vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003625 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LEGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 novembre 2020 et les 31 mai 2021, 4 février 2022 et 6 janvier 2023, M. G B, M. F B, M. H B et M. C B, représentés par Me Bourquelot, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner la commune de Ménerbes à leur payer la somme de 42 600,95 euros en réparation de leur préjudice de jouissance, et la somme de 50 000 euros en réparation de leur préjudice de vue, avec des intérêts au taux légal à compter du 28 juillet 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 28 juillet 2021 ;
2°) de condamner la commune de Ménerbes à leur payer les intérêts légaux calculés sur la somme de 9 000 euros correspondant aux allocations provisionnelles sur les honoraires d'expertise, à compter des dates de versement de chacune des consignations ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ménerbes la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité sans faute de la commune de Ménerbes est engagée à raison, d'une part, du préjudice de jouissance de la maison, dont ils ont été propriétaires jusqu'au 21 décembre 2022, provoqué par des nuisances sonores dépassant les valeurs réglementaires, et, d'autre part, du préjudice de vue, ensemble causés par la pompe à chaleur et la surélévation du mur de la terrasse où elle est installée ; ils sont tiers à cet ouvrage public et ces dommages excèdent manifestement les sujétions susceptibles de leur être normalement imposées ;
- le préjudice de jouissance s'établit à 25 % de la valeur locative de la maison, qui est de 565,75 euros par mois, depuis l'installation de la pompe à chaleur le 13 octobre 2016 jusqu'à la vente de la maison intervenue le 20 décembre 2022, soit au total 42 600,95 euros ;
- le préjudice de vue s'établit à 50 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 décembre 2020, le 23 janvier 2022, le 22 février 2022 et le 10 février 2023, la commune de Ménerbes, représentée par Me Légier, conclut à ce que l'indemnisation du préjudice de jouissance des requérants soit réduite à de plus justes proportions, au rejet des autres conclusions de la requête, à ce que M. D, maître d'œuvre des travaux, et la société des établissements Biscarat, constructeur, la garantissent des condamnations prononcées à son encontre et lui remboursent les frais d'expertise et de déplacement de la pompe à chaleur quelle qu'en soit la cause, et à ce qu'il soit mis à la charge de M. D et de la société des établissements Biscarat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- depuis le 11 août 2020, le fonctionnement de la pompe à chaleur est limité aux horaires de travail ce qui a réduit les nuisances sonores, qui ne constituent dès lors plus un préjudice anormal et spécial ;
- la perte de vue n'excède pas les sujétions normales que les riverains doivent supporter dans l'intérêt de l'entretien et de la conservation de l'ouvrage public ; ce préjudice n'est donc pas indemnisable ;
- M. D, maître d'œuvre des travaux, qui avait pour mission de concevoir et de surveiller la bonne exécution des travaux et d'exercer son devoir de conseil quant aux risques inhérents à l'installation de la climatisation sur la terrasse et l'entreprise Biscarat, constructeur, qui était tenue par le cahier des clauses techniques particulières de garantir un fonctionnement de l'installation ne causant pas de gêne supérieure aux limites fixées par les recommandations du ministère de la santé publique, doivent la garantir de l'indemnisation des dommages causés aux consorts B ;
- elle entend opposer aux consorts I, intervenants volontaires, l'argumentation développée dans ses précédentes écritures ;
- ceux-ci ne sauraient se prévaloir d'un préjudice à raison d'une vue qu'ils n'ont pas connue, ayant acquis le bien le 21 décembre 2022 en l'état de la vue alors existante.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 6 janvier 2023, M. G I et Mme K J épouse I, représentés par Me Bourquelot, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de Ménerbes à leur payer, d'une part, une somme de 566,75 euros par mois en réparation de leur préjudice de jouissance, à compter du 21 décembre 2022, date d'acquisition de la maison en cause, jusqu'à la cessation dudit préjudice de jouissance, et, d'autre part, la somme de 50 000 euros en réparation de leur préjudice de vue, avec intérêts au taux légal à compter du 28 juillet 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 28 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Ménerbes de procéder, en premier lieu, à l'arrêt total de la pompe à chaleur, dans un délai de deux jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, en deuxième lieu à la dépose de cette pompe à chaleur dans un délai de dix jours à compter de ce jugement et sous la même astreinte, en dernier lieu de démolir la surélévation du mur de la terrasse, dans un délai d'un mois, sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ménerbes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baccati,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- les observations de Me Judith Bourquelot, représentant les consorts B et les époux I,
- et les observations de Me Claire Légier, représentant la commune de Ménerbes.
Une note en délibéré présentée pour les consorts B et les époux I a été enregistrée le 19 septembre 2023.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Ménerbes a été enregistrée le 20 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Ménerbes a fait installer une pompe à chaleur sur le balcon de l'hôtel de ville, situé 16 place de l'horloge, en surélevant à cette occasion un mur mitoyen, situé entre cet édifice et l'immeuble dont les consorts B étaient alors propriétaires. Ces travaux ont été réceptionnés le 13 octobre 2016. Les consorts B, qui ont fait état de nuisances sonores causées par le fonctionnement de cette pompe à chaleur et d'un préjudice de vue résultant de la surélévation de ce mur, ont obtenu en référé une expertise, dont le rapport a été établi le 19 octobre 2020. Après le rejet de leur demande indemnitaire préalable reçue par la commune le 28 juillet 2020, les consorts B ont demandé au tribunal d'une part, de condamner la commune de Ménerbes à les indemniser du préjudice de jouissance résultant des nuisances sonores qu'ils indiquent subir du fait du fonctionnement de ainsi que du préjudice de vue résultant de la surélévation du mur du balcon communal, d'autre part d'enjoindre à la commune de Ménerbes de déposer la pompe à chaleur et de démolir la surélévation du mur séparatif entre leur propriété et la mairie. Ayant cédé cet immeuble le 21 décembre 2022 aux consorts I, dans le dernier état de leurs écritures les consorts B renoncent à leur demande d'injonction et réduisent leur demande de réparation du préjudice de jouissance.
Sur l'intervention des époux I :
2. Les époux I présentent des conclusions dans un mémoire enregistré le 6 janvier 2023, qu'ils qualifient de mémoire en intervention, alors qu'ils entendent obtenir, d'une part, la réparation des préjudices de jouissance et de perte de vue qu'ils disent subir personnellement depuis l'acquisition de la maison en cause et, d'autre part, qu'il soit enjoint à la commune de faire cesser les troubles correspondants, par des mesures qui ne sont pas demandées par les consorts B. Cette intervention, par laquelle les époux I présentent des conclusions qui leur sont propres, est donc irrecevable.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
4. La mairie de Ménerbes, sur la terrasse de laquelle une pompe à chaleur a été installée pour en chauffer les locaux, et dont un mur a été surélevé, appartient à la commune et est affectée à une fonction d'intérêt général. Cet édifice, y compris sa pompe à chaleur, qui constitue un accessoire nécessaire au fonctionnement du service public communal, constitue donc un ouvrage public, à l'égard duquel les consorts B, voisins immédiats, ont la qualité de tiers.
En ce qui concerne le préjudice de jouissance :
5. Aux termes de l'article R. 1334-33 du code de la santé publique, créé par le décret n° 2006-1099 du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage modifiant le code de la santé publique : " L'émergence globale dans un lieu donné est définie par la différence entre le niveau de bruit ambiant, comportant le bruit particulier en cause, et le niveau du bruit résiduel constitué par l'ensemble des bruits habituels, extérieurs et intérieurs, correspondant à l'occupation normale des locaux et au fonctionnement habituel des équipements, en l'absence du bruit particulier en cause. / Les valeurs limites de l'émergence sont de 5 décibels A en période diurne (de 7 heures à 22 heures) et de 3 dB (A) en période nocturne (de 22 heures à 7 heures), valeurs auxquelles s'ajoute un terme correctif en dB (A), fonction de la durée cumulée d'apparition du bruit particulier :1° Six pour une durée inférieure ou égale à 1 minute, la durée de mesure du niveau de bruit ambiant étant étendue à 10 secondes lorsque la durée cumulée d'apparition du bruit particulier est inférieure à 10 secondes ; 2° Cinq pour une durée supérieure à 1 minute et inférieure ou égale à 5 minutes ; 3° Quatre pour une durée supérieure à 5 minutes et inférieure ou égale à 20 minutes ; 4° Trois pour une durée supérieure à 20 minutes et inférieure ou égale à 2 heures ; 5° Deux pour une durée supérieure à 2 heures et inférieure ou égale à 4 heures ; 6° Un pour une durée supérieure à 4 heures et inférieure ou égale à 8 heures ; 7° Zéro pour une durée supérieure à 8 heures ".
6. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement du rapport d'expertise, que la pompe à chaleur installée sur la terrasse de l'hôtel de ville de Ménerbes, qui présente une puissance acoustique de 68 à 69 dB(A), émet effectivement 69 dB(A) à un mètre de distance avec un niveau sonore de 78,4 dB sur la fréquence de 63 Hz, ce qui correspond selon l'expert à une tonalité " très marquée ". Selon cette expertise, les effets sonores dans la propriété B, résultant du fonctionnement de la pompe à chaleur, conduisent à un dépassement global de la valeur réglementaire, de jour comme de nuit, de 9 à 13 dB(A) dans la chambre du premier étage, et de 1 à 7 dB(A) dans la chambre du second, selon que les fenêtres sont fermées ou ouvertes. L'expert relève également, fenêtres fermées, des dépassements en fréquence de 6 à 16 dB de jour et de 2 à 16 dB de nuit dans la chambre du premier étage, ainsi que de 1 à 4 dB de jour et 8 à 10 dB de nuit dans la chambre du second étage. Par ailleurs, sur la terrasse, l'expert relève un dépassement global de 9 dB(A) le jour et 16 dB(A) la nuit. Ainsi, cette pompe à chaleur ne fonctionne pas dans le respect des normes en vigueur en matière de bruits de voisinage. L'expert qualifie d'ailleurs ces dépassements de " très importants ". Dès lors, et quand bien même l'amplitude horaire du fonctionnement de la pompe à chaleur a été réduite à partir du 11 août 2020 pour être remenée aux horaires de bureau, il est établi que les dommages subis par les seuls consorts B, présentent par leur intensité et par leur gravité, en tout état de cause, un caractère anormal et spécial.
7. Le préjudice de jouissance passé a été subi à toute heure par les consorts B entre le 13 octobre 2016 et le 11 août 2020. A compter de cette date, il est justifié que le fonctionnement de la pompe à chaleur a été limité du lundi au vendredi de 10h à 18h, et le samedi de 10h à 13h. Dans ces conditions, sur le fondement de 1 500 euros par an eu égard aux seules pièces produites par les consorts B et aux termes généraux dans lesquels ils invoquent leur préjudice, celui-ci sera justement apprécié, depuis la mise en service de la pompe à chaleur jusqu'à la date du 21 décembre 2020 à laquelle ils ont cédé leur bien, au montant global de 6 700 euros.
En ce qui concerne le préjudice de vue :
8. Afin de dissimuler en partie la pompe à chaleur, un mur de la terrasse de l'hôtel de ville a été surélevé, sur une hauteur évaluée par l'expertise entre 0,5 mètre en façade et 1 mètre en bord de terrasse. Cette surélévation masque la partie gauche de la vue depuis la fenêtre de la chambre du 1er étage, sur Gordes et sur le massif au Nord. Un tel dommage, inhérent à l'existence même de l'ouvrage public, présente un caractère permanent. Il ressort des photographies prises par l'expert que les vues au centre de la fenêtre et à droite de celle-ci sont affectées par cette surélévation. Ce dernier précise d'ailleurs, dans sa réponse aux dires d'une partie, que ce sont 45 des 180 degrés de cette vue qui sont masqués. Les requérants ne justifient aucunement de ce que la perte d'un quart de la vue depuis la fenêtre de la chambre du 1er étage entrainerait par elle-même une importante diminution de la valeur vénale de leur maison. En admettant que tel serait le cas, cette perte n'excéderait pas que celle peut normalement être appelé à subir tout propriétaire d'une maison mitoyenne située en centre ancien d'un village, qui se trouve normalement exposée à un risque de construction en mitoyenneté Ainsi les circonstances invoquées par les époux B ne caractérisent pas un préjudice de vue. Ils ne peuvent, par suite, en demander la réparation. Leur demande d'indemnisation présentée à ce titre doit donc être rejetée.
Sur les appels en garantie :
En ce qui concerne le maître d'œuvre :
9. La responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut être engagée, dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres survenus en cours de chantier qui, sans affecter l'état de l'ouvrage achevé, ont causé des dommages au maître de l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves. Il importe peu, à cet égard, que les vices en cause aient ou non présenté un caractère apparent lors de la réception des travaux, dès lors que le maître d'œuvre en avait eu connaissance en cours de chantier.
10. En l'espèce, si la commune de Ménerbes invoque la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre au regard de son obligation de conseil lors des travaux en cause, et donc lors des opérations de réception, elle n'apporte en l'état des pièces du dossier et notamment en l'absence du contrat la liant à ce prestataire, aucun élément suffisamment précis de nature à établir un tel manquement de son maître d'œuvre à cet égard. Elle n'est donc pas fondée à l'appeler en garantie, sur ce fondement, des condamnations prononcées dans la présente instance.
En ce qui concerne le constructeur :
11. Aux termes de l'article 1792 du code civil : " Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. / Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère ". Selon l'article L. 1792-4-1 du même code : " Toute personne physique ou morale dont la responsabilité peut être engagée en vertu des articles 1792 à 1792-4 du présent code est déchargée des responsabilités et garanties pesant sur elle, en application des articles 1792 à 1792-2, après dix ans à compter de la réception des travaux () ".
12. La fin des rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et l'entrepreneur, consécutive à la réception sans réserve d'un marché de travaux publics, fait obstacle à ce que, sauf clause contractuelle contraire, l'entrepreneur soit ultérieurement appelé en garantie par le maître d'ouvrage pour des dommages dont un tiers demande réparation à ce dernier, alors même que ces dommages n'étaient ni apparents ni connus à la date de la réception. Il n'en va autrement que dans le cas où la réception n'aurait été acquise à l'entrepreneur qu'à la suite de manœuvres frauduleuses ou dolosives de sa part. Toutefois, si le dommage subi par le tiers trouve directement son origine dans des désordres affectant l'ouvrage objet du marché, la responsabilité de l'entrepreneur envers le maître d'ouvrage peut être recherchée sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs.
13. Les travaux en cause ont été réceptionnés sans réserve le 13 octobre 2016 par le maître d'œuvre, M. E D, architecte. Cette réception a mis fin aux rapports contractuels entre la commune de Ménerbes, maître de l'ouvrage, et la société Biscarrat, constructeur. La commune de Ménerbes ne soutient pas que le marché public aurait prévu une extension de la responsabilité contractuelle du constructeur au-delà de la date de réception des travaux. Elle n'invoque pas davantage la circonstance que la réception aurait été acquise à la suite de manœuvres frauduleuses ou dolosives de la part de la société Biscarrat ou du maître d'œuvre. Enfin, elle ne peut pas se prévaloir de la responsabilité décennale des constructeurs puisque les dommages en cause ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage public et ne le rendent pas impropre à sa destination. Elle n'est donc pas fondée à appeler en garantie son constructeur, sur le fondement des dispositions précitées, des condamnations prononcées à son encontre.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la commune de Ménerbes, tendant à l'appel en garantie du maître d'œuvre et du constructeur, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'expertise :
15. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les frais et honoraires de l'expertise de M. A L, prescrite par ordonnance n° 1702577 du 21 novembre 2017, liquidés et taxés à la somme de 12 706,13 euros TTC par l'ordonnance du 17 novembre 2020, incluant le montant des allocations provisionnelles accordées par les ordonnances des 3 octobre 2018, 21 décembre 2018, 21 juin 2019 et 10 janvier 2020, sont mis à la charge définitive de la commune de Ménerbes. Celle-ci remboursera donc ces allocations provisionnelles aux consorts B.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
16. Aux termes du premier alinéa de l'article 1231-6 du code civil : " " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure ".
17. D'une part, les consorts B ont droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 6 700 euros à compter du 28 juillet 2020, date de réception par la commune de Ménerbes de leur demande d'indemnisation préalable, avec capitalisation des intérêts à compter du 28 juillet 2021.
18. Si la commune de Ménerbes doit restituer aux consorts B la somme de 9 000 euros, en application de ce qui a été décidé au point 15, il n'y a pas lieu d'assortir cette somme, qui ne présente pas un caractère indemnitaire, des intérêts au taux légal.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des consorts B, de M. E D et de la société Biscarrat, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la commune de Ménerbes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Ménerbes, dans les circonstances de l'espèce, une somme de 1 500 euros à verser aux consorts B.
D E C I D E :
Article 1 er : L'intervention des époux I n'est pas admise.
Article 2 : La commune de Ménerbes versera aux consorts B une somme de 6 700 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 28 juillet 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 28 juillet 2021.
Article 3 : Les frais et honoraires de l'expertise de M. A L, prescrite par ordonnance n° 1702577 du 21 novembre 2017, liquidés et taxés à la somme de 12 706,13 euros TTC par l'ordonnance du 17 novembre 2020, incluant le montant des allocations provisionnelles accordées par les ordonnances des 3 octobre 2018, 21 décembre 2018, 21 juin 2019 et 10 janvier 2020, sont mis à la charge définitive de la commune de Ménerbes, qui restituera en conséquence la somme de 9 000 euros avancée par les consorts B.
Article 4 : La commune de Ménerbes versera aux consorts B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. G B, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, aux époux I et à la commune de Ménerbes.
Copie pour information en sera transmise à M. A L, expert.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026