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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2002845

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2002845

vendredi 17 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2002845
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSEXTANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2020, la SELARL pharmacie de Velleron, représentée par la SELARL Sextant, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de rétablir son déficit reportable déclaré au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2012 à 122 580 euros, lequel intègre, au passif de son bilan, la somme de 52 000 euros inscrite au crédit du compte courant d'associé de son gérant le 1er mai 2011 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la somme de 52 000 euros enregistrée au compte courant d'associé de son gérant, M. B, au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2012, est bien un apport personnel de ce dernier, même s'il l'a effectué grâce à un prêt de sa grand-mère pour acquérir le fonds d'officine de la pharmacie ; cette somme a été mise et est restée à la disposition de la SELARL pharmacie de Velleron.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SELARL pharmacie de Velleron a fait l'objet d'une vérification de comptabilité entre le 12 mars et le 17 juillet 2017 sur son premier exercice social allant du 1er mai 2011 au 30 septembre 2012 au cours de laquelle le vérificateur a constaté que le compte courant d'associé ouvert dans la comptabilité de cette société au nom de son gérant, M. B avait été crédité d'une somme de 52 000 euros, que l'administration a regardée comme étant un passif injustifié. L'administration fiscale a donc réintégré cette somme dans le résultat de la SELARL pharmacie de Velleron, ce qui a minoré d'autant son déficit reportable initialement déclaré à 122 580 euros au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2012. Suite au rejet le 23 juillet 2020 de sa réclamation préalable, la SELARL pharmacie de Velleron, qui contesté cette réintégration, doit être regardée comme demandant au tribunal de rétablir ce déficit reportable à la somme de 122 580 euros.

Sur le bien-fondé des impositions :

2. Aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts, applicable en matière d'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de prendre en compte, pour la détermination de l'actif net à la clôture de l'exercice, toutes les dettes qui sont mises à la charge de la société envers des tiers si ces dettes sont, à la date de la clôture de l'exercice, certaines dans leur principe et dans leur montant. Il appartient au contribuable de justifier, par la production de tous éléments suffisamment précis, l'inscription d'une dette au passif du bilan de son entreprise.

3. Au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2012, la SELARL pharmacie de Velleron a comptabilisé comme charge déductible une somme de 52 000 euros portée le 1er mai 2011 au crédit du compte courant d'associé de M. A B avec la mention " apport BB ". L'administration fiscale, qui a constaté que cette somme avait été versée à la société requérante, non pas par M. B, mais par sa grand-mère, a estimé qu'elle constituait un passif injustifié et l'a réintégrée dans le résultat imposable de la SELARL pharmacie de Velleron. Il résulte toutefois de l'instruction, plus particulièrement du courriel que M. B a adressé le 20 avril 2011 à son expert-comptable lui indiquant, au sujet du financement de l'acquisition de la pharmacie dans le contexte d'une recherche de financement de son apport personnel dans des délais contraints, que sa grand-mère proposait une avance de 50 000 euros pour le 30 avril au plus tard ainsi que de la copie du chèque de 52 000 euros émis le 27 avril 2011 par cette dernière à l'ordre de la SELARL pharmacie de Velleron qui l'a encaissé le 28 avril 2011, que cette somme correspond bien à un apport personnel de son gérant, grâce aux fonds de sa grand-mère, même si cette dernière l'a directement versé à la société alors qu'elle aurait dû le verser à son petit-fils qui l'aurait versé à la SELARL pharmacie de Velleron. L'administration fiscale ne conteste d'ailleurs pas que cet argent soit demeuré investi dans la société. La circonstance que cet apport ait été financé par un prêt ou un don de la grand-mère à son petit-fils est à ce titre sans incidence. Le service vérificateur n'était donc pas fondé à regarder cette somme de 52 000 euros inscrite au compte-courant d'associé de M. B comme un passif injustifié et à la réintégrer dans le résultat comptable de la SELARL pharmacie de Velleron.

4. Il résulte de ce qui précède que la SELARL pharmacie de Velleron est fondée à demander le rétablissement de son déficit reportable au 30 septembre 2012 à la somme de 122 580 euros, comprenant cette somme de 52 000 euros

Sur les frais liés au litige :

Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SELARL pharmacie de Velleron présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 er : Le déficit reportable de la SELARL pharmacie de Velleron au 30 septembre 2012 est rétabli à la somme de 122 580 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SELARL pharmacie de Velleron est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL pharmacie de Velleron et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

Mme Bala, première conseillère,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.

La rapporteure,

B. C

Le président,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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