mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100357 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GONZALEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 29 janvier 2021, le président du tribunal administratif de Montpellier a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A dit C.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Montpellier le 2 janvier 2021, et un mémoire récapitulatif enregistré le 12 janvier 2023 au greffe du tribunal, M. A dit C, représenté par Me Gonzalez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence du recteur à la suite de son recours reçu le 2 septembre 2020, sollicitant la régularisation de son échelon par son reclassement à l'échelon 7 et l'indemnisation de ses préjudices ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Montpellier de rectifier ses grade et échelon en le classant à l'échelon 8 à compter du 1er mars 2021 avec un traitement brut mensuel hors primes d'un montant de 2701,47 euros ;
3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 8 905,74 euros au titre des traitements qu'il aurait dû percevoir et la somme de 4 000 euros au titre des primes perdues et du dommage correspondant à la dévalorisation de sa fonction ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration ne pouvait ignorer son expérience antérieure ;
- l'administration a procédé à son reclassement et a refusé d'en prononcer la révision en méconnaissance de l'article 29 du décret du 4 juillet 1972 modifié, le privant de la bonification d'ancienneté à laquelle il avait droit ;
- ces illégalités lui ont causé un préjudice moral et financier qui doit être réparé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2022, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle présente des conclusions à fins d'injonction à titre principal ;
- les conclusions à fins d'injonction sont irrecevables à l'appui d'une requête indemnitaire ;
- le requérant ne peut utilement contester les décisions portant sur sa situation statutaire dans le cadre d'un recours de plein contentieux ;
- le requérant ne peut utilement contester la décision implicite née à la suite de sa demande du 2 septembre 2020 qui a pour seul effet de lier le contentieux indemnitaire et de confirmer des décisions définitives ;
- le requérant ne peut contourner cette forclusion par une requête indemnitaire de même objet ;
- les conclusions à fins d'annulation de la décision implicite de rejet ne sont assorties d'aucun moyen ;
- la créance invoquée par le requérant est prescrite pour les années antérieures à 2016 ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°72-581 du 4 juillet 1972 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Achour,
-les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
-et les observations de Me Gonzalez, représentant M. A dit C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A dit C a satisfait aux épreuves du troisième concours de professeur certifié de mathématiques au titre de la session 2011. Par un arrêté du 5 octobre 2011, il a été reclassé au troisième échelon de son grade sans ancienneté. Par un courrier du 22 août 2020 reçu le 2 septembre suivant, M. A dit C a sollicité la révision de sa situation issue de ce classement au regard de la bonification d'ancienneté à laquelle il pouvait prétendre au titre de son expérience professionnelle antérieure, le versement du rappel de rémunération et de primes en découlant, ainsi que l'indemnisation des préjudices subis. Par la présente requête, M. A dit C demande l'annulation du rejet implicite de cette demande, né du silence de l'administration à la suite de sa réception ainsi que la condamnation de l'Etat à lui verser les sommes de 8 905,74 euros au titre des traitements qu'il aurait dû percevoir et la somme de 4 000 euros au titre des primes perdues et du dommage correspondant à la dévalorisation de sa fonction.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
2. Il ressort des énonciations du jugement n° 1801577 rendu par le tribunal administratif de Nîmes le 23 juin 2020, non frappé d'appel, que l'arrêté du 5 octobre 2011 procédant au classement de M. A dit C au troisième échelon de son grade sans ancienneté a acquis un caractère définitif et qu'il en va de même du refus de l'autorité administrative de procéder à la révision de sa situation pour tenir compte de ses activités professionnelles antérieures, sollicitée en premier lieu le 15 décembre 2015. Le refus opposé à la deuxième demande formée en ce sens par le requérant le 3 octobre 2017 a ainsi été regardé comme étant purement confirmatif du refus implicite initial. La nouvelle demande de M. A dit C reçue le 2 septembre 2020 n'a d'autres fins, outre l'indemnisation de ses préjudices, que d'obtenir la révision de son classement, au même motif de son droit à une bonification d'ancienneté pour la prise en compte de ses activités professionnelles antérieures. Le refus opposé à cette nouvelle demande n'a pu avoir lui-même qu'un caractère confirmatif du refus initial, devenu définitif, et n'a donc pu rouvrir davantage le délai du recours contentieux. Dans ces conditions, les conclusions de M. A dit C tendant à l'annulation de la décision implicite attaquée en tant qu'elle porte refus de révision de sa situation sont irrecevables et doivent être rejetées.
3. Cette même décision, en tant qu'elle porte par ailleurs rejet de la demande indemnitaire présentée par le requérant, a sur ce point pour seul effet de lier le contentieux au regard de cette demande, sans que son annulation puisse davantage être utilement demandée.
4. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision implicite née du silence de l'administration à la suite de la demande de M. A dit C reçue le 2 septembre 2020 doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions du requérant tendant à ce que soit prononcée une injonction de rectifier sa situation.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article 10 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés dans sa rédaction applicable à la date de la nomination de M. A dit C comme professeur certifié : " Peuvent se présenter au troisième concours les candidats justifiant de l'exercice, pendant une durée de cinq ans au moins, d'une ou de plusieurs des activités professionnelles mentionnées au 3° de l'article 19 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat. () ". Selon l'article 29 du même décret dans sa rédaction applicable : " Les professeurs certifiés stagiaires recrutés par concours sont classés, à la date de leur nomination en qualité de stagiaire, selon les dispositions du décret du 5 décembre 1951 susvisé. Les candidats mentionnés à l'article 10 () du présent décret bénéficient, sur leur demande, d'une bonification d'ancienneté d'une durée : -d'un an, lorsque la durée des activités professionnelles définies aux articles 10 et 15 dont ils justifient, est inférieure à six ans ; / -de deux ans, lorsque cette durée est comprise entre six ans et neuf ans ; / -de trois ans, lorsqu'elle est de neuf ans et plus () ". Il résulte de ces dispositions que les professeurs stagiaires qui entendent faire valoir des activités antérieures doivent en faire la demande lors de leur recrutement.
6. Il résulte de l'instruction que, pour classer M. A dit C au 3ème échelon sans ancienneté au 1er septembre 2011 lors de son recrutement comme professeur certifié, les services rectoraux ont retenu que le requérant n'avait sollicité aucune bonification d'ancienneté. Si M. A dit C soutient que le rectorat ne pouvait ignorer ses activités antérieures, lesquelles conditionnaient sa participation au troisième concours et avaient été mentionnées dans son dossier de candidature, il est constant que le rectorat avait adressé aux lauréats, le 7 septembre 2011, des formulaires de renseignements concernant les activités à reprendre au titre de leur classement, à compléter et à assortir de justificatifs, auxquels le requérant avait répondu n'avoir aucun service à faire valoir. Il n'est aucunement justifié, au surplus, que les activités mentionnées dans le dossier de candidature du requérant auraient été accompagnées des justificatifs requis par la suite, dans le cadre de la préparation du classement des lauréats comme fonctionnaires stagiaires, alors même que le requérant indiquait, dans sa première demande formée en 2015, transmettre les justificatifs en sa possession mais n'avoir pu obtenir l'ensemble des certificats de travail de ses anciens employeurs. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme ayant sollicité le bénéfice d'une bonification d'ancienneté dans les conditions fixées par l'article 29 du décret du 4 juillet 1972.
7. Par suite, M. A dit C n'est pas fondé à soutenir que le bénéfice d'une bonification d'ancienneté lui aurait été illégalement refusé. Ses conclusions indemnitaires doivent, dès lors, être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A dit C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A dit C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A dit C et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
P. ACHOUR
La présidente,
C. CHAMOT
Le greffier,
B. GALLIOT
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026