre très subsidiaire, à ce que la société La forestière de Provence soit condamnée à le garantir de toute condamnation prononcée à son encontre et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge solidaire de M. C et de la société La forestière de Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'appel en garantie formées par la société La forestière de Provence à son encontre dès lors que M. C, par un mémoire enregistré le 3 septembre 2021, a réorienté ses conclusions indemnitaires à son encontre, à titre principal, et à l'encontre de la société La forestière de Provence, à titre subsidiaire ;
- le juge administratif est incompétent pour statuer sur les conclusions indemnitaires présentées par M. C dès lors que les incursions de la société La forestière de Provence sur les parcelles de M. C sont parfaitement détachables de la mission de service public qui lui est confiée et qu'elles ont gravement porté atteinte au droit de propriété de M. C ; l'appréciation de la responsabilité délictuelle de la société La forestière de Provence relève de la compétence du juge judiciaire au titre de la voie de fait ; même s'il était considéré que les opérations réalisées sur les parcelles en litige n'étaient pas détachables de l'exécution du marché de débroussaillage, les conditions de la voie de fait sont remplies ;
- aucun responsabilité de sa part ne peut être engagée à l'égard de M. C, dès lors que la société La forestière de Provence a outrepassé les consignes qu'il lui avait données ; les opérations réalisées sur les parcelles appartenant à M. C sont détachables du marché de travaux public en cause et ont été effectuées sans qu'il n'en soit informé ;
- dès lors qu'il n'a commis aucune faute contractuelle, qu'il a donné des consignes claires à la société La forestière de Provence et qu'il l'a accompagnée sur le chantier, alors que cette société a méconnu la règlementation et les bonnes pratiques en matière d'exploration forestière, il ne saurait être condamné à garantir cette société des condamnations prononcées à son encontre.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du tribunal de grande-instance d'Avignon du 5 octobre 2015 désignant comme expert M. B ;
- le rapport de l'expert, déposé le 28 juillet 2016 ;
Vu :
- code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le code forestier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dorchies, représentant M. C, et de Me Bourillon, représentant le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt.
Considérant ce qui suit :
1. En mars 2015, suivant une tempête survenue le 9 février 2015, le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt, établissement public de coopération intercommunale chargé de la prévention contre le risque d'incendies de forêts et la réalisation d'aménagements d'accueil du public dans les massifs forestiers et dans les zones pré-forestières du département de Vaucluse, a confié à la société La forestière de Provence une mission de débroussaillage d'une bande de terrain située de part et d'autre de la piste de défense de la forêt contre l'incendie (DFCI), dite " Piste de la Montagne ", située sur le territoire de la commune de Sorgues, et notamment sur une partie des parcelles cadastrées BH 45, BH 92 et BH 89 appartenant à M. C. A la suite de ces travaux, M. C, ayant constaté des coupes massives de bois sur ses parcelles, a fait dresser un constat d'huissier le 8 avril 2015. Par une requête du 10 juillet 2015, l'intéressé a saisi le tribunal de grande-instance d'Avignon afin qu'il ordonne une expertise. Par une ordonnance du 5 octobre 2015, M. B a été désigné en qualité d'expert et par une ordonnance du 30 décembre 2015, les opérations d'expertise ont été étendues au syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt. L'expert a rendu son rapport le 28 juillet 2016. Par une requête du 18 octobre 2016, M. C a saisi le tribunal de grande-instance d'Avignon pour obtenir la condamnation de la société La forestière de Provence à la somme de 50 000 euros à titre de dommages et intérêts. Par une ordonnance du 15 janvier 2018, le juge de la mise en état a déclaré le tribunal de grande-instance d'Avignon compétent pour connaitre des conclusions indemnitaires présentées par M. C et incompétent pour connaître des conclusions d'appel en garantie présentées par la société La forestière de Provence à l'encontre du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt. Par un arrêt du 16 mai 2019, la cour d'appel de Nîmes a infirmé l'ordonnance du 15 janvier 2016 et déclaré le tribunal de grande-instance d'Avignon incompétent pour connaître de l'entier litige. Par une ordonnance du 15 octobre 2019, le tribunal de grande-instance d'Avignon a constaté son dessaisissement. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner, à titre principal, le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et, à titre subsidiaire, la société La forestière de Provence, à réparer ses préjudices.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. D'une part, il n'y a voie de fait de la part de l'administration, justifiant, par exception au principe de séparation des autorités administratives et judiciaires, la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire pour en ordonner la cessation ou la réparation, que dans la mesure où l'administration, soit a procédé à l'exécution forcée, dans des conditions irrégulières, d'une décision, même régulière, portant atteinte à la liberté individuelle ou aboutissant à l'extinction d'un droit de propriété, soit a pris une décision qui a les mêmes effets d'atteinte à la liberté individuelle ou d'extinction d'un droit de propriété et qui est manifestement insusceptible d'être rattachée à un pouvoir appartenant à l'autorité administrative.
3. D'autre part, aux termes de l'article L.131-36 du code rural et de la pêche : " Les départements, les communes ainsi que les groupements de ces collectivités et les syndicats mixtes créés en application de l'article L. 5721-2 du code général des collectivités territoriales peuvent prescrire ou exécuter les travaux entrant dans les catégories ci-dessous définies, lorsqu'ils présentent, du point de vue agricole ou forestier, un caractère d'intérêt général ou d'urgence : 1° Lutte contre l'érosion et les avalanches, reboisement et aménagement des versants, défense contre les incendies et réalisation de travaux de desserte forestière, pastorale ou permettant l'accès aux équipements répondant aux objectifs de protection précités ; ".
4. Il résulte de l'instruction que les travaux de débroussaillage et de coupes d'arbres dont il s'agit, eu égard au caractère immobilier des pistes DFCI comme des arbres, qui constituent un immeuble par destination accessoire des parcelles sur lesquelles ils se situent, et réalisés pour le compte d'une personne publique dans le cadre d'une mission d'intérêt général de prévention des risques d'incendies, constituent des travaux publics. Il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire du 28 juillet 2016, que 65% du prélèvement a été effectué par la société La forestière de Provence sur des parcelles cadastrées BH 53, BH 46 et BH 88 appartenant à M. C et que 53% de ce prélèvement a été réalisé hors des zones matérialisées par le plan " Travaux de nettoyage des chablis C1 - Piste de la Montagne " confié à cette société par le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt en vue des travaux de débroussaillage des abords de la piste DFCI précitée. Ainsi, dès lors que la société La forestière de Provence n'est pas intervenue de sa propre initiative, son intervention sur des parcelles privées, y compris pour partie en dehors du périmètre initial confié par le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt, ne procède pas d'un acte manifestement insusceptible de se rattacher à un pouvoir dont disposait l'administration. Par suite, en l'absence de voie de fait, le juge administratif est compétent pour connaitre du litige et l'exception d'incompétence opposée par le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt doit être écartée.
Sur la recevabilité de la requête :
5. La société La forestière de Provence oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la requête en l'absence de liaison du contentieux. Toutefois, une demande indemnitaire a été adressée le 27 juillet 2021, par M. C, au syndicat mixte qui l'a reçue le 30 juillet 2021 et y a répondu par une décision du 30 septembre 2021 liant le contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société La forestière de Provence doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
6. Même en l'absence de faute, le maître d'ouvrage et les constructeurs sont responsables solidairement des dommages causés aux tiers par l'exécution de travaux publics, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime.
7. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt a confié à la société La forestière de Provence une mission de débroussaillage d'une bande de terrain, comprenant notamment une partie des parcelles cadastrées BH 45, BH 92 et BH 89 appartenant à M. C, constitutive de travaux publics. Par ailleurs, dès lors que les travaux en cause ont été réalisés dans l'intérêt général de protection et de lutte contre les risques d'incendie des massifs forestiers du département du Vaucluse, et en particulier de ceux situés sur le territoire de la commune de Sorgues, dans le cadre du plan départemental de protection des forêts contre les incendies approuvés par l'autorité préfectorale, M. C doit être regardé comme ayant la qualité de tiers à l'égard des travaux publics en litige. Ainsi, le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt, pour contester sa responsabilité, ne peut utilement se prévaloir de ce que la société La forestière de Provence a outrepassé les consignes claires qu'il lui avait données ou a méconnu la règlementation et les bonnes pratiques applicables en matière d'exploitation forestière. Par suite, la responsabilité du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt est engagée en raison des dommages subis par M. C.
En ce qui concerne les préjudices :
8. En premier lieu, il résulte de l'instruction que des coupes d'arbres ont été effectuées sur les parcelles de M. C au-delà de ce que prévoyait la mission de débroussaillage que le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt avait confié à la société La forestière de Provence, causant ainsi à M. C un préjudice accidentel dont il est fondé à demander l'entière réparation.
9. En second lieu, les préjudices subis par M. C ont été chiffrés par l'expert à la somme de 5 350 euros, correspondant au coût des travaux d'enlèvement des produits rémanents de la coupe de bois et des souches d'arbres calcinées du fait d'un incendie et à la remise en état du site sur la partie brûlée, et à la somme de 13 700 euros, correspondant aux pertes résultant des coupes de bois, soit la somme totale de 19 050 euros. En l'espèce, si M. C conteste ce chiffrage, il n'assortit pas ses prétentions des éléments nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il sera fait une exacte appréciation du préjudice subi par M. C en évaluant à 19 050 euros la somme destinée à le réparer.
Sur les intérêts :
10. En l'espèce, il a lieu s'assortir la somme de 19 050 euros des intérêts au taux légal à compter de la date du présent jugement.
Sur les appels en garantie :
11. En premier lieu, le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt ne peut utilement soutenir qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'appel en garantie formées par la société La forestière de Provence à son encontre dès lors que M. C, par un mémoire enregistré le 3 septembre 2021, a réorienté ses conclusions indemnitaires à son encontre, à titre principal, et à l'encontre de la société La forestière de Provence, à titre subsidiaire. En l'absence de condamnation de la société la forestière de Provence à titre principal, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions d'appel en garantie formées par cette dernière.
12. En dernier lieu, il résulte d'une part de l'instruction, et du rapport d'expertise, que plusieurs fautes sont imputables au syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt, dès lors qu'aucune urgence ne justifiait l'absence de cahier des charges écrit, que M. C n'avait pas été préalablement avisé de l'opération par le syndicat mixte, que la piste DFCI qui longe la propriété de ce dernier était de troisième catégorie impliquant uniquement une bande de débroussaillement de sept mètres alors qu'il résulte clairement du plan que les bandes hachurées s'étendaient au-delà de cette limite sur les parcelles appartenant à M. C. Toutefois, il résulte également du rapport d'expertise que 65% des tiges abattues, pour un volume de bois exploité par La forestière de Provence de 53%, se situent sur des parcelles non portées sur le plan remis à la société La forestière de Provence, qu'une coupe en profondeur a été réalisée sur la parcelle BH45, sur des parcelles ne figurant pas sur le plan et n'a pas uniquement été réalisée sur des chablis et des volis mais également sur ses sujets sains. Dès lors et eu égard au régime de responsabilité fautive applicable dans le cadre des appels en garantie aux fautes respectives des intervenants à l'opération de travaux publics, il y a lieu de condamner la société La forestière de Provence à garantir le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt à hauteur de 80% des sommes mises à sa charge.
Sur la charge définitive des dépens :
13. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais et honoraires de l'expertise, tel qu'ils seront taxés et liquidés par le tribunal judiciaire d'Avignon, à la charge définitive du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et de la société La forestière de Provence à hauteur respective de 20% et 80%.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions présentées à ce titre par le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et la société La de Provence ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et de la société La forestière de Provence la somme de 1 000 euros à verser chacun à M. C, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions d'appel en garantie de la société La forestière de Provence.
Article 2 : Le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt est condamné à verser à M. C la somme de 19 050 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du présent jugement.
Article 3 : La société La forestière de Provence est condamnée à garantir le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt à hauteur de 80% de la somme mentionnée à l'article 2.
Article 4 : Les frais et honoraires d'expertise, tels que taxés et liquidés par le tribunal judiciaire d'Avignon, sont dévolus à la charge du syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et de la société La forestière de Provence à hauteur respective de 20 % et de 80 %.
Article 5 : Le syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et la société La forestière de Provence verseront chacun la somme de 1 000 euros à M. C, soit un montant total de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au syndicat mixte vauclusien de défense et de valorisation de la forêt et à la société La forestière de Provence.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026