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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2100558

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2100558

vendredi 5 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2100558
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantKAMKAR CAROLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 février 2021 sous le n°2100558, complétée les 19 et 31 mai 2021, 16 octobre 2021, 17 novembre 2021 et 19 janvier 2022, M. D A, agissant en qualité de tuteur de Mme E C née A, demande au tribunal :

1°) d'annuler les avis des sommes à payer d'un montant total de 8.817,54 euros réclamées par le centre hospitalier d'Avignon au titre des frais d'hospitalisation de Mme C née A au sein de l'unité de soins de longue durée ;

2°) la restitution de la somme 4.242,03 euros payées à ce titre auprès du centre hospitalier d'Avignon ;

3°) le versement de dommages et intérêts au titre des préjudices financiers et psychologiques subis par Mme C née A.

Il soutient que :

- les factures ne sont pas dues dès lors qu'il n'a pas été informé du coût des frais d'hospitalisation de Mme C née A au sein de l'unité de soins de longue durée ;

- la décision de transférer Mme C née A au sein de cette unité a été prise sans son consentement par le centre hospitalier d'Avignon.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2021, complété les 6 mai 2021, 19 octobre 2021 et 3 février 2022, la trésorerie du centre hospitalier d'Avignon se déclare incompétente pour connaitre ce litige.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2021, complété le 18 octobre 2021, le centre hospitalier d'Avignon, représenté par Me Kamkar, conclut au rejet de la requête et sollicite la somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C née A, alors âgée de 95 ans, a été hospitalisée au sein du centre hospitalier d'Avignon du 12 janvier au 28 avril 2020 à la suite d'une chute à son domicile avant d'être transférée au sein de l'unité de soins longue durée de ce même centre du 28 avril au 18 août 2020. Les 26 juin, 16 juillet, 25 août et 29 septembre 2020, le centre hospitalier d'Avignon a émis à son encontre des sommes à payer pour les montants respectifs de 2 175,66 euros, 5 766,55 euros, 6 101,94 euros et 3 050,97 euros, correspondant aux frais de séjour de l'intéressée en unité de soins de longue durée au titre de cette période. M. A, représentant de Mme C née A, demande au tribunal d'annuler les avis des sommes à payer d'un montant total de 8 817,54 euros réclamées par le centre hospitalier d'Avignon au titre de ces frais et la restitution de la somme 4 242,03 euros payées à cet effet auprès de cet établissement de santé ainsi que la réparation des préjudices de Mme C née A.

2. Aux termes de l'article L. 6145-11 du code de la santé publique : " Les établissements publics de santé peuvent toujours exercer leurs recours, s'il y a lieu, contre les hospitalisés, contre leurs débiteurs et contre les personnes désignées par les articles 205, 206, 207 et 212 du code civil ()". Aux termes de l'article L. 1111-3 du même code : " Toute personne a droit à une information sur les frais auxquels elle pourrait être exposée à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic et de soins et, le cas échéant, sur les conditions de leur prise en charge et de dispense d'avance des frais. Cette information est gratuite ". Et aux termes de l'article L. 1111-3-2, I, 4° dudit code : " I. L'information est délivrée par les professionnels de santé exerçant à titre libéral et par les centres de santé : 1° Par affichage dans les lieux de réception des patients ; 2° Par devis préalable au-delà d'un certain montant. S'agissant des établissements de santé, l'information est délivrée par affichage dans les lieux de réception des patients ainsi que sur les sites internet de communication au public ".

3. Il résulte de ces dispositions que la personne bénéficiant de soins dispensés par un établissement public de santé est un usager d'un service public administratif et n'est pas placée dans une situation contractuelle vis-à-vis de cet établissement. Par suite, la circonstance que le centre hospitalier d'Avignon n'a pas respecté son obligation d'information sur le coût et la prise en charge des soins au sens de l'article L. 1111-3 du code de la santé publique, est sans incidence sur le droit de l'établissement où elle a été hospitalisée de réclamer, sur le fondement de l'article L. 6145-11, le paiement des frais d'hospitalisation.

4. Si M. A entend se prévaloir d'une faute du centre hospitalier d'Avignon tirée du défaut d'information sur les tarifs des soins qui ont été prodigués à Mme C née A, il résulte de l'instruction que l'établissement a transmis le 22 avril 2020 à M. A un dossier d'allocation personnalisée à l'autonomie en raison de la situation financière de Mme C née A ainsi qu'une relance à ce sujet le 26 mai 2020. Ces correspondances ont par ailleurs été complétées par des échanges téléphoniques entre janvier et juin 2020 pour organiser la sortie d'hospitalisation de cette-dernière. Par ailleurs, si ce-dernier met en exergue des difficultés de communication avec le centre hospitalier, il est constant que compte tenu de l'état de santé de Mme C née A qui s'était dégradé et qui ne lui permettait pas d'être transportée, le centre hospitalier d'Avignon ne disposait d'aucune autre alternative à l'hospitalisation en unité de soins de longue durée pour accueillir Mme C née A pendant la période litigieuse. Par suite, la responsabilité du centre hospitalier d'Avignon ne peut être engagée ni en raison d'un défaut d'information sur les tarifs des soins hospitaliers ni en raison d'un défaut de consentement au transfert de Mme C née A.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, de décharge et de restitution présentées par M. A doivent être rejetées. Il en est de même des conclusions indemnitaires tendant à la réparation des préjudices de Mme C née A.

6. Il y a lieu de faire application de ces dispositions et, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 500 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier d'Avignon et non compris dans les dépens.

DECIDE

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera au centre hospitalier d'Avignon une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au centre hospitalier d'Avignon et au Trésor public.

Délibéré après l'audience du 21 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président rapporteur,

M. Parisien, premier conseiller,

Mme Chamot, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2023.

Le président rapporteur,

P. BL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

P. PARISIEN

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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