vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2022800 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LACOMBE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Nîmes, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse sous le n° 2002800, présentée par M. et Mme C A.
Par cette requête enregistrée le 26 juin 2020, complétée par un mémoire enregistré le 13 février 2021, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Nîmes sous le 2022800, M. F B, représenté par Me Lacombe, demande au tribunal :
- de prononcer la décharge de l'imposition supplémentaire à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2015 pour un montant total de 90 984 euros ;
- de mettre à la charge de l'administration la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la charge de la preuve incombe à l'administration dès lors que le service a fait application de la procédure de rectification contradictoire visée à l'article L 55 du LPF ;
- en ce qui concerne le sort des travaux et aménagements réalisés par la SARL VIP Challenge, le propriétaire qui vend l'immeuble avant l'expiration du bail ne peut pas être imposé à raison des aménagements effectués par le locataire dans la mesure où, comme c'est le cas dans la présente affaire, il n'a pas eu la disposition effective de cet avantage ; il résulte de la jurisprudence que la vente d'un immeuble, ne peut en effet avoir eu pour conséquence de transférer au vendeur en temps utile la propriété de ces aménagements ; en effet, ce transfert de propriété ne s'est effectué qu'en fin de bail mais au profit du seul acquéreur de l'immeuble, lorsque celui-ci a obtenu du preneur et précédent occupant des lieux la résiliation du bail ;
- en ce qui concerne leur valorisation, c'est à tort que le service a réintégré dans le résultat imposable de la SCI B (exercice 2015) les travaux et aménagements réalisés par la SARL VIP Challenge pour leur valeur nette comptable (209 918 euros), par référence à celle inscrite au bilan de la SARL VIP Challenge ; en effet, la remise gratuite des aménagements réalisés par le preneur ne constituerait un revenu foncier que si elle contribue à accroître la valeur vénale de l'immeuble, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;
- il conteste la majoration de 10 % prévue à l'article 1758 A du CGI dont le rappel d'impôt sur le revenu de l'année 2015 a été assorti eu égard à son caractère infondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2020, complété par un mémoire enregistré le 8 novembre 2021, le directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts (CGI) et le livre des procédures fiscales (LPF) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E D ;
- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de son dossier fiscal portant sur l'année 2015 à la suite de la vérification de comptabilité de la société civile immobilière (SCI) B, laquelle a pour objet la location de terrains et autres biens immobiliers, et dont il est gérant et associé à hauteur de 90% des parts. A l'issue du contrôle, le service a rehaussé les recettes déclarées par la SCI B au titre de l'exercice 2015 du profit correspondant au retour gratuit à la société bailleresse (SCI B) des constructions et aménagements effectués par le preneur (SARL VIP Challenge). Suite à l'admission partielle de ses deux premières réclamations, par deux nouvelles réclamations en date des 27 février 2019 et 6 septembre 2019, M. B a contesté les rappels maintenus à sa charge pour un total de 90 984 euros. Deux décisions de rejet lui ayant été successivement et respectivement notifiées les 17 juin 2019 et 4 mars 2020, M. B demande au tribunal la décharge en droits et pénalités des cotisations correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne le fait générateur de l'imposition :
2. Aux termes de l'article 29 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter et 33 quater, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires () ". Lorsqu'un contrat de bail prévoit, en faveur du bailleur, la remise gratuite en fin de bail des aménagements ou constructions réalisés par le preneur, la valeur de cet avantage constitue, pour le bailleur, un complément de loyer ayant le caractère d'un revenu foncier imposable au titre de l'année au cours de laquelle le bail arrive à expiration ou fait l'objet d'une résiliation avant l'arrivée du terme.
3. Il résulte de l'instruction que la SCI B a, courant 2008, acquis un terrain sis à Montrabé (Haute-Garonne) dans le but de faire construire un bâtiment à usage industriel. Par acte sous-seing privé du 23 juin 2008, la société a donné à bail commercial à la SARL VIP Challenge (preneur), également dirigée par M. B, les locaux dont elle était propriétaire à Montrabé. Ce bail stipulait à la rubrique " Travaux", " B-Travaux que le locataire peut effectuer", art. 4: " Tous les travaux, embellissements, améliorations, installations et constructions quelconques, y compris, le cas échéant, ceux qui pourraient être imposés par les dispositions législatives ou réglementaires, fait par le preneur en cours de bail, deviendront lors du départ du preneur, ou de ses ayants cause, la propriété du bailleur sans indemnité (). Il est toutefois précisé, en tant que de besoin, que les équipements, matériels et installations, non fixés à demeure, et qui de ce fait ne peuvent être considérés comme immeubles par destination, resteront la propriété du preneur et devront être enlevés par lui, lors de son départ, à charge pour lui de remettre les lieux en état, après cet enlèvement. ". Aux termes d'un acte notarié du 11 décembre 2015, vendu ledit immeuble à la SCI IMG. Cet acte mentionne au paragraphe " Dispositions relatives à la construction : existence de travaux, le vendeur déclare que la construction du bien résulte : - d'un permis de construire délivré par le Maire de la commune de MONTRABÉ, le 16/05/2008, sous le numéro PC 031 389 08 U0003 () - d'une attestation attestant l'achèvement et la conformité des travaux à la date du 03/09/2008, déposée par le vendeur auprès de la commune de MONTRABÉ en date du 27/08/2015 () - d'une attestation de non recours à la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux délivrée par les services compétents de la commune de MONTRABÉ en date du 04/12/2015 ".
4. Par convention de résiliation amiable et anticipée de bail commercial du 4 décembre 2015, et dans une perspective de vente de l'immeuble, la SCI B (vendeur) et la SCI IMG (acquéreur) se sont engagées " sous réserve de la réalisation de la cession, à mettre un terme définitif et résilier le bail étant précisé que cette résiliation prendra donc effet au 11 décembre 2015, date fixée pour la passation de l'acte authentique de vente immobilière () ". Par acte du 11 décembre 2015, la SCI B a vendu l'immeuble à la SCI IMG moyennant le prix de 630 000 euros. L'acte de vente du 11 décembre 2015 stipule : " l'acquéreur est propriétaire du bien à compter de ce jour. Il en a la jouissance à compter du même jour par la prise de possession réelle, les parties déclarant que le bien est entièrement libre de location ou occupation " (cf. § " Propriété Jouissance ") () " le vendeur déclare que le bien faisant l'objet des présentes n'a pas fait l'objet d'un congé pour vendre ni d'un congé pour reprise, et était loué en vertu d'un bail commercial régularisé en date à TOULOUSE du 23 juin 2008 à la société dénommée VIP Challenge, Le vendeur déclare que le preneur a signifié son départ et a quitté les lieux, ce que l'acquéreur reconnaît pour l'avoir constaté " (cf. § " Garantie de jouissance ").
5. La SARL VIP Challenge (preneur) a supporté le coût d'une partie des constructions et aménagements fonciers sur l'immeuble pris à bail commercial (339 937 euros), le surplus étant supporté par la SCI B (bailleur, 342 450 euros). A l'issue du contrôle, le service a réintégré dans les revenus fonciers de la SCI B, au titre de l'exercice 2015, un complément de loyer correspondant au profit résultant du retour gratuit des constructions et aménagements effectués par la SARL VIP Challenge, ces travaux ayant contribué à augmenter de manière significative la valeur du terrain nu acquis par la SCI B. Il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut utilement soutenir que le transfert de propriété se serait effectué au profit du seul acquéreur de l'immeuble.
6. A la différence de la situation envisagée par l'arrêt du Conseil d'Etat (Conseil d'Etat 8e - 9e s.-s. du 3-6-1985 n° 45217 et 45218) auquel le requérant fait référence, la SCI IMG n'a pas racheté à la SARL VIP Challenge le droit au bail dont elle était titulaire. Ainsi qu'il a été dit au point 4, une convention de résiliation amiable et anticipée de bail commercial, prenant effet le 11 décembre 2015, a été signée le 4 décembre 2015. Elle impliquait la remise gratuite à la SCI B des constructions et aménagements effectués par la SARL VIP Challenge, et la cession elle-même est intervenue le 11 décembre 2015. De son côté, la SARL VIP Challenge a exercé son activité sur le site de Montrabé jusqu'au 21 décembre 2014 puis a transféré son établissement à Saint Sulpice à compter du 22 décembre 2014, aucune activité n'étant conservée à l'ancien siège social.
7. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a considéré que les aménagements réalisés par la SARL VIP Challenge sont devenus, en application des stipulations du bail, la propriété de la SCI B au cours de l'année 2015 et constituent par suite un complément de loyer perçu par cette dernière société imposable au titre de l'année 2015. Et c'est par une exacte application des dispositions précitées de la loi fiscale que l'administration a réintégré dans les revenus de la SCI B la valeur des constructions et aménagements effectués par la SARL VIP Challenge et a, dans la catégorie des revenus fonciers et au titre de l'année 2015, imposé M. B à raison du revenu correspondant.
En ce qui concerne le montant du supplément de revenu :
8. En application de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, lorsque le contribuable n'a pas accepté les rectifications qui lui ont été notifiées à la suite d'une procédure de rectification contradictoire, il appartient à l'administration d'établir le bien-fondé des impositions qu'elle a mises à la charge du contribuable. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B n'a pas accepté les rectifications notifiées selon la procédure contradictoire. Il appartient dès lors à l'administration fiscale d'établir le bien-fondé des impositions en litige.
9. Il résulte de l'instruction que pour déterminer le montant du supplément de revenu résultant, pour la SCI B, des aménagements et constructions réalisés par la SARL VIP Challenge, le vérificateur s'est fondé, dans la proposition de rectification, sur les constructions et aménagements fonciers réalisés par la SARL sur l'immeuble pris à bail commercial auprès de la SCI B pour un montant de 339 938 euros, correspondant à des travaux de construction et d'aménagement de l'immeuble. Cette somme a été portée en immobilisation. Le supplément de loyer imposable a été ramené à la somme de 153 625 euros (quote-part de M. B : 138 262 euros) par décision d'admission partielle du 29 novembre 2018, la SCI B s'étant prévalue, notamment, d'un tableau dénommé " Annexe 2, Liste des aménagements réalisés par VIP Challenge ", lequel comportait, immobilisation par immobilisation, des observations du gérant.
10. Dans la présente instance, M. B soutient que les locaux en cause sont situés en milieu rural où le marché locatif et de la vente serait peu dynamique. La SCI B aurait ainsi mis plus d'un an avant de pouvoir vendre le bien en cause. Il fait également valoir que les aménagements litigieux ne présenteraient aucun intérêt pour la SCI B eu égard à la spécificité de l'activité de la SARL VIP Challenge et que lors de la revente, l'acquéreur a d'ailleurs attesté avoir dû effectuer d'importants travaux pour rendre le bâtiment plus conforme à des activités de service classiques. Toutefois, il n'apporte aucune pièce à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, en l'état des pièces du dossier, le service établit le bien-fondé du montant du complément de loyer retenu.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à la décharge en droits et majorations des cotisations et contributions en litige ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à M. et M. B la somme qu'il réclame au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le rapporteur,
P. D
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2022800
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026