vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003223 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2020, complétée par un mémoire enregistré le 28 juillet 2021, M. et Mme A D, représentés par Me Hubert, demandent au tribunal :
- de prononcer la décharge des impositions en matière de plus-value immobilière mises à leur charge au titre de la vente réalisée le 16 mars 2018, pour un montant de 151 546 euros,
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils avaient la qualité de résidents fiscaux français et le centre de leurs intérêts économiques en France à la date de la cession de leur bien immobilier en France ;
- compte tenu des diligences accomplies, ils pouvaient prétendre au bénéfice de l'exonération de la plus-value de cession pour la partie du bien qui constituait leur résidence principale en application de l'article 150 U, 11-1° du CGI.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2021, complété par un mémoire enregistré le 1er septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C B ;
- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hubert pour M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D ont été imposés au titre de la plus-value immobilière réalisée lors de la vente, le 16 mars 2018, du bien immobilier sis 1769 route de Saint Véran à Beaumes de Venise (Vaucluse). Ils ont présenté, le 5 novembre 2019 une réclamation visant à obtenir le dégrèvement partiel des droits payés, au motif qu'une partie de ce bien était affectée à leur résidence principale. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet prononcée le 24 août 2020. M. et Mme D, par une requête enregistrée au greffe le 26 octobre 2020, demandent au tribunal de leur accorder la décharge des impositions mises à leur charge à concurrence de la partie du bien immobilier qui constituait leur résidence principale, soit la somme de 151 546 euros.
2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux rappels en litige : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques (), lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. () II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : 1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ; () ".
3. Pour l'application de ces dispositions, un immeuble ne perd pas sa qualité de résidence principale du cédant au jour de la cession du seul fait que celui-ci a libéré les lieux avant ce jour, à condition que le délai pendant lequel l'immeuble est demeuré inoccupé puisse être regardé comme normal. Il en va ainsi lorsque le cédant a accompli les diligences nécessaires, compte tenu des motifs de la cession, des caractéristiques de l'immeuble et du contexte économique et réglementaire local, pour mener à bien cette vente dans les meilleurs délais à compter de la date prévisible du transfert de sa résidence habituelle dans un autre lieu.
4. Il résulte de l'instruction que M. et Mme D ont mis leur résidence principale en vente le 21 mars 2014, confiant pour ce faire un mandat d'exclusivité à l'agence Emile Garcin Immobilier pour un prix de base de 2 500 000 euros soit un prix net vendeur de 2 360 000 euros. Ils sont partis au Canada au cours du mois d'août 2015, tout d'abord pour s'y installer provisoirement puis, définitivement. Ce premier mandat a été dénoncé le 11 décembre 2015, et un nouveau mandat sans exclusivité a été signé le même jour au profit de l'agence Provence Secrète Immobilier, pour un prix net vendeur de 2 300 000 euros. Un troisième mandat exclusif a été signé le 9 février 2016, pour une durée de 15 mois, à l'agence Emile Garcin Propriétés, pour un prix de base de 2 120 000 euros et un prix net vendeur de 2 000 000 euros. Le 9 septembre 2016, un mandat de vente sans exclusivité, courant jusqu'au 9 octobre 2016, a été consenti à l'agence Maison en Campagne Agence Immobilière au prix net vendeur de 2 100 000 euros. Enfin, par un mandat de vente sans exclusivité du 18 mai 2017, M. et Mme D ont confié la vente de leur maison à Provence Lubéron Sotheby's International Realty, pour un prix de vente de 2 200 000 euros. La vente a finalement été conclue le 16 mars 2018 pour un prix de 1 750 000 euros.
5. M. et Mme D soutiennent avoir accompli toutes les diligences nécessaires pour parvenir à la vente de leur bien, et exposent par ailleurs qu'ils ont rencontré des difficultés suite à des informations contradictoires et parfois erronées ayant émané des services de l'urbanisme et nécessitant l'intervention d'un géomètre-expert au sujet d'un espace non cadastré qualifié par la mairie d'un chemin communal et l'organisation d'une entente avec les différents voisins pour prévoir le déplacement dudit chemin, ce dont ils justifient par un projet de bornage et reconnaissance de limites établi par un géomètre le 27 juin 2017. Ils font valoir que plusieurs projets de vente ont avorté antérieurement à la cession du mois de mars 2018, les acquéreurs potentiels s'étant rétractés juste avant la signature du compromis prévu, ce dont ils justifient en produisant des échanges de courriels avec leur notaire en janvier 2015 puis en décembre 2016.
6. Pour refuser aux requérants le bénéfice de l'exonération sollicitée, les services fiscaux font valoir que le délai de cession du bien excède largement la durée normale de vente, dans la mesure où trente-deux mois se sont écoulés entre la date du déménagement dont il est fait état sur la déclaration des revenus 2015 (1er août 2015) et la date de la vente (16 mars 2018). Ils relèvent tout d'abord, à tort, que les démarches pour trouver un acquéreur ont été suspendues entre le 9 octobre 2016 et le 18 mai 2017, alors que les requérants justifient que le mandat signé le 9 février 2016 était valable pour une durée de 15 mois, soit jusqu'au 9 mai 2017. Ensuite, le service observe qu'au regard des prix figurant sur les différents mandats, le prix souhaité par les époux D était sans doute trop élevé, la vente ayant été conclue au final moyennant un prix de 1 750 000 euros. Toutefois, l'administration, qui dispose pourtant des services compétents et des informations pertinentes en matière d'évaluations foncières, ne produit aucune donnée chiffrée permettant de remettre en cause l'estimation par les requérants de la valeur de leur bien, lequel, ainsi qu'il a été dit plus haut, a fait l'objet d'au moins deux offres d'achat en janvier 2015 et en décembre 2016.
7. Dans ces circonstances, quand bien-même la vente de la maison d'habitation de M. et Mme D est intervenue plus de deux ans après leur départ pour le Canada, les requérants, au vu du nombre et de la continuité des mandats consentis, d'une mise en vente dès le mois de mars 2014, soit avant leur départ, des offres d'achat reçues en janvier 2015 et décembre 2016 ainsi que de la valeur et des spécificités de leur bien, lequel s'adressait nécessairement à une clientèle restreinte, établissent avoir accompli les diligences nécessaires à la vente de ce bien dans les meilleurs délais possibles. Le délai pendant lequel cet immeuble est resté inoccupé doit donc être regardé dans les circonstances très particulières de l'espèce comme normal et ce bien ne peut dès lors pas être regardé comme ayant perdu sa qualité de résidence principale au jour de la cession pour l'application des dispositions précitées. M. et Mme D sont donc fondés à soutenir qu'ils pouvaient prétendre au bénéfice de l'exonération de la plus-value prévue à l'article 150 U du code général des impôts à hauteur de la surface de 350 m² affectée à leur résidence principale.
8. Si le service relève à ce dernier égard qu'aucun justificatif n'est produit, attestant de la surface réelle affectée aux parties à usage privatif / à usage commercial, il n'apporte de son côté aucun élément susceptible de le remettre en cause.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. et Mme D doivent être déchargés de la cotisation d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2018 à hauteur de la fraction de plus-value immobilière mise à leur charge au titre de la vente réalisée le 16 mars 2018 et correspondant à leur résidence principale.
10. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme D sont déchargés de la cotisation d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2018 à hauteur de la fraction de plus-value immobilière mise à leur charge au titre de la vente réalisée le 16 mars 2018 et correspondant à leur résidence principale.
Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme D la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A D et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 2 décembre, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
P. B
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2003223
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026