jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100213 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HAZZAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2021, Mme C D, représentée par Me Hazzan, demande au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération du Grand Avignon à lui verser la somme de 93 375 euros en réparation de ses préjudices résultant d'une chute sur la voie publique survenue le 14 mai 2014 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Grand Avignon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa chute du 14 mai 2014 et les lésions qui en ont résulté engagent la responsabilité de la communauté d'agglomération du Grand Avignon à raison du défaut d'entretien normal de la voie publique ;
- ses préjudices doivent être réparés comme suit :
• 600 euros au titre des honoraires de son médecin-conseil pour les opérations d'expertise ;
• 3 500 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne ;
• 50 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;
• 5 575 euros au titre du déficit temporaire fonctionnel ;
• 6 000 euros au titre des souffrances endurées, évaluées à 3,5 sur une échelle de 7 ;
• 800 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, évalué à 2 sur une échelle de 7 ;
• 23 400 euros au titre du déficit fonctionnel permanent évalué à 13% ;
• 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent.
• 3 000 euros au titre du préjudice d'agrément.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2021, la communauté d'agglomération du Grand Avignon, représentée par la SCP Lemoine-Clabeaut, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que l'indemnisation de la requérante soit ramenée à de plus justes proportions et en tout état de cause à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable pour tardiveté et que sa responsabilité n'est pas engagée.
Par un mémoire, enregistré le 11 mars 2021, la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches du Rhône, représentée par la Scp BBLM avocats, conclut à ce que la communauté d'agglomération du Grand Avignon soit condamnée à lui verser la somme de 79 314,12 euros en remboursement des débours qu'elle a engagés en faveur de son assurée, avec intérêts au taux légal à compter de la décision à intervenir outre 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté d'agglomération du Grand Avignon la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- Le code de la sécurité sociale ;
- Le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Parisien,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- les observations de Me Lorion, représentant la communauté d'agglomération du Grand Avignon.
Considérant ce qui suit :
1. Suite au rejet tacite sa réclamation préalable, Mme D engage la responsabilité de la communauté d'agglomération du Grand Avignon pour défaut d'entretien de la voie publique à raison d'une chute subie le 14 mai 2014 sur la commune d'Avignon, à la suite de laquelle elle a souffert notamment de contusions cervicales et céphaliques, d'un traumatisme de l'épaule gauche, de vertiges et d'une hernie discale dont elle a été opérée en décembre 2014.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement du témoignage de Mme B, qui a assisté à la chute de Mme D, ainsi que l'attestation d'intervention des pompiers qui ont été appelés à la proximité immédiate du lieu de l'accident pour prendre en charge la victime, que Mme D a trébuché le 14 mai 2014, sur une des plaques de béton constituant un cheminement piétonnier sur la rocade Charles de Gaulle à Avignon, se blessant au bras et à la tête. Dans ces conditions, la requérante apporte la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et les préjudices dont elle demande réparation.
4. Il résulte en revanche du constat d'huissier dressé le 14 octobre 2015 et des photographies qui y sont jointes, que la chute est intervenue là où une plaque de béton dépassait d'une hauteur comprise entre 4,4 et 4,9 centimètres par rapport à la plaque précédente, à raison de l'affaissement de cette dernière. Par sa nature et sa hauteur, cet obstacle, qui était parfaitement visible, qui plus est en pleine journée, n'excède pas ceux auxquels un piéton normalement prudent et attentif doit s'attendre à rencontrer et peut aisément franchir ou dont la présence aurait dû être signalée. Dès lors, la défectuosité en cause ne révèle pas un défaut d'entretien normal du chemin piétonnier de nature à engager la responsabilité de la commune.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de Mme D et les conclusions de la CPAM des Bouches du Rhône doivent être rejetées.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
6. Le présent jugement rejette les conclusions indemnitaires de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, Elle n'est donc pas fondée à demander que lui soit allouée une somme au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les frais d'expertise :
7. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les frais et honoraires de l'expertise du docteur A E, prescrite par ordonnance n°1803400 du 27 février 2019, liquidés et taxés à la somme de 840 euros TTC par l'ordonnance du 6 août 2019, incluant le montant de l'allocation provisionnelle accordée par l'ordonnance du 15 mars 2019, sont mis à la charge définitive de Mme D.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté d'agglomération du Grand Avignon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que Mme D et la CPAM des Bouches-du-Rhône demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D, une somme de 1 500 euros à verser à la communauté d'agglomération du Grand Avignon au même titre.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la CPAM des Bouches du Rhône sont rejetées.
Article 3 : Les frais et honoraires de l'expertise du docteur A E, prescrite par ordonnance n°1803400 du 27 février 2019, liquidés et taxés à la somme de 840 euros TTC par l'ordonnance du 6 août 2019, incluant le montant de l'allocation provisionnelle accordée par l'ordonnance du 15 mars 2019, sont mis à la charge définitive de Mme D.
Article 4 : Mme D versera à la communauté d'agglomération du Grand Avignon une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la communauté d'agglomération du Grand Avignon et à la caisse primaire d'assurance-maladie des Bouches du Rhône.
Copie pour information en sera transmise au docteur A E, expert.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Achour, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026