vendredi 3 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003782 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ARMANDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 décembre 2020 et un mémoire enregistré le 2 avril 2021, Mme B C, représentée par Me Maury, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nîmes à lui verser la somme de 194 033,54 euros en réparation de ses préjudices résultant de sa prise en charge dans cet établissement en avril 2010, avec intérêt au taux légal à compter de la mise en demeure du 25 novembre 2019 et subsidiairement de la date de la requête introductive et capitalisation des intérêts à compter de ces dates ;
2°) de condamner le CHU de Nîmes aux dépens ;
3°) de mettre à la charge du CHU de Nîmes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- le CHU de Nîmes ne l'a pas informée des risques encourus par l'intervention chirurgicale ;
- cet établissement hospitalier a commis une faute médicale au cours de l'intervention chirurgicale subie le 1er avril 2010 dans cet établissement, à l'origine pour elle d'une hypocalcémie ;
- ses préjudices doivent être réparés comme suit :
* 3 000 euros au titre de son préjudice d'impréparation ;
* 41 197,01 euros au titre de son préjudice professionnel, après déduction de la créance de la (caisse primaire d'assurance maladie) CPAM et de l'allocation d'autonomie handicapé ;
* 6 735 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;
* 84 125,28 euros au titre de l'assistance par tierce personne définitive ;
* 6 176,25 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;
* 7 000 euros au titre des souffrances endurées évaluées à 3/7 ;
* 300 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire évalué à 1/7 ;
* 34 500 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent de 15% :
* 3 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent ;
* 8 000 euros au titre de son préjudice d'agrément.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mars et 29 avril 2021, le CHU de Nîmes, représenté par Me Armandet, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que la requérante soit indemnisée de la seule perte de chance de se soustraire à l'intervention chirurgicale selon un taux à définir par le tribunal.
Il soutient que
- la requête est tardive et donc irrecevable ;
- que le mémoire en intervention de la CPAM est irrecevable pour défaut de liaison du contentieux ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 4 mars 2021, le pôle inter-caisses des Hautes-Alpes, représenté par Me Kostova, demande au tribunal de condamner le CHU de Nîmes à lui verser la somme de 152 551,31 euros en remboursement de ses débours avec intérêts à compter du jour de sa demande, outre une indemnité forfaitaire de gestion de 1 098 euros et à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- les observations de Me Maury Camille, représentant Mme C et celles de Me Armandet, représentant le CHU de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. Souffrant d'une thyroïdite d'Hashimoto, Mme C, née le 19 septembre 1983, a subi le 1er avril 2010 une thyroïdectomie totale au CHU de Nîmes. Le 25 avril 2018, la requérante, qui souffre depuis lors d'une hypoparathyroïdie, a saisi d'une demande d'indemnisation la commission de conciliation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) de Languedoc-Roussillon, qui a ordonné une expertise, dont le rapport a été déposé le 30 octobre 2018. Par avis du 14 janvier 2019, la CCI a estimé que cet établissement avait commis des fautes dans la prise en charge de cette patiente de nature à lui ouvrir un droit à la réparation intégrale de ses préjudices. Estimant insuffisante la proposition d'indemnisation que lui a adressée la société hospitalière d'assurance mutuelle (SHAM) le 20 novembre 2020, Mme C demande la condamnation du CHU de Nîmes à réparer les conséquences dommageables, dont elle indique avoir été victime, à la suite de l'intervention chirurgicale subie le 1er avril 2010 dans cet établissement hospitalier.
Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". L'article L. 1142-7 du code de la santé publique prévoit qu'une personne qui s'estime victime d'un dommage imputable à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins peut saisir la commission de conciliation et d'indemnisation et que cette saisine interrompt le délai de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure engagée devant la commission. Eu égard à l'objectif poursuivi par le législateur en instituant cette procédure, la notification de la décision par laquelle un établissement public de santé rejette la réclamation d'un patient tendant à l'indemnisation d'un dommage doit indiquer non seulement que le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de deux mois mais aussi que ce délai est interrompu en cas de saisine de la commission de conciliation et d'indemnisation. Si elle ne comporte pas cette double indication, la notification ne fait pas courir le délai imparti à l'intéressé pour présenter un recours indemnitaire devant le juge administratif.
3. Il résulte, par ailleurs, du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an. Toutefois, cette règle ne trouve pas à s'appliquer aux recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité d'une personne publique qui, s'ils doivent être précédés d'une réclamation auprès de l'administration, ne tendent pas à l'annulation ou à la réformation de la décision rejetant tout ou partie de cette réclamation mais à la condamnation de la personne publique à réparer les préjudices qui lui sont imputés. La prise en compte de la sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause indéfiniment des situations consolidées par l'effet du temps, est alors assurée par les règles de prescription prévues par la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ou, en ce qui concerne la réparation des dommages corporels, par l'article L. 1142-28 du code de la santé publique.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 9 février 2012, notifiée le 16 février 2012, portant rejet de la réclamation préalable de Mme C ne mentionnait ni quelle juridiction pouvait être saisie d'un recours contentieux dans le délai de deux mois de sa notification ni que ce délai serait interrompu en cas de saisine, dans ce délai, de la commission de conciliation et d'indemnisation de sorte que délai du recours contentieux de deux mois n'était pas opposable à Mme C. La fin de non-recevoir opposée par le CHU de Nîmes, tirée de ce que le recours contentieux est tardif pour n'avoir été présenté ni dans le délai de 2 mois suivant la notification de cette décision le 16 février 2012 ni dans un délai raisonnable d'un an à compter de la notification de la décision, doit donc être écartée.
5. En deuxième lieu, compte tenu, d'une part, du lien qu'établissent les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale entre la détermination des droits de la victime et celle des droits de la caisse et, d'autre part, de l'obligation qu'elles instituent de mettre en cause la caisse de sécurité sociale à laquelle est affiliée la victime en tout état de la procédure afin de la mettre en mesure de poursuivre le remboursement de ses débours par l'auteur de l'accident, une caisse régulièrement mise en cause par le juge est recevable à présenter des conclusions tendant au remboursement de ses frais, alors même qu'elle n'aurait pas présenté de demande préalable. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de liaison du contentieux doit être écartée.
Sur la responsabilité pour faute :
En ce qui concerne le défaut d'information :
6. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique dans sa rédaction alors applicable : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. (). / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen ". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
7. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a pu subir du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité, notamment en prenant certaines dispositions personnelles.
8. Mme C a présenté, dans les suites immédiates de l'intervention pratiquée le 1er avril 2010 une hypoparathyroïdie avec hypocalcémie et crises de tétanie dont elle demeure atteinte. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement du rapport d'expertise médicale déposé le 30 octobre 2018, que la patiente souffrait d'une thyroïdite d'Hashimoto avec une augmentation importante du volume de cet organe qui indiquait la réalisation d'une thyroïdectomie totale mais que cette intervention présente un risque de créer une hypoparathyroïdie compte tenu de l'inflammation et des difficultés opératoires. La requérante soutient ne pas avoir été informée des risques de complications liés à l'intervention chirurgicale du 1er avril 2010 hormis, oralement, le risque de perdre sa voix. Le rapport d'expertise médicale déposé par les Dr D et Delarozière le 30 octobre 2018 relève que le dossier médical de l'intéressée ne comporte effectivement aucune mention de l'information de la patiente sur les risques encourus que la chirurgie lui faisait encourir. Le CHU de Nîmes a donc manqué à l'obligation d'information prévue par l'article L. 1111-2 du code de la santé publique.
En ce qui concerne la faute médicale :
9. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport médical déposé le 30 octobre 2018 et de l'avis de la CCI du 14 janvier 2019, que si la thyroïdectomie totale est indiquée dans les thyroïdites de Hashimoto lorsque le nodule thyroïdien est volumineux, elle risque de créer une hypoparathyroïdie compte tenu de l'inflammation et des difficultés opératoires, de sorte qu'elle doit s'accompagner d'une auto-transplantation des parathyroïdes dans le muscle stemo-cléido-mastoïdien par micro-logettes afin d'éviter la perte de la fonction des parathyroïdes et l'hypoparathyroïdie. En l'absence de ce geste, la chirurgie du 1er avril 2010 n'a pas été réalisée conformément aux règles de l'art. Le CHU de Nîmes a donc commis une faute médicale de nature à engager sa responsabilité. Cette faute médicale étant à l'origine de l'intégralité des dommages, il n'y a pas lieu de statuer sur la perte de chance de se soustraire à l'intervention chirurgicale.
Sur la responsabilité sans faute :
11. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".
12. Il résulte de l'instruction, et plus précisément du rapport d'expertise, que Mme C a également présenté, une dizaine de jours après l'intervention chirurgicale du 1er avril 2010, une infection du site opératoire et qu'un prélèvement a constaté la présence de la bactérie du staphylocoque doré. Cette infection, dont le caractère nosocomial n'est pas contesté, a conduit à une antibiothérapie entre le 11 et le 30 avril 2010. Les conséquences de cet acte médical non fautif, dont il est constant qu'elles ne présentent pas le seuil de gravité fixé par les articles L. 1142-1 et D. 1142-1 du code de la santé publique pour permettre une indemnisation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale, sont donc de nature à engager la responsabilité sans faute du CHU de Nîmes.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices personnels :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
13. Il résulte de l'expertise médicale que suite à l'intervention du 1er avril 2010, Mme C a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 4 au 7 avril 2010, soit pendant 4 jours, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50% jusqu'au 31 décembre 2010, soit pendant 8 mois et 23 jours, et enfin de 25% jusqu'au 31 décembre 2011, soit pendant 1 an. Il y a lieu d'indemniser ce préjudice par la condamnation du CHU de Nîmes à verser à Mme C la somme de 3 000 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
14. Les souffrances endurées par Mme C, victime de crises de tétanie régulières, ont été évaluées à 3 sur une échelle de 7 par les experts. Dès lors, il y a lieu de condamner le CHU de Nîmes à verser à la requérante la somme de 3 500 euros en réparation de ce préjudice.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
15. Mme C, âgé de 28 ans à la date de consolidation de son état de santé le 1er janvier 2012, souffre définitivement d'hypoparathyroïdie avec une hypocalcémie non équilibrée et des crises de tétanies régulières et imprévisibles. Son déficit fonctionnel permanent doit donc être évalué à 15 % ainsi que le propose d'ailleurs le rapport d'expertise. Dans ces conditions, la réparation du déficit fonctionnel permanent de la requérante doit être évaluée à 24 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
16. Les experts ont fixé à 1 sur une échelle de 7 le préjudice esthétique temporaire de Mme C sur la période du 10 avril au 10 mai 2010, pendant laquelle sa cicatrice s'est compliquée d'une infection nosocomiale tout en précisant qu'à défaut de complication, l'ablation des points aurait dû intervenir au 10ème jour. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à la requérante la somme de 800 euros.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
17. Si Mme C explique que ses crises régulières de tétanie, qui touchent notamment les muscles des membres supérieurs ou inférieurs, lesquels se paralysent dans des positions anormales pendant une période plus ou moins longue et les muscles oculaires, cette situation ne constitue pas un préjudice permanent mais une perte de qualité de vie déjà indemnisée au titre de déficit fonctionnel permanent. La demande présentée à ce titre doit être rejetée.
S'agissant du préjudice d'agrément :
18. Si la requérante se prévaut d'un préjudice d'agrément au motif de l'impossibilité de faire du vélo et du ski, elle n'établit pas de manière suffisamment probante, par l'attestation de son mari et les pièces qui indiquent qu'elle a travaillé comme réceptionniste dans une résidence d'une station de ski pendant la saison hivernale 2006-2007 et comme animatrice jardin dans une école française du ski la saison hivernale suivante, avoir pratiqué de manière régulière ces activités sportives dont elle serait privée à raison de ses dommages, la perte de qualité de vie et des joies usuelles de la vie courante étant déjà indemnisée au titre du déficit fonctionnel permanent. Le préjudice d'agrément n'est donc pas établi.
S'agissant du préjudice d'impréparation :
19. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.
20. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que Mme C est en droit d'obtenir réparation des troubles qu'elle a subis du fait qu'elle n'a pas pu se préparer psychologiquement aux risques liés à l'intervention de thyroïdectomie et qui se sont réalisés alors, au surplus, que les experts médicaux indiquent qu'elle aurait pu se soustraire à cette opération si on lui en avait bien expliqué les risques et que l'avis de la CCI du 14 janvier 2019 ajoute qu'elle n'était pas impérative. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'impréparation subi par l'intéressée en lui allouant à ce titre une indemnité de 2 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé :
21. Mme C n'allègue pas avoir conservé de dépenses de santé à sa charge. Pour sa part, la CPAM des Hautes-Alpes justifie de débours passés d'un montant total de 9 404,01 euros de frais hospitaliers et médicaux entre le 7 avril 2010 et le 2 novembre 2011, dont la CPAM atteste de l'imputabilité à la faute médicale. Il y a donc lieu de mettre cette somme à la charge du CHU de Nîmes. La CPAM des Hautes-Alpes n'a pas fait connaître de débours pour la période comprise entre le 3 novembre 2011 et le jour du jugement, malgré la mesure d'instruction lui ayant demandé d'actualiser ses demandes. Elle fait en revanche état, s'agissant des dépenses de santé futures, de la nécessité d'une surveillance biologique semestrielle pour un montant annuel de 39,42 euros outre de frais pharmaceutiques de 577,68 euros, soit un total de 617,10 euros par an, dont elle atteste également de l'imputabilité à la faute médicale commise par le CHU de Nîmes. En tenant compte du barème de capitalisation de la Gazette du Palais pour l'année 2022 qui fixe à 41,351 le prix d'un euro de rente viagère pour une femme de 39 ans, à la date du jugement, il y a lieu de condamner le CHU de Nîmes à verser à la CPAM des Hautes-Alpes la somme de 25 517,70 euros au titre des dépenses de santé futures. En revanche, si la caisse demande également le remboursement de deux consultations médicales par un médecin généraliste par an au motif de la surveillance de ces résultats biologiques, le lien de causalité entre la faute médicale et ces frais n'est pas suffisamment certain dès lors qu'il résulte de l'instruction que l'ablation totale de la thyroïde aurait en tout état de cause rendu nécessaire une surveillance médicale régulière de Mme C. La demande présentée à ce titre doit donc être rejetée.
S'agissant des frais d'assistance par une tierce personne :
22. Il résulte du rapport d'expertise médicale que Mme C a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50% entre le 8 avril et le 31 décembre 2010, soit pendant 8 mois et 23 jours, période pendant laquelle elle fait valoir avoir été dans l'impossibilité de s'occuper notamment des tâches ménagères ou encore de ses enfants, alors âgés de 4 ans et 7 ans, ce dont atteste d'ailleurs son mari qui expose avoir dû assister son épouse dans la vie quotidienne. Pour ces motifs, et même si l'expert médical ne l'a pas retenu dans son rapport, il y a lieu d'indemniser un besoin d'aide par une tierce personne non spécialisée, qui lui a été apportée par son époux, à raison de 1 heure par jour pendant cette période. En revanche, la nécessité d'une assistance par une tierce personne à partir du 1er janvier 2011, date à laquelle son déficit fonctionnel temporaire partiel était de 25% puis après sa consolidation le 1er janvier 2012 avec un déficit fonctionnement permanent de 15% n'est pas établie et n'a d'ailleurs pas été retenu par le rapport d'expertise médicale, qui n'a pas conclu à l'incapacité de conduire dont elle se prévaut. Il ne résulte pas de l'instruction, dès lors notamment que sa pension d'invalidité n'a pas été majorée pour tierce personne, que Mme C aurait perçu une aide ou une prestation au titre de l'aide humaine. Compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance horaire brut au cours de cette période, augmenté des charges sociales, à un taux moyen horaire de 13 euros, les frais engagés pour l'assistance d'une tierce personne à domicile doivent être évalués sur cette période à 3 419 euros à mettre à la charge du CHU de Nîmes.
S'agissant de la perte de revenus professionnels et de l'incidence professionnelle :
23. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre./ Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci après./ Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel./ Conformément à l'article 1252 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée./ Cependant, si le tiers payeur établit qu'il a effectivement et préalablement versé à la victime une prestation indemnisant de manière incontestable un poste de préjudice personnel, son recours peut s'exercer sur ce poste de préjudice. "
24. En vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il y a lieu de déduire de l'indemnisation allouée à la victime d'un dommage corporel au titre des frais liés au handicap le montant des prestations dont elle bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. Il en est ainsi alors même que les dispositions en vigueur n'ouvrent pas à l'organisme qui sert ces prestations un recours subrogatoire contre l'auteur du dommage. La déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement au bénéficiaire s'il revient à meilleure fortune.
25. D'une part, eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par les dispositions de l'article L. 341-1 du code de la sécurité sociale et à son mode de calcul, en fonction du salaire, fixé par l'article R. 341-4 du code de la sécurité sociale, la pension d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité. Dès lors, le recours exercé par une caisse de sécurité sociale à raison d'une pension d'invalidité qu'elle a versée à la victime ne peut s'exercer que sur ces deux postes de préjudice.
26. Il convient, en conséquence, de déterminer si l'incapacité permanente conservée par Mme C en raison de la faute médicale du 1er avril 2010 a entraîné des pertes de revenus professionnels et une incidence et, dans l'affirmative, d'évaluer ces postes de préjudice sans tenir compte, à ce stade, du fait qu'ils ont donné lieu au versement d'une pension d'invalidité. Pour déterminer ensuite dans quelle mesure ces préjudices ont été réparés par la pension, il y a lieu de regarder cette prestation comme réparant prioritairement les pertes de revenus professionnels et, par suite, comme ne réparant tout ou partie de l'incidence professionnelle que si la victime ne subissait pas de pertes de revenus ou si le montant de ces pertes était inférieur à celui perçu au titre de la pension.
27. D'autre part, eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par les dispositions des articles L. 821-1 et L. 821-1-1 du code de la sécurité sociale précitées, l'allocation aux adultes handicapés et le complément de ressources doivent être regardés comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité. Aucune disposition ne permet par ailleurs à l'organisme qui a versé ces prestations d'en réclamer au bénéficiaire le remboursement si celui-ci revient à meilleure fortune.
Quant aux pertes de revenus du 1er avril 2010 à la date de consolidation :
28. Il résulte de l'instruction que Mme C, qui exerçait, avant l'intervention du 1er avril 2010, un emploi d'équipière polyvalente et hôtesse au sein d'un établissement de restauration rapide à temps partiel en contrat à durée indéterminée depuis le 15 septembre 2008, a subi, suite à cette intervention, un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50% jusqu'au 31 décembre 2010, puis de 25%, avant la consolidation de son état de santé le 1er janvier 2012 avec un déficit fonctionnel permanent évalué à 15% par l'expert. Compte tenu de son état de santé, elle s'est vue déclarer inapte par le médecin du travail à exercer cet emploi et tout poste l'exposant à toute contrainte physique (gestes répétitifs) et au risque d'accident du travail (glissade). Elle a d'ailleurs été licenciée pour inaptitude physique le 17 février 2012. La faute médicale dont elle a été victime, doit ainsi être regardée comme la cause directe de la perte de ses revenus professionnels. Compte tenu du revenu net mensuel moyen de 775 euros perçu par l'intéressé au premier trimestre 2010, actualisé à 782 euros en décembre 2011 pour 100 heures de travail, après prise en compte de l'évolution du salaire minimum interprofessionnel de croissance, Mme C aurait dû percevoir sur la période entre le 1er avril 2010 et le 31 décembre 2011 un revenu moyen mensuel de 778,5 euros. Les revenus qu'elle aurait dû percevoir sur cette période s'élèvent donc à la somme de 15 570 euros.
29. La CPAM a versé à Mme C la somme totale de 9 745,69 euros d'indemnités journalières du 1er mai 2010 au 24 octobre 2011. La requérante a également bénéficié de l'allocation adulte handicapé (AAH) pour un montant total de 7 324,48 euros entre mars 2011 et décembre 2011. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction que Mme C, qui a bénéficié de revenus de remplacement à hauteur de 17 070,17 euros, n'a pas subi de pertes de revenus professionnels pour la période allant du 1er avril 2010 au 31 décembre 2011.
Quant aux pertes de revenus postérieures à la date de consolidation :
30. Il résulte du rapport d'expertise médicale que Mme C conserve, depuis la consolidation de son état de santé le 1er janvier 2012 à l'âge de 28 ans, un taux de déficit permanent de 15% à raison de fortes crises de tétanie, qu'elle a déclaré aux experts subir très régulièrement, pendant quelques secondes à plusieurs heures. Si le médecin du travail a exclu, en 2012, qu'elle puisse conserver son emploi auprès d'une enseigne de restauration rapide à moins d'un reclassement sur un poste en télétravail, il ne résulte pour autant pas de l'instruction que ce taux de déficit permanent de 15% priverait Mme C de toute possibilité de reconversion et de retrouver un emploi dans un autre domaine. La pension d'invalidité de catégorie 1 dont la requérante bénéficie jusqu'à présent n'est pas davantage de nature à apporter une telle démonstration dans la mesure où l'attestation d'imputabilité versée par la CPAM des Hautes-Alpes du 12 janvier 2023 expose que son montant définitif résultera précisément du taux de DFP qui lui sera judiciairement reconnu. Par suite, le déficit fonctionnel permanent de 15% imputable à la faute médicale dont Mme C a été victime n'est pas à l'origine directe et certaine de son absence d'emploi après la consolidation de son état de santé le 1er janvier 2012 et donc d'une perte de gains professionnels depuis cette date. Sa demande à ce titre doit donc être rejetée.
31. Il résulte de ce qui a été dit aux trois points précédents que les demandes d'indemnisation présentées par Mme C au titre de la perte de revenus professionnelles et de l'incidence professionnelle doivent être rejetées. Le CHU de Nîmes doit en revanche être condamné à rembourser à la CPAM Hautes-Alpes la somme de 9 745,69 euros d'indemnités journalières versées à son assurée.
Quant à l'incidence professionnelle :
32. En se bornant à soutenir qu'elle occupait un emploi non qualifié à temps partiel pour s'occuper de ses jeunes enfants mais qu'elle avait vocation à reprendre un travail à plein temps, Mme C, ne justifie pas d'une chance sérieuse d'augmenter à l'avenir ses revenus, dont la privation serait constitutive d'une incidence professionnelle. En revanche, il résulte de l'instruction que son handicap est à l'origine d'une dévalorisation sur le marché du travail, qui limite ses chances de retrouver un emploi compte tenu par ailleurs de son absence de diplôme. Ce préjudice doit être évalué à la somme de 20 000 euros. Toutefois, la requérante a déjà bénéficié, de l'allocation adulte handicapé (AAH) pour un montant total de 43 041,34 euros de pension d'invalidité de catégorie 1 entre le 1er janvier 2012 et le 1er février 2023, ce qui a couvert l'intégralité de ce préjudice. Il s'ensuit que le CHU de Nîmes doit être condamné à rembourser à la CPAM des Hautes-Alpes la somme de 20 000 euros de pension d'invalidité.
33. Il résulte de ce qui précède que le CHU de Nîmes doit être condamné à verser à Mme C la somme de 36 719 euros en réparation de ses préjudices et à la CPAM des Hautes-Alpes la somme de 64 667,4 euros en remboursement de ses débours.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
34. Les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue à l'administration ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
35. Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme C, qui n'a pas demandé d'intérêts moratoires dans sa mise en demeure du 25 novembre 2019, a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 36 719 euros à compter du 11 décembre 2020, date d'enregistrement de sa requête et capitalisation à compter du 11 décembre 2021. La CPAM a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 64 667,4 euros en remboursement de ses débours, avec intérêt au taux légal à compter du 4 mars 2021, date de sa demande.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
36. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".
37. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du CHU de Nîmes le versement des Hautes-Alpes de la somme de 1 162 euros à raison des frais engagés pour obtenir le remboursement des prestations servies à la personne assurée.
Sur les frais liés au litige :
38. Il y a lieu de mettre à la charge du CHU de Nîmes une somme de 1 200 euros à verser à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 er : Le CHU de Nîmes versera à Mme C une somme de 36 719 euros avec intérêt au taux légal à compter du 11 décembre 2020 et capitalisation à compter du 11 décembre 2021.
Article 2 : Le CHU de Nîmes versera au pôle inter-caisses des Hautes-Alpes une somme 64 667,4 euros en remboursement de ses débours, avec intérêt au taux légal à compter du 4 mars 2021 outre une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : Le CHU de Nîmes versera à Mme C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au centre hospitalier universitaire de Nîmes et au pôle inter-caisses des Hautes-Alpes.
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2022, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023
La rapporteure,
B. A
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026