jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003406 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GARREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 novembre 2020 et les 28 mars, 20 avril 2022 et 18 mai 2022, la société Mialon TP VRD, représentée par le cabinet Tournier et Associés, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement la communauté de commune Terre d'Argence et la société publique locale Terre d'Argence à lui verser la somme globale de 140 060,72 euros toutes taxes comprises (TTC) en réparation de ses préjudices résultant de la résiliation abusive du lot n°13 " voie réseaux divers " du marché de travaux de construction d'une halle des sports sur la commune de Jonquières-Saint-Vincent ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la communauté de commune Terre d'Argence et de la société publique locale Terre d'Argence la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation du marché est abusive ; les délais imposés par le mandataire du maître d'ouvrage dans la mise en demeure du 25 juin 2020 sont incompatibles avec les difficultés rencontrées du fait de la crise sanitaire et sont uniquement motivés par la nécessité de rattraper un retard qui ne lui est pas imputable ; la quasi-totalité des prestations et travaux mis à sa charge par le contrat a été exécutée ; certains travaux objets de la mise en demeure étaient totalement injustifiés et les griefs formulés inexistants ; le réseau d'eau pluvial sur grain de riz et l'enrobage de protection prévus au contrat ont bien été réalisés, des modifications relatives à la conception de l'ouvrage ont été demandées par le maître d'ouvrage et le maitre d'œuvre dès le 18 février 2019 notamment pour prendre en compte des remontées de nappes phréatiques alors qu'il ne lui appartenait pas de reprendre la conception de l'ouvrage en raison de cette l'apparition fortuite, qu'elle a fait preuve de bonne volonté en définissant avec le géotechnicien une adaptation de l'ouvrage dont la synthèse est intervenue en janvier 2020 et que les descentes d'eaux pluviales ont été réalisées conformément aux pièces contractuelles et correspondent à des travaux supplémentaires qui n'ont été ni ordonnés par ordre de service, ni rémunérés ; l'ouvrage de régulation dont l'absence de réalisation lui est fait grief est en fonction depuis le mois de décembre 2019 ; le compactage de la voirie de service ne saurait lui être imputé ; ainsi, les fautes qui lui sont reprochées sont insuffisantes pour justifier la résiliation du marché ;
- elle est fondée à solliciter l'indemnisation de la somme de 56 926,17 euros TTC correspondant aux situations mensuelles de travaux non réglées depuis le mois de juillet 2019 ;
- elle est fondée à solliciter l'indemnisation de la somme de 47 388,158 euros TTC correspondant à la situation mensuelle n°5 de travaux correspondant aux travaux exécutés constatés contradictoirement le 21 juillet 2020 ;
- elle est fondée à solliciter la réparation de l'immobilisation du matériel et des personnels le 21 juillet 2020, résultant de la résiliation fautive du marché, à hauteur de la somme de 5 064 euros TTC ;
- elle est fondée à solliciter la réparation du déplacement par porte-engin du matériel non roulant, résultant de la résiliation fautive du marché, à hauteur de la somme de 5 352 euros TTC ;
- elle est fondée à solliciter la réparation de sa désorganisation, résultant de la résiliation fautive du marché, à hauteur de la somme de 25 330 euros TTC.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 mars et 12 avril 2022, la communauté de commune Terre d'Argence et la société publique locale Terre d'Argence, représentées par la SELARL Maillot avocats et associés, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la résiliation du marché n'est pas fautive dès lors que de très nombreux manquements de l'attributaire ont été constatés durant l'exécution du marché et que ces manquements graves sont exclusivement imputables à un manque flagrant de diligences et de compétences de celui-ci ; l'attributaire ne démontre pas que la situation sanitaire aurait ralenti les délais de livraison et entravé le déroulement du chantier ; les travaux auraient dû être achevés en février 2020, soit avant la mise en place des mesures de confinement ; ces manquements ont fait l'objet de plusieurs mises en demeure qui n'ont pas été suivies d'effet ; les travaux prétendument supplémentaires allégués ne sont en réalité que la reprise de travaux non conformes aux prescriptions du marché ; les supposées sujétions imprévues liées aux pluies sur le chantier n'ont impacté que le gros œuvre et ont fait l'objet d'un avenant au marché ; aucun travail ou sujétion supplémentaires n'ont été demandés à l'entreprise ; pour ces motifs, la résiliation fautive prononcée aux frais et risques de la société requérante est justifiée ;
- les prétentions indemnitaires de la société requérante sont infondées et non étayées.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen, relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant à la condamnation de la société publique locale Terre d'Argence (maître d'ouvrage délégué), à réparer les conséquences de la résiliation du marché sont mal dirigées, seul le maître de l'ouvrage étant susceptible de voir sa responsabilité engagée envers les personnes qui ont contracté avec le maître de l'ouvrage délégué, agissant en son nom et pour son compte en cette qualité, à raison des conditions dans lesquelles le marché a été passé ou exécuté.
Des observations, enregistrées le 8 septembre 2022, ont été produites pour la société Mialon TP VRD, en réponse au moyen d'ordre public qui a été soulevé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;
- la loi 85-704 du 12 juillet 1985 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tournier, représentant la société Mialon TP VRD, et de Me Bard, représentant la communauté de commune Terre d'Argence et la société publique locale Terre d'Argence.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 14 décembre 2018, la communauté de commune Terre d'Argence a confié à la société Mialon TP VRD l'exécution du lot n°13 " voie réseaux divers " du marché de travaux de la construction d'une halle des sports sur la commune de Jonquières-Saint-Vincent. La société publique locale (SPL) Terre d'Argence est intervenue dans l'opération en qualité de mandataire du maître d'ouvrage. La maîtrise d'œuvre a été confiée à la société SCOP Eco Studio. Les travaux prévus au marché ont débuté le 14 février 2019. Le 23 décembre 2019, une mise en demeure d'exécuter ses obligations a été notifiée à la société Mialon TP VRD. Une seconde mise en demeure a été notifiée à la société requérante le 12 mars 2020. Le chantier a été interrompu de mars à mai 2020 durant le premier confinement lié à la crise sanitaire. Par un courrier du 25 juin 2020, la SPL Terre d'Argence, constatant l'absence d'achèvement des travaux, a adressé une nouvelle mise en demeure à la société attributaire et a prononcé la résiliation du marché pour faute et aux frais du titulaire le 17 juillet 2020. Le 27 juillet 2020, la société Mialon TP VRD a contesté cette résiliation et a adressé le 3 août 2020 une réclamation à la SPL Terre d'Argence. Ladite réclamation a été rejetée le 8 septembre 2020. Par la présente requête, la société Mialon TP VRD demande la condamnation solidaire la communauté de commune Terre d'Argence et la société publique locale Terre d'Argence à réparer ses préjudices.
Sur la mise en hors de cause de la SPL Terre d'Argence :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi 85-704 du 12 juillet 1985 : " Dans la limite du programme et de l'enveloppe financière prévisionnelle qu'il a arrêtés, le maître de l'ouvrage peut confier à un mandataire, dans les conditions définies par la convention mentionnée à l'article 5, l'exercice, en son nom et pour son compte, de tout ou partie des attributions () de la maîtrise d'ouvrage : () Le mandataire représente le maître de l'ouvrage à l'égard des tiers dans l'exercice des attributions qui lui ont été confiées jusqu'à ce que le maître de l'ouvrage ait constaté l'achèvement de sa mission dans les conditions définies par la convention mentionnée à l'article 5. Il peut agir en justice. " Aux termes de l'article 5 de la même loi : " Les rapports entre le maître de l'ouvrage et le mandataire sont définis par un contrat écrit qui prévoit, à peine de nullité : () e) Les conditions dans lesquelles le mandataire peut agir en justice pour le compte du maître de l'ouvrage. ". Par les dispositions précitées de la loi du 12 juillet 1985, le législateur a entendu faire produire au mandat qu'elles instituent et réglementent tous les effets du principe de représentation du mandant par le mandataire, dans l'exercice et la limite des attributions confiées à ce dernier par la convention de mandat conclue. Ainsi le mandat confié au maître de l'ouvrage délégué n'a pas eu pour conséquence de faire perdre au mandant la qualité de maître d'ouvrage et de la décharger, vis-à-vis des entreprises, de la responsabilité qui peut être encourue en cette qualité. La responsabilité contractuelle du maître de l'ouvrage délégué ne peut être engagée, quant à elle, que par le maître de l'ouvrage et à raison des fautes commises dans l'exercice du mandat. Il en résulte que le maître de l'ouvrage est seul susceptible de voir sa responsabilité engagée envers les personnes qui ont contracté avec le maître de l'ouvrage délégué, agissant en son nom et pour son compte en cette qualité, à raison des conditions dans lesquelles le marché a été passé ou exécuté. Il s'en suit qu'un constructeur, qui n'invoque aucune faute personnelle du maître de l'ouvrage délégué détachable de son mandat, a mal dirigé son action en sollicitant la condamnation du maître d'ouvrage délégué. Le maître de l'ouvrage délégué doit donc être mis hors de cause.
3. Il résulte de ce qui précède que la société publique locale Terre d'Argence, maître d'ouvrage délégué, doit être mise hors de cause dans la présente instance.
Sur le bien-fondé de la résiliation du marché :
4. Aux termes du cahier des clauses administratives générales applicable au marché en litige : " 46.3.1. Le représentant du pouvoir adjudicateur peut résilier le marché pour faute du titulaire dans les cas suivants : / () c) Le titulaire, dans les conditions prévues à l'article 48, ne s'est pas acquitté de ses obligations dans les délais contractuels, après que le manquement a fait l'objet d'une constatation contradictoire et d'un avis du maître d'œuvre, et si le titulaire n'a pas été autorisé par ordre de service à reprendre l'exécution des travaux ; dans ce cas, la résiliation du marché décidée peut être soit simple, soit aux frais et risques du titulaire et, dans ce dernier cas, les dispositions des articles 48.4 à 48.7 s'appliquent () ". Aux termes de l'article 48.4 du même cahier des clauses administratives générales : " En cas de résiliation aux frais et risques du titulaire, les mesures prises en application de l'article 48.3 sont à la charge de celui-ci. Pour l'achèvement des travaux conformément à la réglementation en vigueur, il est passé un marché avec un autre entrepreneur. Ce marché de substitution est transmis pour information au titulaire défaillant. Par exception aux dispositions de l'article 13.4.2, le décompte général du marché résilié ne sera notifié au titulaire qu'après règlement définitif du nouveau marché passé pour l'achèvement des travaux ".
5. Même si le marché ne contient aucune clause à cet effet et, s'il contient de telles clauses, quelles que soient les hypothèses dans lesquelles elle prévoient qu'une résiliation aux torts exclusifs du titulaire est possible, il est toujours possible, pour le pouvoir adjudicateur, de prononcer une telle résiliation lorsque le titulaire du marché a commis une faute d'une gravité suffisante.
6. En l'espèce, le lot n°13 en litige a été résilié aux motifs de retards, de travaux non réalisés et de malfaçons constatées, ayant totalement désorganisé le chantier, qui n'a pas été en mesure d'être réceptionné dans les délais. La résiliation est également intervenue au motif non contesté du dépôt de tas de terre et de gravats sur un terrain voisin sans autorisation.
7. En premier lieu, la société Mialon TP VRD soutient que dans le contexte de force majeure lié à la crise sanitaire, l'absence de réalisation de l'ensemble des travaux prescrits dans le délai de 15 jours assigné par la mise en demeure du 25 juin 2020 ne pouvait lui être reprochée. Toutefois, il résulte de l'instruction que la plupart des manquements reprochés à la société requérante ont fait l'objet de deux mises en demeure les 27 décembre 2019 et 12 mars 2020, soit antérieurement à la survenance de la crise sanitaire. Contrairement à ce que soutient la société Mialon TP VRD, il résulte du planning d'exécution modifié que ces travaux devaient, pour l'essentiel, être exécutés entre janvier et mi-mars 2020, les seuls travaux restants concernant les clôtures et les revêtements, soit avant le premier confinement ayant entrainé la suspension du chantier du 19 mars au 19 mai 2020. Ainsi, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que certains travaux étaient prévus en phase 3, interrompue par la résiliation. Pour les mêmes motifs, elle n'invoque pas utilement les difficultés liées au contexte de l'état d'urgence sanitaire, qui à la date du 25 juin 2020 ne revêt en outre pas le caractère d'un évènement de force majeure.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1.4.9 du cahier des clauses techniques particulières du lot n°13 concerné : " Les plans d'exécution seront donnés en 3 ex papier + 1 au format dwg à la maîtrise d'œuvre 15 j mini avant les travaux pour visa. Les fiches matériaux seront envoyées par mail pour validation. Aucuns travaux ne commenceront sans le visa du maître d'œuvre. S'il s'avérait que l'entreprise ait réalisé des travaux sans validation des fiches de matériaux ou des plans d'exécution elle en assurerait la garantie totale () ".
9. Pour contester le grief tiré de la remise tardive des plans d'exécution des travaux (plans EXE) alors que la période de préparation des travaux était échue, la société requérante soutient, sans le démontrer, qu'elle a remis des plans d'exécution conformes aux plans d'architectes présents au DCE dans la période de préparation le 6 février 2019. Par ailleurs, il ressort des propres écritures de la requérante que les compléments de plans EXE ont été envoyés en novembre 2019 et que les fiches concernant le béton désactivé, la stabilité et la géo membrane ont été remises lors d'une réunion du 28 janvier 2020, alors que les travaux étaient largement commencés. Pour justifier du retard dans la remise de ses fiches au maître d'œuvre, la société requérante oppose d'une part son intervention en trois phases en vertu de laquelle il est d'usage de remettre les plans EXE et les fiches produits à mesure de l'avancée des phases, en raison d'éventuelles modifications et d'autre part, l'apparition fortuite de remontée de nappes phréatiques sur le chantier, ayant impliqué qu'elle définisse une adaptation de l'ouvrage avec un géotechnicien dont la synthèse n'est intervenue qu'en janvier 2020. Toutefois aucune pièce contractuelle n'impose une réalisation des travaux en trois phases et il ne résulte pas de l'instruction que l'apparition fortuite de remontée de nappes phréatiques sur le chantier, à la supposée établie, ait nécessité des travaux et sujétions complémentaires non prévus au contrat imposés à la société Mialon TP VRD, justifiant un quelconque retard dans la production de fiches EXE, alors que celles produites l'ont été postérieurement au délai de préparation administrative fixé à un mois. Ainsi, les retards dans la production de ces fiches sont établis et méconnaissent les stipulations du cahier des clauses techniques particulières précitées.
10. En troisième lieu d'une part, le constat contradictoire des manquements établi le 21 juillet 2020, juste après la résiliation, établit la réalité des malfaçons et travaux inachevés sur les réseaux, les ouvrages de collecte des eaux pluviales et la voie d'entretien de l'ouvrage. Ce constat contradictoire n'est pas sérieusement remis en cause par la production de photographies de tranchées de réseaux eaux pluviales / eaux usées prises en cours de chantier alors qu'il était demandé à la société requérante, par la mise en demeure du 25 juin 2020, d'effectuer des sondages pour mettre en œuvre une exécution conforme sur l'ensemble du réseau. Par ailleurs, le procès-verbal de constat d'huissier du 23 novembre 2020, réalisé après sondage s'agissant de la pose des membranes géotextiles et géo membrane en pieds de façade des bâtiments, corrobore l'absence d'achèvement de la pose de ces matériaux. En outre, c'est vainement que la requérante se prévaut de la réalisation en décembre 2019 du raccordement au bassin de rétention par un ouvrage de régulation fonctionnant depuis lors dès lors que la mise en demeure du 25 juin 2020 se limite à lui demander la fourniture et la pose d'une clôture et d'un portail sur cet ouvrage. Par suite, la réalité des travaux non conformes et inachevés est établie.
11. D'autre part, contrairement à ce que soutient la société Mialon TP VRD l'obligation de grillage avertisseur figure bien dans le CCTP pour l'ensemble des réseaux. Par ailleurs, s'agissant de la voie d'entretien, la société requérante n'invoque pas utilement la faute des autres titulaires, qui auraient utilisé et endommagé cette voie dès lors que la non-conformité justifiant la mise en demeure de compactage réside dans la nature coupante des matériaux mis en œuvre. Ainsi, compte tenu de l'ampleur des manquements constitués par l'absence de transmission des plans d'exécution avant réalisation des travaux, les retards de travaux, les travaux inachevés ou non conformes, et des rappels à l'ordre qui lui ont été faits à la suite desquels la requérante n'a que partiellement réagi, la gravité des fautes commises par celle-ci justifiait la résiliation pour faute prononcée.
12. Il résulte de tout ce qui précède que, la résiliation aux frais et risques du titulaire est fondée. Par suite, l'ensemble des conclusions indemnitaires de la requête doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge la communauté de commune Terre d'Argence et de la société publique locale Terre d'Argence la somme que la Société Mialon TP VRD demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la Société Mialon TP VRD une somme de 1 000 euros à verser à la la communauté de commune Terre d'Argence et une somme de 1 000 euros à verser à la communauté de commune Terre d'Argence.
D E C I D E :
Article 1er : La société publique locale Terre d'Argence est mise hors de cause.
Article 2 : La requête de la société Mialon TP VRD est rejetée.
Article 3 : La société Mialon TP VRD versera la somme de 1 000 euros à la communauté de commune Terre d'Argence et la somme de 1 000 euros à la société publique locale Terre d'Argence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Mialon TP VRD, à la communauté de commune Terre d'Argence et à la société publique locale Terre d'Argence.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
La présidente de la 2ème chambre,
F. CORNELOUP
La greffière,
F. GARNIER
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026