mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101234 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOULISSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2021 et des mémoires enregistrés les 8 mars et 7 avril 2023, M. B A, représenté par Me Boulisset, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de la Tour d'Aigues au paiement d'une somme de 189 235,48 euros, assortie des intérêts et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant pour lui de l'illégalité des arrêtés de refus de permis de construire qui lui ont été opposés ;
2°) de mettre à la charge de la commune de la Tour d'Aigues une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le maire de la Tour d'Aigues lui a opposé sept refus de permis de construire illégaux, dont certains ont été annulés ou suspendus par la juridiction administrative, ce qui constitue une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- cette faute a retardé la construction du bâtiment destiné à son activité d'élevage de chats et à son habitation et présente un lien de causalité direct et certain avec les préjudices qu'il a subis ;
- il a subi un préjudice économique tiré de la perte de la valeur locative de sa maison d'habitation s'élevant à hauteur de 42 761,38 euros ;
- il a subi un préjudice économique lié aux pertes d'exploitation de son activité d'élevage félin qui s'élève à hauteur de 80 474,10 euros ;
- il a subi un préjudice moral et un trouble dans ses conditions d'existence à hauteur de 66 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 mai 2021, 9 février 2023 et 26 mars 2023, la commune de la Tour d'Aigues conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Légier, pour la commune de la Tour d'Aigues.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 2 juin 2010, une demande de permis de construire pour édifier un bâtiment d'élevage de chats et un logement de fonction sur un terrain situé lieu-dit Rafinel Nord. Cette demande a été rejetée par arrêté du maire de la Tour d'Aigues du 7 septembre 2010, qui a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 30 mars 2012, lequel a lui-même été annulé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 26 juin 2014. Le maire de la Tour d'Aigues a réexaminé la demande du 2 juin 2010 en exécution du jugement du 30 mars 2012, et l'a de nouveau rejetée par arrêté du 17 juillet 2012, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 7 février 2014. M. A a déposé une troisième demande de permis de construire le 17 décembre 2012, qui a fait l'objet d'un arrêté de refus du 13 mars 2013. Il a déposé une quatrième demande de permis de construire le 25 mars 2013, qui a été rejetée par arrêté du maire de la Tour d'Aigues du 13 juin 2013, décision annulée par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 10 mars 2015. En application de ce jugement, le maire de la Tour d'Aigues a réexaminé la demande du 25 mars 2013 et l'a rejetée par arrêté du 14 avril 2015. M. A a déposé une cinquième demande de permis de construire le 10 juin 2015, qui a fait l'objet d'un premier refus du 4 septembre 2015, lequel a été suspendu par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nîmes du 10 novembre 2015, puis d'un deuxième refus du 8 février 2016, lequel a de la même manière été suspendu par une ordonnance du 4 mars 2016. Enfin, par arrêté du 11 mars 2016, le maire de la Tour d'Aigues a procédé au retrait des arrêtés des 4 septembre 2015 et 8 février 2016, et a délivré à M. A le permis de construire sollicité. Par courrier du 23 décembre 2020, M. A a formé une demande préalable auprès du maire de la Tour d'Aigues visant à l'indemnisation des préjudices causés par ces refus de permis de construire successifs. Cette demande a été rejetée par courrier du 9 février 2021. M. A demande au tribunal de condamner la commune de la Tour d'Aigues à lui verser une somme globale de 189 235, 48 euros, assortie des intérêts et de leur capitalisation, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité fautive des différents refus de permis de construire qui lui ont été opposés.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues :
2. L'illégalité d'une décision administrative est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration à l'égard de son destinataire s'il en est résulté pour lui un préjudice direct et certain.
S'agissant des arrêtés de refus de permis de construire des 7 septembre 2010, 17 juillet 2012, 13 mars 2013 et 14 avril 2015 :
3. Ainsi que le souligne le requérant lui-même, si l'arrêté du 7 septembre 2010 portant refus de permis de construire a d'abord été annulé par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 30 mars 2012, ce jugement a ensuite lui-même été annulé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 26 juin 2014, qui a donc jugé que cet arrêté était légal. La circonstance que cet arrêté ait été confirmé au bénéfice d'une substitution de motifs est sans incidence sur sa légalité et ne révèle aucune faute de la commune de la Tour d'Aigues de nature à engager sa responsabilité.
4. De la même manière, le refus de permis de construire du 17 juillet 2012 a fait l'objet d'un recours devant le tribunal administratif de Nîmes, lequel a été rejeté par jugement du 7 février 2014. Le requérant n'établit donc pas que cet arrêté était illégal et, partant, qu'il est susceptible d'engager la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues.
5. Enfin, les arrêtés du maire de la Tour d'Aigues refusant les permis de construire des 13 mars 2013 et 14 avril 2015 n'ont fait l'objet d'aucun recours exercé par M. A, qui n'invoque à leur encontre aucune illégalité au stade du présent recours. Ces décisions ne sont donc pas constitutives d'une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues.
S'agissant des arrêtés de refus de permis de construire des 13 juin 2013, 4 septembre 2015 et 8 février 2016 :
6. D'une part, l'arrêté du maire de la Tour d'Aigues du 13 juin 2013 a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 10 mars 2015, qui est devenu définitif en l'absence d'appel formé à son encontre. L'illégalité de cette décision est ainsi établie, et elle susceptible d'engager la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues.
7. D'autre part, les arrêtés des 4 septembre 2015 et 8 février 2016, qui procèdent tous deux au rejet de la demande de permis de construire déposée par M. A le 4 septembre 2015, ont respectivement été suspendus par des ordonnances de référé-suspension du juge des référés du tribunal administratif de Nîmes des 10 novembre 2015 et 4 mars 2016. Compte tenu de l'office du juge des référés, ces ordonnances ont seulement relevé qu'il existait un doute sérieux sur la légalité des arrêtés susvisés, sans trancher la question de leur légalité au fond. Cependant, il résulte de l'instruction que l'arrêté du 4 septembre 2015 était fondé sur un unique motif tiré de l'absence de démonstration par M. A de la viabilité économique de son activité d'élevage félin. Or, un tel motif a été censuré tant par la cour administrative d'appel de Lyon dans son arrêt du 26 juin 2014 que par le tribunal administratif de Nîmes dans son jugement du 10 mars 2015. Il ne pouvait donc être légalement opposé et, par extension, l'arrêté du 4 septembre 2015 est entaché d'illégalité de nature à engager la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues. En revanche, il résulte de l'instruction que l'arrêté du 8 février 2016 est fondé sur deux motifs, à savoir l'absence de démonstration de la viabilité économique de l'activité d'élevage félin de M. A, dont il vient d'être dit qu'il ne pouvait être légalement opposé, et celui tiré du risque pour la sécurité publique présenté par le projet du requérant. M. A ne conteste pas utilement la légalité de ce second motif dans la présente instance, et n'a pas même produit le dossier de demande de permis de construire ayant fondé ce refus. Dans ces conditions, l'arrêté du 8 février 2016 ne peut être regardé comme entaché d'une illégalité de nature à engager la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues.
8. il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A est seulement fondé à rechercher la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues à raison de l'illégalité des arrêtés des 13 juin 2013 et 4 septembre 2015.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
S'agissant du préjudice tiré de la perte de revenus locatifs :
9. M. A fait valoir que s'il ne lui avait pas été opposé, de manière illégale, les refus de permis de construire des 13 juin 2013 et 4 septembre 2015, il aurait pu construire le logement de fonction correspondant à ces permis et y habiter, de telle sorte qu'il aurait pu louer la maison dont il était propriétaire. Il soutient que, par conséquent, la perte des revenus liés à la location de cette maison doit lui être indemnisée à hauteur de 42 761,38 euros.
10. Il résulte de l'instruction que M. A était initialement propriétaire d'une maison d'habitation située 36, lotissement Boiry, à Pertuis, puis qu'il a vendu cette maison et en a acquis une autre située dans la même commune au 200, chemin des Moulières. Le préjudice causé par la perte de revenus locatifs que M. A aurait pu tirer de la location de ces biens, l'un à la suite de l'autre, à raison du retard causé dans la construction du logement de fonction pour laquelle il sollicitait un permis de construire, présente un caractère direct et certain du fait des refus de permis de construire illégaux qui lui ont été opposés. Toutefois, M. A sollicite l'indemnisation des loyers qui auraient dû lui être versés pour la période allant du 13 mars 2013 au 11 mars 2016. Or, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues n'est engagée que pour la période allant du 13 juin 2013, date du premier arrêté de refus de construire illégal, au 11 mars 2016, date à laquelle M. A s'est finalement vu délivrer le permis de construire qu'il sollicitait. Ainsi que le fait valoir la commune en défense, il convient par ailleurs de tenir compte du délai raisonnable dans lequel le logement de fonction susvisé aurait pu être réalisé, avant l'expiration duquel M. A n'aurait nécessairement pas pu mettre en location la maison dans laquelle il résidait. Ce délai raisonnable peut être estimé à un an, comme l'a lui-même reconnu le requérant dans sa demande préalable. Seule la perte des loyers qui auraient pu lui être versés de juin 2014 à mars 2016 peut donc faire l'objet d'une indemnisation, M. A ne sollicitant une indemnisation des préjudices qui lui auraient été causés que jusqu'au 1er mars 2016. En outre, le requérant produit des avis de valeur locative estimant à 1 200 euros hors charges le loyer mensuel de la maison située au 36, lotissement Boiry, et à 1 280 euros hors charges le loyer mensuel de la maison située au 200, chemin des Moulières. Ces avis de valeur locative sont cependant datés du 25 novembre 2020, soit une date bien postérieure à la période pour laquelle M. A peut prétendre à une indemnisation, de telle sorte que la valeur qu'ils ont estimée doit être minorée pour tenir compte de l'évolution des conditions du marché immobilier. De la même manière, seule une perte de chance sérieuse peut être indemnisée au titre de la perte de revenus locatifs, compte tenu des aléas étant susceptibles d'intervenir au cours de la location d'un bien. Enfin, l'indemnisation doit en outre prendre en compte les charges afférentes au bien qui viennent nécessairement en déduction des bénéfices escomptés par le requérant. Au regard de l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation du préjudice de M. A en arrêtant à 10 000 euros l'indemnisation qui lui est due au titre de sa perte de revenus locatifs.
S'agissant du préjudice tiré des pertes d'exploitation :
11. M. A sollicite la condamnation de la commune de la Tour d'Aigues à lui verser une somme de 80 474,10 euros en réparation du préjudice résultant pour lui des pertes d'exploitation qu'il a subies, dès lors que les refus de permis de construire successifs qui lui ont été opposés illégalement ont entraîné un retard important dans le développement de son activité d'élevage félin.
12. Il résulte de l'instruction que les permis de construire sollicités par M. A visaient à développer son activité d'élevage félin. Le bâtiment concerné par ces demandes de permis de construire comporte ainsi une maternité et une chatterie, ainsi qu'un logement de fonction permettant à M. A de résider sur place, ce qui constitue une nécessité pour l'exploitant au regard de la nature de l'activité d'élevage félin pour des raisons de service et de sécurité, comme l'a déjà jugé le tribunal administratif de Nîmes dans son jugement du 10 mars 2015. Par ailleurs, ainsi qu'il l'a été dit précédemment, la viabilité économique et le sérieux du projet d'élevage de M. A ont été reconnus tant par la cour administrative d'appel de Lyon dans son arrêt du 26 juin 2014 que par le tribunal administratif de Nîmes dans son jugement du 10 mars 2015, lesquels ont souligné que le requérant exerçait déjà l'activité d'élevage félin dans sa propre habitation, qu'il disposait des qualifications requises, et qu'une étude économique réalisée par la chambre d'agriculture de Vaucluse concluait à une marge nette de 28 000 euros dès la première année d'exploitation dans les nouveaux locaux, et de 40 000 euros la deuxième année. M. A produit également à l'instance les bilans et comptes des résultats prévisionnels de son activité d'élevage félin sur 3 ans dans des locaux adaptés, établis par une experte-comptable, estimant les bénéfices tirés de cette activité à 28 291 euros la première année, 31 437 euros la deuxième année et 39 697 euros la troisième année. Au regard de ces éléments, l'activité d'élevage félin projetée par M. A présente des garanties de viabilité telles que le retard dans le développement de cette activité causé par les refus de permis de construire successifs lui a causé un préjudice direct et certain.
13. En revanche, si M. A sollicite l'indemnisation de ses pertes d'exploitation pour la période allant du 13 mars 2013 au 1er mars 2016, ainsi qu'il l'a été dit au point 9, la responsabilité de la commune de la Tour d'Aigues n'est engagée que pour la période allant du 13 juin 2013, date du premier arrêté de refus de construire illégal, au 11 mars 2016. De la même manière, il doit être tenu compte du délai raisonnable de construction du bâtiment faisant l'objet des différentes demandes de permis de construire, lequel peut être estimé à un an. Seules les pertes d'exploitation pour la période allant de juin 2014 à mars 2016 peuvent donc être indemnisées. En outre, à l'exception de la production des bilans et comptes des résultats prévisionnels visés plus haut, qui ne présentent donc qu'un caractère prévisionnel, M. A ne produit aucune pièce établissant les revenus qu'il a effectivement tirés de son activité d'élevage félin depuis qu'il a pu la développer dans des locaux adaptés, alors qu'un permis de construire lui a finalement été délivré pour ce faire le 11 mars 2016 et qu'il fait lui-même valoir que les locaux ont depuis été réalisés. Compte tenu de ces éléments et du fait qu'il exerçait déjà une activité rémunératrice dans sa maison d'habitation, il sera fait une juste appréciation du préjudice en arrêtant à la somme de 10 000 euros l'indemnisation qui lui est due au titre de ses pertes d'exploitation.
S'agissant du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence :
14. Il résulte de l'instruction que l'illégalité des refus de permis de construire opposés à M. A ont occasionné un retard dans le développement de son activité d'élevage félin, et qu'il a été contraint de saisir les juridictions administratives de différents contentieux. Ces démarches et le retard ainsi pris sont à l'origine de troubles dans ses conditions d'existence. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en estimant à 3 000 euros l'indemnisation due au requérant au titre de son préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la condamnation de la commune de la Tour d'Aigues à lui verser une somme totale de 23 000 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
16. M. A a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 23 000 euros à compter du 30 décembre 2020, date de réception de sa demande préalable par la commune de la Tour d'Aigues.
17. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. La capitalisation des intérêts ayant été demandée à l'occasion de l'introduction de la requête, le 15 avril 2021, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 30 décembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, verse à la commune de la Tour d'Aigues la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de la Tour d'Aigues une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de la Tour d'Aigues est condamnée à verser à M. A une somme de 23 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2020. Les intérêts échus le 30 décembre 2021 seront capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts à compter de cette date, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 2 : La commune de la Tour d'Aigues versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de la Tour d'Aigues.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
J. ANTOLINI La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026