vendredi 3 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003954 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2020 et un mémoire enregistré le 16 février 2022, la société d'assurance à cotisations variables la Matmut, représentée par la SELARL Callon avocat et conseil, demande au tribunal :
1°) de condamner le département du Gard à lui verser la somme de 265 105,52 euros avec intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge du département du Gard la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du département du Gard est engagée pour défaut d'entretien normal de l'intersection où s'est produit l'accident ; en effet, un défaut de conception de ce carrefour, à l'origine d'un défaut de visibilité pour les usagers de la route, est à l'origine de l'accident subi par son assurée ; cette situation, conjuguée à l'absence de panneau " stop " et à une vitesse alors autorisée de 90 m/heure, rend cette intersection accidentogène, d'ailleurs plusieurs collisions sont déjà intervenues dans des circonstances similaires notamment les 23 juin 2011 et 11 mai 2015 ;
- le département du Gard est responsable à 80% de l'accident et doit donc être condamné à lui rembourser 80% des sommes qu'elle a déjà versées, à titre provisionnel, à M. C et à la CPAM.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre 2021 et 4 mars 2022, le département du Gard, représenté par la SCP Lesage Berguet Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société la Matmut la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le carrefour en cause bénéficie d'un entretien normal et que l'accident a été causé par des fautes de conduite du motocycliste.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 septembre 2016 vers 20hl5, une collision s'est produite entre la voiture de Mme B A et la motocyclette de M. C à l'intersection des routes départementales n° 6086 et 982, sur la commune de Plouzilhac (Gard). Grièvement blessé dans l'accident, le motard a été indemnisé par la société d'assurance à cotisations variable la Matmut, assureur de Mme B A. Subrogée dans les droits de son assurée, la société la Matmut, qui indique avoir versé à titre provisionnel les sommes de 80 000 euros à M. C, et de 251 381,90 euros à la CPAM, recherche la responsabilité du département du Gard sur le fondement du défaut d'entretien normal résultant d'un défaut de conception de l'intersection où s'est produit l'accident. Elle demande au tribunal de condamner cette collectivité, qu'elle estime à 80% responsable de l'accident, à lui verser la somme de 265 105,52 euros, en remboursement des indemnisations ainsi versées.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, notamment de la procédure établie par la gendarmerie de Bagnols sur Cèze après l'accident du 16 septembre 2016, que le véhicule de Mme B A, qui circulait ce soir-là, de nuit, en provenance de la route départementale n° 982 où se trouvait un " cédez-le passage " aux usagers de la route départementale n°6086, a tourné à gauche sur cette voie en direction de Gaujac, où elle a été heurtée par la motocyclette de M. C, lequel circulait sur cette voie prioritaire, en provenance de Gaujac. La conductrice responsable de l'accident a déclaré aux gendarmes avoir marqué le " cédez-le-passage ", avoir vu arriver sur sa gauche une voiture circulant sur la route départementale n° 6086 en provenance de Gaujac, puis avoir redémarré après avoir vu ce véhicule mettre son clignotant pour rejoindre la route départementale n°982. Elle a indiqué avoir ensuite été heurtée, en cours de manœuvre de tourner à gauche, par une motocyclette qu'elle n'avait pas vue. Un témoin, arrivé sur place dans les suites immédiates de la collision, a recueilli les premières déclarations de la conductrice, en état de choc, qui lui a effectivement indiqué ne pas avoir vu la motocyclette. M. C, pilote de ce deux-roues, grièvement blessé, a déclaré n'avoir conservé quant à lui aucun souvenir de l'accident. L'enquête de gendarmerie a conclu que l'absence de témoin et les auditions recueillies, ne permettent pas d'établir avec précision les circonstances exactes de cet accident et a émis deux hypothèses : un refus de priorité de Mme B A ou une vitesse excessive de M. C.
4. Il résulte plus précisément des photographies et des constatations du rapport rédigé le 30 janvier 2017 par l'expert diligenté par la société la Matmut que l'intersection où s'est produit l'accident était en bon état, que la signalisation et le marquage au sol du " cédez-le passage ", que Mme B A indique avoir respecté ainsi qu'il a été exposé au point précédent, étaient parfaitement visibles et que la position d'arrêt se trouve légèrement en surplomb par rapport à la route départementale n°982 et au même niveau que la route départementale n° 6086, laquelle est rectiligne à l'endroit du croisement. L'expert a constaté que, dans cette configuration, un véhicule immobilisé au " cédez-le-passage " dispose d'une visibilité de 160 mètres sur la gauche de la départementale n°6086, d'où provenait la motocyclette de M. C, lequel a eu une visibilité réciproque. Cet expert qualifie d'amplement suffisante la visibilité offerte au carrefour pour les deux conducteurs. Même si deux collisions sont précédemment intervenues, dans des circonstances toutefois indéterminées, les 22 juin 2011 et 11 juin 2015, à ce même endroit, où la société requérante indique d'ailleurs elle-même qu'il existe un fort trafic, il résulte de l'instruction que ce carrefour peut être franchi, même en l'absence de panneau " stop " et de limitation de vitesse en-deçà des 90 km/h alors autorisés sur les routes départementales, sans risque par des automobilistes normalement attentifs et prudents, y compris de nuit puisque les véhicules ont l'obligation d'allumer leurs feux de route ou de croisement. A supposer même que la motocyclette de M. C aurait été masquée par un autre véhicule à la vue de Mme B A, dont la version, soutenue par la société la Matmut à la présente instance, n'a toutefois pas pu être prouvée par l'enquête, il n'est pas établi par les pièces du dossier que l'aménagement du carrefour réduirait la visibilité des conducteurs. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que le défaut de conception de carrefour dont la société requérante se prévaut n'est pas caractérisé. Le département du Gard rapporte donc la preuve de l'entretien normal de l'ouvrage public et la société la Matmut n'est pas fondée à engager la responsabilité du département du Gard dans l'accident de son assurée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la Matmut doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Gard, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société la Matmut demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société la Matmut, une somme de 1 200 euros à verser au département du Gard au même titre.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de la société la Matmut est rejetée.
Article 2 : La société la Matmut versera au département du Gard une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société d'assurance à cotisations variables la Matmut, au département du Gard et au pôle inter-caisses de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023.
La rapporteure,
B. D
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026