vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100186 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HENRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 janvier 2021, complétée le 3 février 2022, la SARL Moka, représentée par Me Henry, demande au tribunal :
- de prononcer la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2016,
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le délai de reprise de la cotisation foncière des entreprises (CFE) 2016 expirait au 31 décembre 2019 ; par suite, les impositions en litige sont prescrites ; contrairement à ce qu'indique l'administration fiscale, elle n'a pas trace d'un courrier d'information du 13 novembre 2019 ; l'absence de cet envoi est corroborée par l'absence de dette fiscale au titre de la CFE 2016 déclarée par le SIE de Carpentras à l'occasion de la cession du fonds de commerce de la société début 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts (CGI) et le livre des procédures fiscales LPF ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A ;
- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Une note en délibéré a été produite par la direction départementale des finances publiques du Gard le 6 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Moka a été assujettie à des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2016 pour un montant de 950 euros. Sa réclamation préalable présentée le 2 décembre 2020 ayant été rejetée, elle demande au tribunal la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2016.
2. Aux termes de l'article L. 174 du livre des procédures fiscales : " Les omissions ou les erreurs concernant la cotisation foncière des entreprises peuvent être réparées par l'administration jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Aux termes de l'article L. 189 du même livre : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun ". Il résulte de ces dispositions que pour interrompre la prescription, la notification doit parvenir au contribuable au plus tard le 31 décembre de la dernière année du délai de reprise. La notification n'interrompt la prescription que si elle a été effectivement reçue par l'intéressé avant l'expiration du délai de reprise ;
4. La SARL Moka soutient que contrairement à ce qu'indique l'administration fiscale, elle n'a pas trace d'un courrier d'information du 13 novembre 2019 l'informant du rehaussement envisagé par l'administration fiscale. Cette dernière, en réponse à la mesure d'instruction diligentée par le tribunal, produit la copie d'un courriel envoyé à cette date par le service des impôts des entreprises (SIE) de Carpentras à l'ancien gérant de l'EURL Moka de 2015 à 2018, courriel dont il n'a pas été accusé réception. Par conséquent, en l'état des pièces du dossier, la SARL Moka est fondée à soutenir que faute d'avoir été interrompue valablement, la cotisation en litige était prescrite à la date d'établissement de l'avis de cotisation foncière des entreprises supplémentaire établi au titre de l'année 2016, le 17 novembre 2020.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SARL Moka, et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL Moka est déchargée des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2016.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Moka une somme de 1 200 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Moka et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
Le rapporteur,
P. A
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2100186
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