vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100135 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARLU RYCKMAN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 26 juin 2020 sous le n°2001804, complétée par des mémoires enregistrés le 19 octobre 2020 et le 3 mars 2021, M. et Mme D A, représentés par Me Guyon, demandent au tribunal :
- d'annuler la décision implicite de rejet de leur réclamation,
- de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu mises à leur charge au titre de l'année 2013, pour un montant total de 23 874 euros et leur remboursement au profit de M. et Mme A,
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable, dès lors que leur réclamation résulte de la remise en cause de l'existence de la plus-value par la décision de la Cour d'Appel de Nîmes en date du 7 avril 2016, ayant fait droit aux intérêts de SA Allianz IARD et SA Allianz VIE ;
- lors de l'établissement de la déclaration n°2035 de M. A relative à l'année 2013, ce dernier a déclaré une plus-value à long terme d'un montant de 44 000 euros, correspondant à la cession de son portefeuille de courtage au profit de son successeur, qu'il avait évalué à la somme de 85 000 euros ; afin de tirer les conséquences au plan fiscal de la non réalisation de la cession du portefeuille courtage et de l'absence de perception de l'indemnité de cessation de fonctions, il a substitué à la plus-value à long terme de 44 000 euros, une moins-value à long terme de 481 000 euros et sollicite l'imputation de cette moins-value, à hauteur de 230 000 euros, sur le bénéfice réalisé au titre de l'année 2013 (46 846 euros), et la constatation d'un déficit non commercial de 184 034 imputable sur le revenu global de l'année de cessation d'activité et des six années suivantes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2020, complété par des mémoires enregistrés les 15 février et 17 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable car non précédée d'une réclamation préalable formée dans les délais légaux et qu'elle est au surplus infondée dans les moyens qu'elle soulève.
II. Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2021 sous le n°2100135, M. et Mme D A, représentés par Me Guyon, demandent au tribunal :
- d'annuler la décision implicite de rejet de leur réclamation,
- de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2014, 2015 et 2018 pour un montant total de 3 980 euros et leur remboursement au profit de M. et Mme A,
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur réclamation résulte de la remise en cause de l'existence de la plus-value par la décision de la Cour d'Appel de Nîmes en date du 7 avril 2016, ayant fait droit aux intérêts de SA Allianz IARD et SA Allianz VIE ;
- lors de l'établissement de la déclaration n° 2035 de M. A relative à l'année 2013, ce dernier a déclaré une plus-value à long terme d'un montant de 44 000 euros, correspondant à la cession de son portefeuille de courtage au profit de son successeur, qu'il avait évalué à la somme de 85 000 euros ;
- afin de tirer les conséquences au plan fiscal de la non réalisation de la cession du portefeuille courtage et de l'absence de perception de l'indemnité de cessation de fonctions, il a substitué à la plus-value à long terme de 44 000 euros, une moins-value à long terme de 481 000 euros et sollicite l'imputation de cette moins-value, à hauteur de 230 000 euros, sur le bénéfice réalisé au titre de l'année 2013 (46 846 euros), et la constatation d'un déficit non commercial de 184 034 euros imputable sur le revenu global de l'année de cessation d'activité et des six années suivantes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable car non précédée d'une réclamation préalable formée dans les délais légaux et qu'elle est au surplus infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C B ;
- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont télé-déclaré en 2014 leurs revenus de l'année 2013. Ils ont été imposés conformément aux éléments déclarés pour un montant total de 23 194 euros, dont 15 650 euros au titre de l'impôt sur le revenu et 7 544 euros au titre des prélèvements sociaux. L'imposition a été mise en recouvrement le 31 juillet 2014. En l'absence de réponse à la réclamation formulée au titre de cette année, M. et Mme A, par une requête enregistrée le 26 juin 2020 sous le n°2001804, demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de leur réclamation et de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu mises à leur charge au titre de l'année 2013, pour un montant total de 23 874 euros et le remboursement des sommes correspondantes.
2. Au titre des années 2014 et 2015, M. et Mme A ont souscrit les déclarations de revenus correspondantes et ont été imposés à ces titres respectivement en 2015 et 2016. Au titre des années 2016 et 2017, les époux n'étaient pas imposables. Enfin, l'imposition mise à leur charge au titre de l'impôt sur le revenu 2018 a été mise en recouvrement le 31/07/2019. M. A a contesté le 27 décembre 2017 l'imposition établie au titre de l'année 2013. Le 26 juin 2020, les époux A ont également déposé une autre réclamation contentieuse visant à obtenir le dégrèvement des impositions mises à leur charge au titre des années 2014, 2015 et 2018. En l'absence de réponse de l'administration dans le délai de six mois, M. et Mme D A, par une requête enregistrée le 14 janvier 2021 sous le n° 2100135, demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de leur réclamation rendue par l'administration fiscale, de prononcer la décharge et par suite la restitution des impositions litigieuses d'un montant total de 3 980 euros au titre des années 2014, 2015 et 2018.
Sur la jonction :
3. Les deux requêtes précitées présentent des questions semblables à juger et ont fait l'objet d'une instruction commune ; il y a donc lieu de les joindre pour y être statué par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à la décharge :
4. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année. ". Aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession. Sous réserve des dispositions de l'article 151 sexies, il tient compte des gains ou des pertes provenant soit de la réalisation des éléments d'actif affectés à l'exercice de la profession, soit des cessions de charges ou d'offices, ainsi que de toutes indemnités reçues en contrepartie de la cessation de l'exercice de la profession ou du transfert d'une clientèle. () ". Selon l'article 93 quater du même code : " I. Les plus-values réalisées sur des immobilisations sont soumises au régime des articles 39 duodecies à 39 quindecies. () ". Aux termes de l'article 39 duodecies de ce code : " 1. Par dérogation aux dispositions de l'article 38, les plus-values provenant de la cession d'éléments de l'actif immobilisé sont soumises à des régimes distincts suivant qu'elles sont réalisées à court ou à long terme. / 2. () b. Aux plus-values réalisées à l'occasion de la cession d'éléments détenus depuis deux ans au moins, dans la mesure où elles correspondent à des amortissements déduits pour l'assiette de l'impôt. Le cas échéant, ces plus-values sont majorées du montant des amortissements expressément exclus des charges déductibles ainsi que de ceux qui ont été différés en contravention aux dispositions de l'article 39 B ; (.) / 3. Le régime des plus-values à long terme est applicable aux plus-values autres que celles définies au 2 ".
5. Il résulte de l'instruction que M. A expose avoir acquis son portefeuille clients par deux actes de cession sous signature privée en date de 2003 et 2007, pour un montant total de 481 000 euros, soit 41 000 euros au titre de l'acquisition du portefeuille courtage et 440 000 euros au titre de la présentation de la clientèle. Par courrier recommandé en date du 29 octobre 2012, M. A a démissionné de ses fonctions avec prise d'effet le 30 avril 2013. Conformément aux dispositions contenues dans le traité de nomination, le requérant a sollicité de la société Allianz le versement d'une indemnité de cessation de fonctions, d'un montant de 712 000 euros. Le requérant indique qu'il était convenu que la société Allianz reprenne en gestion son portefeuille courtage, et ce jusqu'à la nomination de son successeur qui aurait alors acquis ledit portefeuille directement auprès de lui. Par courrier recommandé en date du 26 juin 2013, la société Allianz a notifié à M. A la déchéance de son droit à indemnité de cessation de fonction pour manquement à son obligation de non rétablissement. Par acte en date du 20 septembre 2013, M. A a fait assigner la société Allianz en vue d'obtenir le règlement de l'indemnité de cessation de fonction. A l'issue de la procédure suivie devant le tribunal de grande instance d'Alès puis la cour d'appel de Nîmes, il a été fait droit aux prétentions de la société Allianz qui s'est donc vu dispensée de verser l'indemnité de cessation de fonction à M. A et a condamné ce dernier à verser la somme de 80 000 euros à cette dernière. M. A expose enfin qu'en raison du délai écoulé entre la cessation de ces fonctions, soit l'année 2013 et la nomination de son successeur en 2015, le portefeuille courtage n'a jamais pu être transmis à ce dernier, les clients le composant ayant souscrits auprès d'autres organismes. En définitive, M. A n'a perçu aucune somme à la suite de sa démission, que ce soit de la société Allianz au titre de son indemnité de cessation de fonction, ou de son successeur au titre de la transmission du portefeuille courtage.
6. M. A soutient que, du fait de ces événements, il doit être substitué à la plus-value à long terme déclarée de 44 000 euros, une moins-value à long terme de 481 000 euros. Il sollicite l'imputation de cette moins-value, à hauteur de 230 880 euros, sur le bénéfice réalisé au titre de l'année 2013 (46 846 euros), et la constatation d'un déficit non commercial de 184 034 euros imputable sur le revenu global de l'année de cessation d'activité et des six années suivantes. Il considère qu'il résulte de la jurisprudence que la disparition d'une clientèle qui a été acquise d'un tiers moyennant le versement d'un prix peut, à concurrence de la totalité de ce prix, engendrer une moins-value à long terme déductible, pour une fraction de son montant, du bénéfice de l'année de la cessation d'activité ou du décès.
7. Toutefois, M. A ne justifie pas, au vu des seules pièces produites, du prix d'acquisition dont il fait état pour le calcul de la moins-value dont il se prévaut. Ensuite, il résulte de l'examen de l'arrêt devenu définitif de la Cour d'appel de Nîmes du 7 avril 2016 que M. D A a immatriculé sa nouvelle société de courtage le 28 février 2013 et que " dès le mois suivant cette cessation, plusieurs clients des sociétés Allianz ont résilié leurs contrats pour s'adresser à la SAS Assurance Courtage Cévennes Camargue-A3C ". La Cour précise que " non seulement ces faits sont établis par les listings communiqués par les sociétés intimées (pièces 20,21 et 22) mais reconnus par l'appelant lui-même qui produit un listing (pièce 1 5) duquel il ressort que près de 90 % de la clientèle est commune aux sociétés Allianz et SAS Assurance Courtage Cévennes Camargue A3C. ". La Cour précise encore que " les pièces figurant aux dossiers des sociétés Allianz lard et Allianz Vie établissent amplement que dès l'annonce de sa démission, M. D A a procédé à un démarchage systématique de la clientèle soit par téléphone, soit en se déplaçant auprès d'elle et que de mai à octobre 2013, deux cents clients ont résilié leur contrat au profit de la société de l'appelant. ". La Cour indique enfin que " Ce démarchage massif qui aboutit à un pillage du portefeuille des sociétés intimées constitue un acte de concurrence déloyale ouvrant droit à dommages-intérêts en l'état d'un préjudice indiscutable issu de la perte de clientèle. ". Il résulte de ces circonstances que M. A a transféré illégalement l'essentiel de sa clientèle au profit de la nouvelle structure qu'il a créée. Dès lors, M. et Mme A ne peuvent sérieusement soutenir que la clientèle de M. A aurait " disparu " et par suite que le non-versement de son indemnité de cessation de fonction serait constitutif d'une moins-value à long terme déductible. Par conséquent, l'administration qui conteste l'existence même d'une moins-value, et donc celle d'un déficit non commercial de 184 034 euros imputable sur le revenu global de l'année de cessation d'activité (2013) et des six années suivantes, est fondée à soutenir que les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir d'un supposé reliquat de déficit non commercial encore imputable, pour contester l'impôt sur le revenu dû au titre des années 2014, 2015 et 2018.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il besoin de statuer sur leur recevabilité, les conclusions en décharge formées par M. et Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D A et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le rapporteur,
P. B
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ez ici]
N°2001804
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026