LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2020712

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2020712

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2020712
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSEBAN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 5 février 2020, attribuée au tribunal administratif de Nîmes par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 22 juin et 2 septembre 2021, M. B C et Mme D C, représentés par Me Lapuelle, demandent au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 29 mars 2019 par le syndicat intercommunal à vocation multiple Saudrune Ariège Garonne (SIVOM SAGe) en vue du recouvrement de la somme de 3 130 euros au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC) à la suite de la délivrance du permis de construire une maison individuelle le 25 février 2013, ensemble la décision portant rejet de leur recours gracieux ainsi que la lettre de relance du 20 septembre 2019 ;

2°) de les décharger de l'obligation de payer la somme de 3 130 euros ;

3°) de mettre à la charge du SIVOM SAGe, une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- leur recours est recevable ;

- le titre exécutoire a été pris par une autorité incompétente pour ce faire, faute de justifier d'une délégation ;

- ledit titre ne comporte pas la signature de son auteur ;

- l'absence de mentions des bases de liquidation de la créance entache d'insuffisance de motivation le titre exécutoire ;

- la créance dont le paiement est sollicité est prescrite.

Par des mémoires en défense enregistrés les 17 mai et 19 juillet 2021, le syndicat intercommunal à vocation multiple Saudrune Ariège Garonne, représenté par le cabinet Seban et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 20 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 20 septembre 2021.

Les parties ont été informées, par courrier du 10 mars 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la lettre de relance du 20 septembre 2019 dès lors que cette lettre ne constitue qu'un acte préparatoire à d'éventuelles poursuites.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- le code de l'urbanisme ;

- le décret du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- et les observations de Me Roulette représentant le syndicat intercommunal à vocation multiple Saudrune Ariège Garonne.

Considérant ce qui suit :

1. Le 25 février 2013, le maire d'Eaunes a délivré à la société Terra Nova Promotion un permis de construire une maison individuelle. Par arrêté du 24 avril 2013, le permis de construire a été transféré à M. et Mme C. Le 29 mars 2019, le SIVOM SAGe a émis à leur encontre un titre exécutoire en vue du recouvrement de la participation pour le financement de l'assainissement collectif pour un montant de 3 130 euros. Par courrier du 25 juin 2019, les intéressés ont introduit une réclamation préalable auprès du SIVOM SAGe et du comptable du trésor, rejetée par décision du 5 décembre 2019. Entre temps, le syndicat leur avait adressé le 20 septembre 2019 une lettre de relance. Par la présente requête, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 29 mars 2019, la décision portant rejet de leur réclamation ainsi que la lettre de relance du 20 septembre 2019 et à être déchargés de l'obligation de payer cette somme.

Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :

2. Aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2. / La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. / Une délibération du conseil municipal ou de l'organe délibérant de l'établissement public détermine les modalités de calcul de cette participation. ".

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la lettre de relance du 20 septembre 2019 :

3. Les conclusions dirigées contre la lettre de relance du 20 septembre 2019, laquelle ne constitue qu'un acte préparatoire à d'éventuelles poursuites sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire :

4. L'article 24 du décret du 7 novembre 2012 prévoit que toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire émis le 29 mars 2019 se borne à indiquer " PFAC Ch. Plaine du Pitou EAUNES N°PC 031165 12 T 00073-T01 - PFAC N°021 165 12 T0073-T01 " sans mentionner les éléments de calcul du montant de 3 130 euros mis à la charge des requérants ni se référer à aucun autre document, en particulier la délibération ayant institué ladite participation. Il ne peut, par suite, être regardé comme satisfaisant aux prescriptions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 et doit, pour ce motif, être annulé.

En ce qui concerne la prescription de la créance :

5. L'article L. 1331-9 du code de la santé publique dispose que : " Les sommes dues par le propriétaire en vertu des articles L. 1331-2, L. 1331-3 et L. 1331-6 à L. 1331-8 sont recouvrées comme en matière de contributions directes. / Les réclamations sont présentées et jugées comme en matière de contributions directes. ".

6. Ces dispositions, qui ne concernent que les formes et procédures à observer s'agissant des réclamations présentées par les débiteurs, n'entraînent pas l'application aux créances en cause des règles de fond qui régissent les créances ayant un caractère fiscal. Elles n'ont donc pas pour effet de soumettre les règles d'assiette ou de recouvrement des sommes dues aux dispositions de l'article L. 186 du livre des procédures fiscales. A défaut de dispositions prévoyant une prescription différente pour cette catégorie de créances, le reversement des sommes dues est soumis à la seule prescription quinquennale édictée à l'article 2224 du code civil, aux termes duquel " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ".

7. Alors que le fait générateur de la participation pour le financement de l'assainissement collectif est la date de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées, il résulte de l'instruction que l'habitation de M. et Mme C a été réalisée en février 2014. Dans ces conditions, en mars 2019, quand le SIVOM SAGe a émis le titre exécutoire en vue du recouvrement de la participation des requérants, la créance était prescrite sans que le syndicat ne justifie d'aucune action au sens des articles 2240, 2241 et 2444 du code civil de nature à suspendre ou à interrompre la prescription. Par suite, M. et Mme C doivent être déchargés de l'obligation de payer la somme de 3 130 euros au titre la participation pour le financement de l'assainissement collectif.

8. Il résulte de ce qui précède que le titre exécutoire émis le 29 mars 2019 ainsi que la décision portant rejet de leur réclamation préalable doivent être annulés et que M. et Mme C doivent être déchargés de l'obligation de payer la participation pour le financement de l'assainissement collectif pour un montant de 3 130 euros.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du SIVOM SAGe dirigées contre les requérants qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du SIVOM SAGe une somme de 1 200 euros, à verser à M. et Mme C en application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre exécutoire émis le 29 mars 2019 ainsi que la décision rejetant la réclamation préalable présentée par M. et Mme C sont annulés.

Article 2 : M. et Mme C sont déchargés de l'obligation de payer la participation pour le financement de l'assainissement collectif pour un montant de 3 130 euros.

Article 3 : Le SIVOM SAGe versera à M. et Mme C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions du SIVOM SAGe présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme D C et au SIVOM SAGe.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Antolini, président,

Mme Ruiz, première conseillère,

M. Lagarde, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

La rapporteure,

I. A

Le président

J. ANTOLINI

La greffière,

A. OLSZEWSKI

La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions