vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100924 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GONZALEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 mars 2021 et le 24 juillet 2022, Mme C A, représentée par Me Gonzalez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle la direction départementale des territoires et de la mer du Gard a rejeté son recours gracieux visant à contester la part communale de la taxe d'aménagement exigée au titre de l'exécution d'un permis de construire délivré le 5 aout 2016 ;
2°) d'ordonner la décharge des sommes mises à sa charge par les titres de perception des 28 aout 2017 et 27 aout 2018 en tant que leur montant résulte de l'application d'un taux de part communale qui excède 1 % ;
3°) d'ordonner la restitution de la différence entre le montant de la taxe d'aménagement mise à sa charge et celui résultant de l'application d'un taux de 1% pour la part communale de cette taxe ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre des préjudices subis ;
5°) de mettre à la charge du directeur départemental des territoires et de la mer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que sa réclamation a été introduite dans les délais prévus par les dispositions des articles L. 331-31 et R. 331-14 du code de l'urbanisme ;
- la décision implicite de rejet du directeur départemental des territoires et de la mer est injustifiée ;
- la part communale de la taxe d'aménagement mise à sa charge est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la délibération en date du 20 novembre 2014 du conseil municipal de Beauvoisin :
o l'exception d'illégalité étant perpétuelle, et le tribunal administratif de Nîmes ayant déjà jugé illégale cette délibération par un jugement du 3 décembre 2019, celle-ci s'applique à sa taxe d'aménagement ;
o elle est, en effet, insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme ;
o la commune ne justifie pas quels aménagement publics, effectivement réalisés, auraient rendu nécessaires la majoration à 14% de la part commune de la taxe d'aménagement dans le secteur D ;
- le fait qu'elle ait dû régler la participation pour le financement de l'assainissement collectif et la taxe d'aménagement majorée alors qu'il existe une interdiction de cumul de ces deux, démontre que cette dernière est illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, la préfète du Gard conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire, à son rejet.
Elle soutient que les conclusions à fin d'annulation et de décharge du premier titre de perception, émis le 28 aout 2017, sont irrecevables dès lors que la réclamation préalable effectuée par la requérante ne visait que le second titre de perception, émis le 27 aout 2018.
Par un mémoire et des pièces, enregistrés le 26 novembre 2021 et le 29 avril 2022, la commune de Beauvoisin, représentée par Me Allegret-Dimanche, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre des frais de justice.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable puisque la requérante n'a pas adressé de contestation des titres de perception au comptable chargé du recouvrement dans un délai de deux mois à compter de leur notification ainsi que le prévoit l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- les autres moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gonzalez, représentant Mme A, et de Me Allegret-Dimanche, représentant la commune de Beauvoisin.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 aout 2016, le maire de la commune de Beauvoisin a délivré à Mme A un permis de construire sur un terrain situé " Chemin de la Passeronne " à Beauvoisin. Deux titres de perception de 5 952 euros, correspondant chacun à la moitié de la taxe d'aménagement due au titre de cette opération de construction, ont été émis le 28 aout 2017 et 27 aout 2018. Par un courrier en date du 2 novembre 2020, Mme A a adressé une réclamation préalable à la direction départementale des territoires et de la mer du Gard. Par un courrier en date du 27 novembre 2020, la direction départementale des territoires et de la mer du Gard a rejeté cette réclamation. Mme A demande au tribunal la décharge de la part communale de la taxe d'aménagement mise à sa charge, en tant qu'elle excède le montant résultant de l'application du taux de 1%.
2. Aux termes de l'article L. 331-31 du code de l'urbanisme : " En matière d'assiette, les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception ou du titre unique. / () / Les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière d'impôts directs locaux. ".
3. Mme A a formé le 2 novembre 2020, soit après le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception le 28 aout 2017, une réclamation préalable à l'encontre de la part communale de la taxe d'aménagement mise à sa charge. Si les requérants invoquent, pour soutenir que leur requête est recevable, les dispositions de l'article R. 331-14 du code de l'urbanisme, ces dispositions n'ont ni pour objet, ni pour effet de déroger aux règles posées par l'article L. 331-31 du même code. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir soulevées en défense, les conclusions de Mme A tendant à la décharge des sommes mises à sa charge par les titres de perception des 28 aout 2017 et 27 aout 2018 en tant que leur montant résulte de l'application d'un taux de part communale qui excède 1% sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions dirigées contre les décisions implicites de rejet de ses réclamations préalables doivent également être rejetées ainsi que les conclusions à fin d'indemnisation et d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à Mme A la somme que cette dernière réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Beauvoisin au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Beauvoisin, présentées sur le fondement de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune de Beauvoisin et à la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie pour information en sera transmise à la préfète du Gard et au directeur départemental des finances publiques du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
P. B
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires chargée des collectivités territoriales en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026